Mademoiselle_Christina

Editions : L'Herne - Traduction : du roumain par Claude LEVENSON - Titre original : Domnişoara Christina - Nombre de pages : 204

4ème de couverture :
Elle ôta lentement un gant et le lança par-dessus la tête d'Egor, sur la table de nuit. L'odeur de violette s'était faite encore plus pénétrante. Il sentit soudain un main chaude lui caresser la joue. Tout son sang se figea, car la sensation de cette main chaude - d'une chaleur irréelle, inhumaine - était effroyable.
Egor voulut hurler de terreur, mais il n'en trouva pas la force, sa voix s'éteignit dans sa gorge. "N'aie pas peur mon amour, murmura alors Christina. Je ne te ferais rien. A toi, je ne te ferais rien. Toi, je t'aimerai uniquement..." Elle le regardait, insatiable, affamée.

Mon résumé :
Egor, un jeune peintre et le professeur Nazarie, un archéologue, séjournent chez Mme Mosco qui a deux filles : Sanda qui a invité Egor et Simina, une jeune fille impertinente. Très vite, l'archéologue semble troublé, inquiet et s'en ouvre à Egor; les deux hommes se rapprochent peu à peu alors que Mr Nazarie découvre qu'une sombre histoire semble s'attacher à celle de la famille Mosco. En effet, Mademoiselle Christina, la soeur de Mme Mosco morte plus de trente ans auparavant semble avoir eu une vie dissolue et se serait faite goule après sa mort... Parrallèlement, Egor est visité dans ses rêves par Mademoiselle Christina mais qui est-elle réellement et pourquoi apparaît-elle dans les rêves d'Egor ? D'ailleurs si elle ne survient que dans ses rêves, pourquoi laisse-t-elle cette odeur tenace de violette derrière elle ? A chacune de ces visites, Egor semble alors sombrer dans la folie, ne distinguant plus le rêve de la réalité...

Mon avis :
Etrange, envoutant et passionnant, ce sont les trois qualificatifs qui me viennent à l'esprit alors que ma lecture s'achève... Ce n'est pas un véritable coup de coeur mais j'ai beaucoup apprécié cette lecture, l'ambiance dégagée par l'histoire est particulière et oscille entre rêve et réalité, entre mythe et vérité : atmosphère froide, fenêtres ouvertes, apparitions étranges, ombres inquiétantes, femmes atteintes d'étrange fatigue en fin de journée, visites nocturnes... en un mot j'ai été plongé dans le fantastique, s'inspirant à merveille du folklore roumain ! Je n'ai qu'un seul regret : avoir lu la préface avant d'avoir lu l'histoire car elle en dévoile bien trop !!
Ne vous attendez toutefois pas à ce que le mot même de "vampire" soit écrit, tout n'est que sous-entendu : aucune bataille, aucun collier d'ail, de pieu ou de crucifix... c'est soft ! ;-)

Morceau choisi :
"Il tendit le bras vers le parc. Il lui sembla à ce moment précis voir tant de choses terrifiantes qu'il recommença à parler plus vite, plus vite, plus précipitamment, l'haleine courte.
Burne_Jones_le_VampireLa peur l'envahit, remarqua Egor. Il s'étonna de sa propre lucidité. Il était assez près de M. Nazarie, d'un homme submergé par l'effroi, et il l'observait plutôt sereinement, il pouvait même l'analyser. Il n'osait tout de même pas regarder du côté du parc. Le bras tendu, un seul instant, de M. Nazarie l'avait épouvanté bien davantage que ses paroles terrifiées. Peut-être voit-il lui aussi quelque chose là-bas, songea Egor, peut-être voit-il la même chose que Simina... Cependant, il était encore lucide; seule une très légère inquiétude fit frémir son âme.
"Vous ne devriez pas avoir peur!" dit-il soudain, interrompant l'effusion de M. Nazarie. Arrêtez de regarder par là, vers la maison...
M. Nazarie ne voulait pas, ou ne pouvait pas, l'écouter. Il restait les yeux fixés sur le parc. Il regardait de tout son être crispé, il attendait...
"Et pourtant, il y a quelque chose qui vient de là-bas", dit-il.
Egor tourna lui aussi la tête. L'ombre du parc lui parut soudain lointaine, dense. Il n'y avait rien par là. On ne voyait rien, sinon un minable scintillement vers la gauche, là où se trouvaient les maisons.
"Personne ne vient", dit-il virilement.
Au même moment, il entendit un hurlement qui lui glaçât le sang dans les veines."
(L'Herne - p.63-64)

Je le recommande à tous les amateurs de folklore vampirique classique et soft... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio. Je remercie donc Babelio et les Editions de L'Herne pour l'envoi de ce livre.

Mademoiselle Christina par Mircea Eliade

Mademoiselle Christina

Mademoiselle Christina

Mircea Eliade