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Editions : Littératures Autrement - Traduction : Maurice Beerblock - Titre original : Train to Pakistan - Nombre de pages : 254

4ème de couverture :
Seize millions de musulmans, presque autant d'hindous, et cinq millions de sikhs se partageaient, dans une mosaïque inextricable de quelque dix-huit mille villages, la province du Panjab, joyau de la couronne des Indes. Même si la religion les différenciait en communautés séparées, ils avaient en commun une langue, des traditions, une égale fierté pour leur personnalité intrinsèque de Panjabis. Mais l'indépendance des Indes britanniques et la création sur des bases confessionnelles de deux Etats séparés - le Pakistan musulman d'un côté, l'Inde à majorité hindoue de l'autre - brisèrent brutalement, en 1947, cette belle unité, provoquant un exode croisé aux dimensions bibliques dont le récit de Khushwant Singh ne constitue qu'un des innombrables épisodes.
Des rives de l'Indus aux portes de Delhi, sur près de mille kilomètres, il n'y eut pas une ville, pas un hameau, pas un champ de blé ou de coton qui ne fut affecté par la Partition. C'est dans les trains qui traversent son village de Mano Majra que l'auteur, témoin direct, place les scènes les plus bouleversantes de son livre car, en cette fin d'été 1947, les trains représentaient pour les populations terrorisées le plus solide espoir de fuir le cauchemar.
Cinquante ans après, au Pakistan comme en Inde, le souvenir de ces jours d'enfer reste vivant dans toutes les mémoires.
Postface de Dominique Lapierre.

Mon avis :
Très beau livre, très sensible qui traite d'une des périodes les plus terribles de l'histoire du sous-continent indien : la Partition de 1947. En effet, lorsque l'empire britannique se retire de l'Inde, le pays est découpé en deux Etats : le Pakistan (lui-même découpé en deux : le Pakistan Oriental et le Pakistan Occidental) "pour" les musulmans et l'Inde "pour" les hindous. Mais ce découpage semble bien arbitraire au regard des masses de populations qui devront laisser leurs racines, leurs amis, leurs familles, leurs biens, en un mot qui devront s'exiler vers un pays dont ils ne connaissent rien et quitter leur pays devenu très hostile...

Nous sommes à Mano Majra, un petit village du Panjab, à la fin de l'été 1947... Les habitants vivent en parfaite harmonie malgré leur différence de religion : la moitié des villageois est en effet sikhe, l'autre musulmane,  et seule une famille est hindoue mais personne ne semble se soucier de la religion de son voisin et les relations sont amicales. La vie du village est rythmée par le passage des trains dans la petite gare de Mano Majra : ceux-ci amènent des marchandises, de rares personnes de passage, des nouvelles...

En cette fin d'été 1947, les événements semblent se déclencher lorsque Lala Ram Lal, chef de famille de la seule famille hindoue du village, est volé puis tué par des bandits. Quelques temps plus tard, un train rempli de cadavres arrive dans la petite gare... Houkoum Chand, le commissaire-adjoint de la région, craignant par dessus tout que des émeutes se produisent dans sa région, fait arrêter un activiste communiste qu'il déclare musulman : il y voit l'occasion de convaincre les hindous de demander aux musulmans du village de se réfugier dans un des nombreux camps prévus avant de s'exiler vers le Pakistan... Comment ces villageois, proches, amis, mais de confessions différentes vont réagir ?

Le début :
"Dans l'Inde, l'été 1947 ne fut pas comme d'autres étés. La température, cette année-là fut différente de celle des autres années. la saison fut plus chaude, plus sèche; il y eut plus de poussière. En outre, l'été fut plus long. Personne ne se souvenait d'avoir vu la mousson survenir si tard dans l'année. Pendant des semaines, seuls de rares nuages donnèrent un peu d'ombre; il ne pleuvait pas, et les gens commençaient à dire que Dieu devait vouloir les punir pour leur péchés." (Autrement - p.5)

De l'importance du nom que l'on porte en cette période troublée :
"- Comment vous appelez-vous ? dit-il.
- Iqbal. Et vous?
- Iqbal Singh? demanda le vieillard.
Puis sans attendre la réponse :
- Je suis, moi, le bhaï de ce temple, le bhaï Meet Singh. Que faites-vous à Mano Majra, Iqbal Singh ?
Le jeune homme fut bien aise que le bhaï n'eût pas insisté. Cela lui évitait de dire quel Iqbal il était. Il eût pu être Iqbal Mohammed, être musulman; il pouvait être hindou, s'appeler Iqbal Chand; ou bien sikh, se nommer Iqbal Singh, car Iqbal est un des rares qui sont communs aux trois communautés."
(Autrement - p.51)

A tous ceux qui veulent connaitre un peu plus l'histoire du sous-continent indien, je leur recommande ce très beau roman... ;-)

Un autre avis, celui de Naina.

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30