Ouest

4ème de couverture :
« Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes… »
Témoignage d’un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, À l’ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant. Il reste l’un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.

Mon avis :
Comment rester indifférente à la lecture de ce livre : c'est tout simplement impossible. Ce livre m'a beaucoup touchée : tant de vies arrêtées, tant de vies gâchées... L'écriture de Erich Maria Remarque m'a touchée par son accessibilité, sa justesse, sa réalité.

Paul, le narrateur, est un très jeune allemand (18 ans) enrôlé dans la guerre de 14-18 pour faire son "devoir", parce qu'il n'est pas "poltron" et qu'il aime sa patrie...  Mais, comment doit-on se comporter lorsqu'on est encore qu'un gamin face à la cruauté des combats, à la peur, à la mort de ses camarades, aux poux, à la faim, à la guerre ? Devient-on insensible ? Indifférent ? Quoi, comment, pourquoi ? Paul pourra-t-il encore "vivre" après ça ?

Que restera-t-il de son élan novateur, de sa jeunesse ?
"[...] nous ne faisons plus partie de la jeunesse. Nous ne voulons plus prendre d'assaut l'univers. Nous sommes des fuyards. Nous avions dix-huit ans et nous commencions à aimer le monde et l'existence; voilà qu'il nous a fallu faire feu là-dessus. Le premier obus qui est tombé nous a frappés au coeur. Nous n'avons plus aucun goût pour l'effort, l'activité et le progrès. Nous n'y croyons plus; nous ne croyons qu'à la guerre." (Le Livre de Poche - p.81)

Que restera-t-il de sa croyance en l'avenir ?
"Il y a quelques mois, j'étais assis dans un abri et je jouais aux cartes; au bout d'un instant, je me lève et je vais voir des connaissances dans un autre abri. Lorsque je revins, il ne restait plus une miette du premier ; il avait été écrabouillé par une marmite. Je retournai vers le second abri et j'arrivai juste à temps pour aider à le dégager, car il venait d'être détruit à son tour.
C'est par hasard que je reste en vie, comme c'est par hasard que je puis être touché."
(Le Livre de Poche - p.91)

Que restera-t-il de son humanité ?
"Nous avons perdu tout sentiment de solidarité; c'est à peine si nous nous reconnaissons lorsque l'image d'autrui tombe dans notre regard de bête traquée. Nous sommes des morts insensibles qui, par un stratagème et un ensorcellement dangereux, sont encore capables de courir et de tuer." (Le Livre de Poche - p.105)

Que lui restera-t-il ?
"Je suis jeune, j'ai vingt ans; mais je ne connais de la vie que le désespoir, l'angoisse, la mort et l'enchaînement de l'existence la plus superficielle et la plus insensée à un abîme de souffrances." (Le Livre de Poche - p.230)

Un cri terrible contre la guerre.

Ce livre m'a beaucoup rappelé celui d'Alice Ferney, Dans la guerre, qui dénonce tout autant la guerre mais dans un style très différent. J'avais beaucoup aimé cette lecture, moins pessimiste peut-être, tout en étant tout aussi triste.

Vous l'aurez donc compris, si vous êtes à la recherche d'une lecture légère pour vos vacances, passez votre chemin.

Ma note : 3/5

Parce que je ne connaissais pas du tout :
A l'arrière, les soldats jouent au "scat" et au "rams" mais ... qu'est-ce que c'est ?

Le scat (ou skat) : C'est un jeu de cartes allemand à 3 joueurs qui utilise un paquet de 32 cartes. Pour tout savoir sur ce jeu, il faut aller .

Le rams : C'est un jeu de cartes à 3, 4, 5 ou 6 joueurs. Au départ, chaque joueur reçoit cinq jetons. Chaque joueur ayant cinq cartes ; il y a un atout, déterminé par la tournante ; on passe si l'on veut. Celui qui ne fait pas de pli est ramsé, et reprend cinq jetons, tandis que les autres se débarrassent d'autant de jetons qu'ils font de plis. On est hors de jeu quand on a réussi à s'en débarrasser. Le joueur qui reste seul chargé de jetons est le perdant.