Erreurs_inconnues

4ème de couverture :
Certaines illusions sont essentielles. Nous en avons besoin pour vivre.
La première et la huitième des neuf nouvelles qui composent ce livre parlent d'écrire. Dans Mrs. Dutta écrit une lettre, une veuve se demande comment répondre à la question de son amie de Bombay : " Êtes-vous heureuse en Amérique ? " Dans celle qui donne son titre au recueil, Biren, jeune artiste émancipée sur le point de se marier, croit en la vertu rédemptrice du journal intime : forte du livre de comptes de ses erreurs de jeunesse, elle pense avoir atteint une maturité qui la met à l'abri d'égarements futurs, de ces erreurs que les gens " n'écrivent jamais et sont en conséquence condamnés à répéter ". Écrire pour se déprendre des leurres que nous inventons par désir de brosser une belle histoire, s'avouer sa négligence, ses dérapages - ces errements que la mémoire impitoyable ne cesse de ramener en surface afin de relancer l'espérance.
Avec sobriété et dignité, l'auteur trace en filigrane de chacune des histoires de ces femmes ordinaires, neuf petites leçons de sagesse exemplaire, exercices sur la voie du détachement.

Mon avis :
Je ne peux pas être objective avec cette auteur que j'adore ! J'ai eu le bonheur de la découvrir en lisant "La maîtresse des épices", livre qui m'a littéralement enchantée... Elle fait donc partie de mes auteurs favoris et les autres livres que j'ai lus d'elle ont tous confirmé mon affection !

Les nouvelles de ce livre sont toutes mélancoliques; toutes les héroïnes se tournent vers leur passé (heureux ou malheureux) pour tenter de comprendre le présent, et, parfois, de le modeler ou de l'excuser; toutes ces héroïnes traversent un moment de doute, une transition... Ces nouvelles sont presque tristes mais très belles, leur ton est juste... ce sont de petites leçons de vie à savourer...

Un aperçu ?
Dans L'intuition des bêtes sauvages, une femme ne trouve pas les mots pour demander à son frère de se réconcilier avec leur mère qui est sur le point de mourir et voudrait le revoir... y arrivera-t-elle ? "Laissée seule dans l'appartement, je me suis retrouvée face à la télévision, sa face noire, vide. J'ai pensé à l'intuition des bêtes sauvages. Les oies, les fourmis. La façon font elles savaient communiquer sans mots, sans bruit. Un battement d'ailes, une ondulation d'antennes. Nourriture, maison, attention, danger. J'aurais aimé poser le bout de mes doigts sur ceux de mon frère et transmettre à son corps toutes les émotions qui se bousculaient dans le mien." (Picquier - p.49).

Dans La saison des cactus en fleur, Mira a quitté Bombay pour rejoindre son frère aux États-Unis après les émeutes Hindous/Musulmans dans lesquelles sa mère a disparu.  Elle se rappelle comment elle aimait Bombay avant : " Mais avant, j'avais connu la cohue foisonnante, la sueur de Bombay, les moussons torrentielles qui balayaient la ville où j'étais née, les rues inondées, avides qui vous suçaient les mollets. A chaque carrefour, les gigantesques affichent qui garantissaient des histoires idylliques, une salle sombre avec l'air conditionné et les bras d'Amir Khan - ou de Madhuri Dixit, au choix. Toute la passion dont vous pouviez rêver sans les conséquences. La nuit, l'océan blanc, avec son collier de lumière sur Marine Drive, roulait ses vagues pour vous seule.
Tout cela, je l'avais adoré, puis détesté. "
(Picquier - p.146). Mira trouvera-t-elle sa place ?

Dans Les erreurs inconnues de nos vies, Ruchira (et non Biren comme le mentionne par erreur la 4ème de couverture) va se marier, elle emballe ses affaires en vue de son déménagement et retrouve un carnet dans lequel elle écrivait ses erreurs :
" Cela l'attriste de penser à toutes les erreurs que commettent les gens (elle a beaucoup médité la question ces derniers temps) - les erreurs inconscientes, celles qu'ils ne consignent jamais dans un carnet et sont par conséquent condamnés à répéter. " (Picquier - p.181). Mais lorsqu'il s'agit de pardonner une erreur, comment réagira-t-elle ?

Pas le meilleur que j'ai lu d'elle mais très intéressant et donnant à réfléchir : à lire par petites touches, à savourer...

Ma note : 3,5/5