jau_ange

4ème de couverture :
"Je t'emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire..."

Dans la turbulente Barcelone des années 1920, David, un jeune écrivain hanté par un amour impossible, reçoit l'offre inespérée d'un mystérieux éditeur : écrire un livre comme il n'en a jamais existé, "une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués", en échange d'une fortune et, peut-être de beaucoup plus.
Mais du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique de destruction se met en place autour de lui, menaçant les êtres qu'il aime le plus au monde. En monnayant son talent d'écrivain, David aurait-il vendu son âme au diable ?
Pour reprendre sa liberté et sauver la femme qu'il aime, David puise ses forces dans la Barcelone envoûtante du Cimetière des livres oubliés, où se côtoient des êtres abandonnés de l'humanité mais aussi des personnages attachants, uniques, puissants à l'image de ceux qui ont fait de L'Ombre du vent un immense succès international.

Mon avis :
Les avis commencent à arriver sur ce livre et je suis ravie de l'avoir lu avant car... ils ne sont pas si positifs que ça, voire franchement négatifs...! Pourtant, moi, j'ai A.D.O.R.E ! Je pourrais arguer que c'est parce que la lecture du premier livre n'est pas si lointaine et que, du coup, il a bénéficié de la bonne impression de L'Ombre du vent... et bien même pas ! Je me suis plongée dans l'histoire et, par certains côtés (certains, pas tous), ce livre m'a plus plu !

Bien sûr, j'ai vu les longueurs, les répétitions (mais qui ne m'ont pas tant gênée), les scènes "qui font même pas peur" et qui font même rire tant cela n'est pas crédible (cf. la scène où David se ballade avec un revolver et finit par "tuer" un mannequin !). Bien sûr, David est naïf mais, pour ma part, je ne l'ai pas trouvé nigaud...

J'ai surtout noté le style admirable de la narration, les scènes qui ont fait que je n'ai pas pu lâcher le livre tant je voulais "savoir", "comprendre". J'ai également adoré l'humour sarcastique de David, particulièrement lors de ses dialogues avec Corelli au sujet des croyances ou, mieux, ses dialogues avec Isabella ! Pour certains, j'ai franchement éclaté de rire... J'ai également beaucoup aimé le côté enquête même si je reconnais qu'elle n'est pas aussi magistrale et aussi bien ficelée que celle de Daniel sur Julian Carax... Et puis, j'ai retrouvé certains personnages et lieux de L'Ombre du vent comme le Cimetière des livres oubliés, même s'il n'apparaît presque qu'anecdotiquement, ou la librairie Sempere...

Qu'est ce qui m'a moins plu ? L'apport du fantastique qui a fait que je me suis parfois perdue et, surtout, que j'ai terminé ce livre sur une note négative, la fin étant par trop... (je ne dirais rien de plus, j'en ai déjà trop dit ;-) ). L'histoire d'amour, qui n'en est pas une d'ailleurs (enfin, pas au sens où, moi, je l'entends), le livre se serait largement passé de cela... Les descriptions d'une Barcelone brumeuse, nuageuse à l'image de cette description bien 'halloweeniesque' "Le ciel était tapissé d'une toile d'araignée de nuages gris qui permettait à peine au soleil de passer. Des flèches de lumière perçaient ce linceul et balayaient le versant de la colline." (Robert Laffont - p.298), une Barcelone froide également, très hivernale, décrite presque toujours de nuit avec ses ruelles sombres et inquiétantes..., ce qui tranche un peu trop avec l'image ensoleillée et joyeuse que j'en ai... Autant j'avais aimé les descriptions de Barcelone dans L'Ombre du vent, autant, là, même si j'aime les images qu'elles évoquent, elles sont beaucoup trop sombres !

