9782262027315

Editions : Perrin - Nombre de pages : 314

4ème de couverture :
"Je ne mourrai pas avant d'avoir donné le meilleur de moi-même..."
Obstiné, artiste jusqu'au bout de sa vie, Renoir figure au panthéon de nos grands créateurs. Un sort posthume qui ne lui aurait pas été indifférent...

Né à Limoges, Renoir a grandi à Paris, à deux pas du Louvre, où ses parents, de simples tailleurs, se sont installés pour y trouver une vie meilleure. A treize ans, le jeune Auguste doit travailler et, montrant depuis sa petite enfance un vrai goût pour le dessin, entre au service d'un céramiste. Travailleur à la chaîne, il peint les rois et reines, s'inspirant de scènes de genre façon Lancret, des Diane au bain de Boucher ou autres Fragonard qui l'ont tant impressionné au Louvre.
Mais la carrière de Renoir est ailleurs. Sa rencontre avec Monet, Bazille, Sisley, Cézanne, Pissarro, tous ceux qui vont être appelés " impressionnistes " en 1874 est décisive. Le destin est là. S'ouvrent alors le long cycle de la maturation, les années bohème à Montmartre, aux Batignolles entrecoupées par les voyages en Espagne, en Algérie, les peintures sur le motif aux bords de la Seine, en Normandie...
Dans les années 1880, contre toute attente, Renoir change de style et affronte l'incompréhension de ses amis mêmes : ses Grandes Baigneuses font scandale ! Peu lui importe. Renoir persiste. Vieillard prématuré, souffrant de rhumatismes déformants, l'immense peintre qu'il est devenu n'aura eu de cesse d'accomplir une oeuvre, un " bon tremplin " pour les recherches à venir. Modeste...

Mon avis :
C'est la première biographie que je lis et la surprise est excellente ! En effet, allez savoir pourquoi, sans jamais en avoir lues, j'étais persuadée que je n'aimais pas les biographies; peut-être le fait de "connaître l'histoire" avait un côté inéluctable qui me déplaisait... Comme je me trompais : j'ai dévoré ce livre !

Néanmoins, plusieurs petits détails m'ont ennuyée et ont quelque peu gâché mon plaisir de lecture.
Tout d'abord, le nombre de dates ! Bien sûr, je m'attendais à ce qu'il y ait des dates mais pas à ce point là : il y a au moins une référence datée par page : de quoi ne rien retenir tant j'ai été parfois noyée  (bon, d'accord, j'exagère quelque peu)... ;-)
Ensuite, il y a trop de citations : de Renoir lui-même, de proches ou sorties d'articles de journaux ! Cela a un côté "justification" qui m'a quelque peu agacée : j'étais tout à fait disposée à croire Pascal Bonafoux sur parole (et je suppose que c'est le cas de toute personne lisant une biographie) alors, pourquoi a-t-il éprouvé systématiquement le besoin de citer la "phrase" écrite par telle personne dans telle lettre ou de tel journal pour prouver ses affirmations ? Une bibliographie complète en fin de livre (comme c'est le cas, d'ailleurs) me semble tout à fait suffisante pour toute personne souhaitant vérifier que l'auteur ne s'est pas laissé emporter par son imagination...
Pour finir, j'ai trouvé le nombre d'illustrations ridiculement peu élevé ! Pour un peintre si prolixe, on pourrait s'attendre à plus que 8 pages centrales !! Par ailleurs, avoir rassemblé toutes les illustrations sur des pages centrales ne me semblent pas très heureux... mais, bon, je suppose que cela a été fait pour faciliter l'édition...

Malgré tout ces petits détails, j'ai trouvé ce livre très bien écrit, assez clair et bourré d'anecdotes ne manquant pas de piquant ! Il m'a fait découvrir un peu plus la vie de ce peintre que j'admire dans sa période impressionniste (je dois avouer que ses Grandes Baigneuses peintes vers la fin de sa vie me laissent de glace...)
Dans l'ensemble, ce livre m'a rendu Renoir fort sympathique : saviez-vous que, la prospérité venue, c'était un homme fort généreux qui a fait de nombreux dons (toiles et argent), particulièrement durant la guerre 14/18 ? Connaissiez-vous son obstination à vouloir peindre malgré des rhumatismes qui le torturaient ?
Mais il m'a paru parfois fort antipathique, notamment pour sa position clairement antisémite lors de l'affaire Dreyfus !

Je n'ai pas pu n'empêcher de noter que ce grand peintre détestait la lecture et les écrivains : rien que ça ! Jugez plutôt :

A propos de la lecture :
"Mais il se méfie aussi de la lecture. "Ca peut devenir un vice, pire que l'alcool ou la morphine. Il ne faut pas matelasser, ou alors il ne faut lire que les chefs-d'oeuvre. Les grands bonhommes nous rapprochent de la nature. Les romantiques nous en éloignent. L'idéal serait de ne lire qu'un livre pendant toute sa vie." (Perrin - p.27). J'avoue que cela n'a pas manqué de me faire rire ! "Pire que l'alcool ou la morphine" ? Vraiment ?

A propos des écrivains :
"Renoir est moins convaincu que d'autres de l'importance du soutien que peuvent leur apporter les écrivains. Des années plus tard, il maugrée : "Et tous ces tâtonnements de jeunes gens pleins de bonne volonté, mais ne sachant encore rien, auraient peut-être passé inaperçus, pour le plus grand bien des peintres, sans la littérature, cette ennemi née de la peinture.[...]" " (Perrin - p.95)

A propos de Victor Hugo (que j'adore) :
"Victor Hugo ? Ce raseur... Ce poseur... Ce vaniteux. Je le déteste pour son horreur de la vie. Il ne sut jamais rien faire aux proportions de la réalité... Avec lui, un cheval n'est plus un cheval mais un animal antédiluvien." (Perrin - p.39)

Allez, je vous épargne sa hargne contre Zola après la publication de L'Oeuvre...

A tous ceux qui aiment Renoir et qui souhaitent en savoir plus sur lui, ce livre est pour vous et il est très bien ! ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30  lecture_notation0_30

BABELIO

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio. Je remercie donc Babelio et les Editions Perrin pour l'envoi de ce livre.

Renoir21
Mon tableau préféré de Renoir : Le bal du moulin de la galette (1876)