9782264047618R1

4ème de couverture :
Le business et la corruption règnent en maîtres à Delhi, centre nerveux de l’Inde moderne et mégapole survoltée, où prolifère le crime. Dans cette ville étouffante où luxe tapageur et pauvreté extrême se côtoient partout, Vish Puri, le meilleur privé autoproclamé de la ville et imposant patron de Most Private Investigators Ltd., pourchasse escrocs et criminels de tous poils avec des techniques très personnelles. Aussi est-il prêt à relever le défi lorsqu’un avocat anti-corruption victime d’une cabale lui demande son aide. On cherche à compromettre ce célèbre défenseur des causes perdues en l’accusant du meurtre d’une jeune domestique. Pour découvrir la vérité, Puri devra traverser cette Inde changeante et insaisissable qu’il a bien du mal à reconnaître.

Mon avis :
Avec ce livre, nous faisons la connaissance du détective indien Vish Puri, nom qui signifie en sabir anglo-hindi, "l'homme qui exauce les voeux". Installé à Delhi, il se qualifie lui-même de "meilleur détective de tout le pays" et n'hésite pas à travailler sur plusieurs affaires en même temps grâce à une équipe exceptionnelle dont chacun des membres a été sélectionné pour ses qualités particulières !

Commençons par une petite carte d'identité car, avec un premier roman de la sorte, gageons que nous serons amenés à retrouver ce détective et les membres de son équipe !
* Sa devise ? La confidentialité !

* Ses maîtres ?
- Chanakya, "penseur et stratège, précurseur, trois cents ans avant l'ère chrétienne, des techniques d'espionnage et d'investigation" (10/18 - p.22). D'ailleurs Sir Conan Doyle (himself) n'a fait que s'inspirer de ses techniques déjà bien connues et maîtrisées depuis des siècles en Inde...
- Son père, le détective Om Chander Puri auprès duquel il a appris son métier.

* Les principaux membres de son équipe ?
- Tubelight, gros dormeur mais aucune serrure, aucun coffre-fort et aucune porte de voiture ne lui résiste.
- Flush, ancien agent des services secrets indiens et roi de l'informatique et de l'électronique.
- Facecream, reine du travestissement au physique irrésistible.
- Handbrake, le chauffeur au sens de l'observation hors du commun !
- Elizabeth Rani, la secrétaire à l'oreille attentive.
- Mme Chada, la "standardiste" un peu particulière...

* Sa famille ?
- Rumpi (Belle croupe), sa femme : elle prend soin de son mari et lui prépare ses repas.
- Mummy-ji, sa mère : estimant que son fils, débordé, néglige sa sécurité, elle enquête également pour le bien de Vish... et sa perspicacité vaut celle de son fils !

* Son point faible ? Son amour pour la nourriture riche, frite de préférence, alors que son âge (51 ans), son médecin et sa femme lui interdisent tout excès...

Passons maintenant à l'histoire.
Vish Puri est engagé par Ajay Kasliwal, un avocat intègre (oui, oui, vous avez bien lu, i.n.t.è.g.r.e) pour retrouver une ancienne employée de maison : Mary. Celle-ci a disparu et une plainte a été portée contre Kasliwal qui est accusé de s'être débarrassé d'elle après l'avoir mise enceinte ! Vish Puri prend l'affaire en main !
Le lendemain matin, alors qu'il s'occupe tranquillement de ses plants de piment, on tire sur Vish Puri ! Assurément, un ancien ennemi de ce grand détective est sorti de prison et cherche à se venger !
En parallèle, Puri est engagé par le général Kapoor pour effectuer une enquête prénuptiale : en effet, sa petite-fille doit se marier avec Mahinder Gupta mais celui-ci "ne convient pas du tout" au général. Puri doit fouiller dans sa vie privée afin d'empêcher ce mariage !

Trois investigations donc pour ce grand enquêteur et un bon moment de lecture, qui nous emmène en Inde de Delhi au Rajasthan en passant par le Jarkhand et les mines d'uranium de Jadugoda, avec ce détective sympathique, qui n'est pas sans rappeler Hercule Poirot par son côté suffisant et sûr de lui ! Une histoire facile, courte, qui, sans être exceptionnelle nous fait passer agréablement le temps.

Je ne résiste pas à vous citer quelques extraits qui parlent de l'Inde :

De Delhi... : "Dans son enfance, la capitale vivait à un rythme lent et provincial. Mais au cours de ces dix dernières années, il avait vu la métropole s'étendre comme les tentacules d'une pieuvre, vers l'est et le sud, avec toujours plus de routes, de centres commerciaux, d'immeubles sortant de terre en quelques jours, tels des champignons après la pluie. Cette prospérité vertigineuse attirait des millions de miséreux analphabètes et non qualifiés, venus des Etats pauvres du nord de l'Inde. L'explosion démographique - la capitale comptait désormais plus de seize millions d'habitants - s'accompagnait d'une augmentation considérable de la criminalité. La conurbation d'Old Delhi, de New Delhi et de ses nombreuses banlieues s'appelait Territoires de la capitale nationale, ou, comme les journaux l'avaient facétieusement rebaptisée, Territoires du crime national." (10/18 - p.17)

...à Jaipur, au Rajasthan... : "Il était presque midi quand ils entrèrent dans la vieille ville. Les bazars installés au pied des remparts commençaient à s'éveiller. Abrités sous des bannes poussiéreuses, les savetiers accroupis brodaient des fils d'or et des paillettes sur des babouches en cuir; les marchands d'épices trônaient au milieu de pyramides de poivre rouge moulu, de curcuma et de cumin broyés, évoquant les couleurs chaudes et vives de la palette d'un peintre. Les vendeurs de beignets allumaient leurs réchauds à gaz pour préparer leurs jalebis sucrés et collants dans des woks au cul noirci. Les vendeurs de lassi brisaient des pains de glace livrés dans des tombereaux tirés par des chameaux." (10/18 - p.65)

...en passant par les mines de Jadugoda : "Avant, il était employé à la mine avec son fils, mais, depuis quelques mois, trop fatigué, il n'allait plus travailler; le revenu de la famille avait donc diminué de moitié. Comme les sept cents autres millions d'Indiens qui continuaient d'attendre les retombées de la croissance économique, la famille survivait avec moins de deux dollars par jour. Et pour ne rien arranger, l'eau de leur puits était empoisonnée par les infiltrations toxiques de l'usine de traitement." (10/18 - p.245)

D'autres avis chez BOB et chez Naina.

Plaisir de lecture :  lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30