izu

4ème de couverture :
Prix Nobel de littérature en 1968, Yasunari Kawabata ne révéla peut-être jamais aussi bien que dans les cinq nouvelles de La Danseuse d’Izu la poésie, l’élégance, le raffinement exquis et la cruauté du Japon.
Chacun de ces récits semble porter en lui une ombre douloureuse qui est comme la face cachée de la destinée.
Un vieillard s’enlise dans la compagnie d’oiseaux, un invalide contemple le monde dans un miroir, et ce miroir lui renvoie d’abord son propre visage dans une sorte de tête à tête avec la mort...
Rechercher le bonheur est aussi vain et aussi désespéré qu’apprivoiser une jeune danseuse, un couple de roitelets ou le reflet de la lune dans l’eau. Voici cinq textes limpides et mélancoliques, aussi pudiques sans doute dans l’expression que troublants dans les thèmes.

Mon avis :
Je ne sais si c'est parce que la lecture de ce livre suivait celle de Erich Maria Remarque ou si ce n'était pas "le" moment ou tout simplement parce que cette lecture ne me convenait pas mais ce livre n'a pas cessé de me "tomber" des mains... Alors que je l'ai fini il n'y a pas encore une semaine, je dois faire un effort pour me rappeler certaines de ces cinq nouvelles : aucune n'a donc réellement réussi à me toucher, à m'interpeller, à me faire sourire, à m'émouvoir ou à me marquer tout simplement (hormis, peut-être, un tout petit peu, la première qui donne son titre au livre)... Rendez-vous raté donc même si j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur.
Pourtant, l'année dernière, j'ai lu Les Belles endormies du même auteur et j'en garde un souvenir encore vivace (même si je ne le placerais pas dans mon top 50) : une impression d'étrangeté, de mystère, d'exotisme mais surtout d'interdit comme si j'avais regardé à l'intérieur de la maison d'un inconnu à travers les rideaux (oui, oui, je sais, le sujet n'était en rien glamour, il m'a même paru plutôt dérangeant, voire malsain, d'où l'impression de voyeurisme, je pense).

Dans la première nouvelle, La Danseuse d'Izu, un étudiant suit des forains dans l'espoir de séduire une danseuse. Il se lie d'amitié avec le seul homme de la troupe, Eikichi, qui s'avère être le frère de la danseuse, Kaoru.
Cette nouvelle m'a paru étrange très certainement dû au fait que je ne connais pas du tout le Japon. De plus, je n'ai lu que très peu d'auteurs japonnais et, surtout, je n'ai jamais été très attentive au lycée lors des cours de géographie et d'histoire ;-). Donc, je me suis sentie un peu perdue : à quelle époque sommes-nous ? Tiens, qu'est ce donc que cette "coiffure de lycéen" ? Mais où se situe le pont de la Yugawa ? la route de YugashimaYugashima ? le mont Amagi ? et Izu alors ? (bien entendu, je ne connais pas tous les endroits que je rencontre dans les livres que je lis, loin de là en fait. Mais, en général, s'il s'agit d'un lieu qui existe, à quelques centaines de kilomètres près, je situe sur une carte, enfin à peu près quoi, enfin, je crois...) Je me suis donc retrouvée un peu perdue ! L'histoire est belle même si, pour moi, elle méritait une "vraie" fin...

Dans Elégie, une femme, un peu voyante, a perdu son ancien amant. Elle lui parle au-delà de la mort, à travers les fleurs, souhaitant croire que son âme est devenue une fleur de prunier ou de laurier-rose.
"Quelle est navrante cette coutume des vivants d'invoquer les morts ! mais comme elle est navrante surtout cette croyance que l'être survit en conservant, dans un monde à venir, la forme qui fut déjà sienne dans un monde antérieur !" (Le Livre de Poche - p.39)

Bestiaire nous présente un homme qui recueille des animaux chez lui. J'ai trouvé cette nouvelle assez cruelle et l'indifférence de cet homme m'a dérangée. "Une semaine auparavant, un couple de roitelets était mort chez lui. Comme il éprouvait quelque répugnance à les sortir de la cage, il l'avait fourrée dans le placard, celui du palier, et laissée, puis, s'étant, ainsi que la domestique, accoutumé à la présence de ces petits cadavres, il sortait et remettait des coussins dessus chaque fois que des visiteurs arrivaient." (Le Livre de Poche - p.67) Beurk !

Dans Retrouvailles, nous sommes juste après la guerre de 39-45. Que cette période est difficile surtout pour les soldats japonais abandonnés par l'Etat et qui doivent regagner leur foyer par leur propre moyen !

La lune dans l'eau relate l'histoire d'un homme handicapé qui regarde le monde à travers un miroir...

Plaisir de lecture : lecture_notation1_copie50lecture_notation05_copie50lecture_notation0_copie50lecture_notation0_copie50lecture_notation0_copie50

Pour les comme moi : La péninsule d'Izu, c'est là (source : Wikipedia) :

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