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4ème de couverture :
Un tueur en série dans les jardins de Versailles.
Une jeune reine menacée.
Un agent secret vénitien.
Des fables au goût de sang.
Des espions anglais,   
des inventions diaboliques,
des secrets d'alcôve,
des crimes énigmatiques, des fables que vous n'oublierez jamais. 

Mon avis :
Quel ennui ! J'ai acheté ce livre sur la bonne foi d'un article lu dans un magazine littéraire où le journaliste présentait l'auteur comme un érudit talentueux qui ne voulait en aucun cas que ses livres soient comparés aux Da Vinci Code et autres de la même veine ! Et bien, je ne risque pas de comparer, c'est certain ! Si je ne qualifierais pas Da Vinci Code de "grand" roman, je reconnais qu'au moins, il avait su me tenir éveillée !
Celui-ci n'a cessé de m'ennuyer et j'ai été maintes fois tentée (tentée seulement ?) de passer des passages pour faire avancer l'action... mais en fait d'action, j'ai dû rater quelque chose, car mis à part quelques duels, de l'action, je n'en ai point trouvé ! Point d'énigme non plus d'ailleurs ou alors, je ne les ai pas vues... L'auteur est sans aucun doute érudit mais, personnellement, j'ai trouvé que ce livre recelait un peu trop (beaucoup trop !) d'anecdotes et autres faits historiques au détriment de l'intrigue elle-même. Je trouve donc que ce livre vise plus les passionnés d'histoire, ce que, visiblement,  je ne dois pas être et je n'ai pas eu envie de vérifier la véracité des faits... Bref, c'est certain, ce livre n'a pas su éveiller mon intérêt, il ne m'était pas destiné ! Une erreur...

Un petit mot tout de même sur l'histoire. Mai 1774. Pietro Viravolta de Lansalt, agent secret de Sa Majesté Louis XV, ex-agent secret vénitien, est appelé un matin par le duc d'Aiguillon, Secrétaire d'Etat à la Guerre et aux Affaires Etrangères. Alors que le roi Louis XV se meurt, un mystérieux meurtrier, se faisant appelé Le Fabuliste, assassine des agents secrets en signant d'une fable de La Fontaine. Or Viravolta a tué Le Fabuliste quatre ans plus tôt, alors qu'il voulait attenter à la vie de Marie-Antoinette, l'autrichienne amenée à devenir reine de France. "Et voici que le Fabuliste semblait renaître de ses cendres."

Le début, qui m'a paru très prometteur sur l'instant :
"Vous avez de fort jolis pieds, Rosette.
Rosette était pieds nus dans la nuit. Les mains liées, un bandeau sur les yeux, elle grelottait. On l'avait enlevée quelques heures plus tôt.
L'ombre encapuchonnée s'était cachée sous une porte cochère, à deux pas de la boutique du parfumeur Fargeon, où elle travaillait. Son ravisseur n'avait eu aucun mal à se saisir d'elle en profitant de la surprise, avant de la ligoter et de rabattre sur elle les rideaux de sa voiture. Il ne lui avait pas ôté sa robe. Rosette ne portait ni boucles à ses oreilles, ni collier autour de sa gorge blanche; nulle bague à ses doigts. Elle ne possédait aucun bijou. Ce ne pouvait être le mobile de son rapt. L'homme s'était pour le moment contenté de l'amener au milieu de nulle part. Rosette savait qu'ils s'étaient aventurés au-delà de la lisière de la forêt. Où exactement ? A quelques lieues de Fontainebleau, peut-être. A peine était-il parvenu à destination qu'il lui avait bandé les yeux, avant de lui retirer ses chaussures et de lui caresser lentement les pieds.
Vous avez de fort jolis pieds, Rosette. "
(Grasset - p.9)

Lorsqu'on parle d'agents secrets, je pense tout de suite à James Bond ! Aussi, je n'ai pas été trop surprise de rencontrer "Mr Q" (Augustin Marienne dans le livre) et ses gadgets ! ;-)
"- Ceci, mon ami, est une plume tout à fait ordinaire. Mais celle-là...
Il ouvrit un tiroir dissimulé sous le pupitre et en sortit une autre, une plume d'oie effilée, qui ressemblait à s'y méprendre à la première, ainsi qu'un second petit encrier noir. Il prit un air mystérieux. Il dévissa le bouchon de l'encrier et, usant d'une précaution qui étonna Viravolta, y trempa la pointe de la plume.
- Attention, je vous prie... dit-il en faisant signe au Vénitien de s'écarter.
Subitement, il jeta la plume vers le sol, au-delà du pupitre, pointe en avant. Pietro ne put retenir un cri et fit un bond en arrière. A la rencontre du sol, la plume avait explosé, dégageant un nuage de fumée blanchâtre et une odeur de poudre.
- De quoi signer des contrats explosifs, n'est-ce pas ?"
(Grasset - p.75)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

Allez, parce que cela a un goût d'enfance, je ne résiste pas à la tentation de vous citer la première fable du livre :

Le loup et l'Agneau 

La raison du plus fort est toujours la meilleure:
Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point.
- C'est donc quelqu'un des tiens:
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Jean de La Fontaine, Fables, Livre Premier