9782253057840

Editions : Le Livre de Poche - Traduction : de l'allemand (Autriche) par Brigitte VERGNE-CAIN et Gérard RUDENT - Titre original : Die Schachnovelle - Nombre de pages : 94

4ème de couverture :
Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ?
Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons ».

Mon avis :
Zweig et moi, nous entretenons une relation passionnée depuis ma découverte de Amok ou le fou de Malaisie en 2008 : j'ai été subjuguée par cette nouvelle ! Aussi, à chaque nouvelle lecture de cet auteur, j'ai en tête cette histoire, cette passion jusqu'à la folie racontée de façon magnifique... Et je dois dire que j'ai retrouvé dans Le joueur d'échecs des points de convergence qui n'ont pas été pour me déplaire : un paquebot pour cadre à l'histoire, la folie et surtout une écriture fluide et magnifique. D'autres ingrédients composent également cette nouvelle et tendent à stimuler et enrichir sa lecture : une brièveté dans le récit qui ne laisse pas de place aux descriptions superflus, le nazisme et ses monstrueuses expériences à travers l'histoire de M. B..., des personnages intéressants... Bref, Le joueur d'échecs est un récit court mais tellement riche !

L'histoire se déroule donc sur un paquebot en partance pour Buenos-Aires; le narrateur apprend que Czentovic, le champion mondial des échecs est à bord, aussi, souhaite-t-il l'aborder mais le bougre est farouche ! Il décide alors de faire une partie d'échecs dans le fumoir, espérant ainsi éveiller l'intérêt de ce talentueux mais bien antipathique joueur en s'affichant ouvertement comme joueur et son stratagème réussit : Czentovic accepte de jouer une partie !! Alors que la deuxième partie s'engage (et très mal pour l'équipe du narrateur), un parfait inconnu leur sauve la mise et réussit à faire en sorte que la partie débouche sur un nul !! Mais qui est-il ? Accepterait-il de jouer une autre partie ? Mr B... accepte de jouer une partie, une seule, expliquant sa réticence en racontant son histoire : il a été arrêté par les nazis, enfermé pendant de longs mois avec, pour seul compagnon, un livre sur les plus grandes parties d'échecs jamais jouées, un livre qui le conduira à la folie...

echecMorceau choisi :
"Assurément je connaissais par expérience le mystérieux attrait de ce "jeu royal", le seul entre tous les jeux inventés par les hommes, qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard, le seul où l'on ne doive sa victoire qu'à son intelligence ou plutôt à une certaine forme d'intelligence. Mais n'est-ce pas déjà le limiter injurieusement que d'appeler les échecs un jeu ? N'est-ce pas aussi une science, un art ou quelque chose qui, comme le cercueil de Mahomet entre ciel et terre, est suspendu entre l'un et l'autre, et qui réunit un  nombre incroyable de contraintes ? L'origine s'en perd dans la nuit des temps, et cependant il est toujours nouveau; sa marche est mécanique, mais elle n'a de résultat que grâce à l'imagination; il est étroitement limité dans un espace géométrique fixe, et pourtant ses combinaisons sont illimitées. Il poursuit un développement continuel, mais il reste stérile; c'est une pensée qui ne mène à rien, une mathématique qui n'établit rien, un art qui ne laisse pas d'oeuvre, une architecture sans matière; et il a prouvé néanmoins qu'il était plus durable, à sa manière, que les livres ou que tout autre monument, ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps, et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l'ennui, pour aiguiser l'esprit et stimuler l'âme. Où commence-t-il , où finit-il ?" (Le Livre de Poche - p.24-25)

Je ne saurais que trop vous recommander cette lecture... ;-)

D'autres avis chez BOB et chez de nombreuses participantes au challenge "Ich liebe Zweig" organisé par Caro[line].

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30

classiques

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge "J'aime les classiques" organisé par Marie L.: allez voir son récapitulatif chaque fin de mois, avec tous les articles des participants publiés dans le mois : Les Carabistouilles de Marie L.