Le résumé en extraits (j'essaye en tout cas...) :
****NE PAS LIRE SI VOUS SOUHAITEZ GARDER TOUT LE SUSPENSE****
Un jeune écrivain à qui on promet la gloire :
"Un écrivain n'oublie jamais le moment où, pour la première fois, il a accepté un peu d'argent ou quelques éloges en échange d'une histoire. Il n'oublie jamais la première fois où il a senti dans ses veines le doux poison de la vanité et cru que si personne ne découvrait son absence de talent, son rêve de littérature pourrait lui procurer un toit sur la tête, un vrai repas chaque soir et ce qu'il désirait le plus au monde: son nom imprimé sur un misérable bout de papier qui, il en est sûr, vivra plus longtemps que lui. Un écrivain est condamné à se souvenir de ce moment, parce que, dès lors, il est perdu: son âme a un prix." (Robert Laffont - p.11)

Des jalousies, premières désillusions :
"Au vu de la tournure inattendue et ignominieuse que prenaient les événements, Vidal essayait de me remonter le moral, mais j'en étais déjà à soupçonner que mes jours étaient comptés à la rédaction.
- L'envie est la religion des médiocres. Elle la réconforte, répond aux inquiétudes qui les rongent de l'intérieur et, en dernière instance, leur pourrit l'âme et leur permet de justifier leur mesquinerie et leur jalousie [...]."
(Robert Laffont - p.21-22)

Une critique d'une personne chère sur les livres écrits :
"- Vous pensez vraiment que je me prostitue ?
- Ce que je pense est sans importance. Ce qui compte, c'est ce que vous, vous pensez.
Je restai encore cinq minutes, puis je me levai et m'en fus sans ajouter un mot."
(Robert Laffont - p.75)

Une maladie :
"Normalement, au fur et à mesure de la progression de la maladie, les symptômes dont vous avez déjà souffert se manifesteront avec plus d'intensité et de fréquence, puis viendra un moment où vous devrez être hospitalisé pour que nous puissions nous occuper de vous.
- Je ne pourrai pas écrire.
- Vous ne pourrez même plus penser à écrire."
(Robert Laffont - p.97)

Une proposition inattendue :
"- Ca ne vous tente pas de créer une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, pour laquelle ils seraient capables de tuer et de se laisser tuer, de se sacrifier et de sa damner, de donner leur âme ? Quel plus grand défi pour votre métier que de créer une histoire si puissante qu'elle transcende la fiction et se transforme en vérité révélée ? " (Robert Laffont - p.152)

Une secrétaire envahissante :
"Je croyais à la solitude et au silence; pas Isabella. Si je cherchais un coupe-papier, un verre ou une paire de chaussures, je devais demander à Isabella où la Providence lui avait inspiré de les cacher.
- Je ne cache rien. Je range les choses là où elles doivent être : ça n'a rien à voir.
Pas un jour ne s'écoulait sans que l'envie ne me vienne une bonne demi-douzaine de fois de l'étrangler."
(Robert Laffont - p.240)
...mais tellement attachante :
"La jeune fille me regardait comme si sa vie dépendait d'une parole aimable. Je succombai à la tentation. Les bonnes paroles sont des cadeaux gratuits qui n'exigent pas de sacrifice et font plus plaisir que les vrais.
- Moi aussi, je suis content que tu sois ma secrétaire, Isabella, même si je suis comme je suis."
(Robert Laffont - p.245)

Une malédiction ? :
"Je n'avais jamais raconté cette histoire à personne jusqu'aujourd'hui, monsieur Martin. Si vous voulez un conseil, oubliez cette maison, oubliez-moi, oubliez mon mari et toute cette histoire. Partez très loin. Cette ville est maudite. Maudite." (Robert Laffont - p.297)

Je n'en dévoile pas plus... Il faut le lire !

Je ne boude donc pas mon plaisir de lecture... et je le recommande. ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_copie50lecture_notation1_copie50lecture_notation1_copie50lecture_notation1_copie50lecture_notation0_copie50

L'avis de Kathel, qui n'a pas aimé ! Et les avis (très bientôt) chez BOB.

Challenge du 1% littéraire : 1/7    challenge_du_1_litteraire_2009