Princesse_de_l_ombre_m_1266937049

Editions : Michel Lafon - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle SAINT MARTIN - Titre original : Shadow Princess - Nombre de pages : 347

4ème de couverture :
Jahanara n’a que dix-sept ans à la mort de sa mère. Accablée de chagrin, elle doit faire face à ses multiples obligations. En effet, elle est la fille de Shah Jahan, le puissant empereur de l’Inde Moghole qu’elle doit désormais assister. Très vite, elle devient la femme la plus influente de l’Inde, régissant les affaires de l’Empire comme celles du harem, et supervise même la construction du Taj Mahal en hommage à sa mère.

Cependant, cette fille tant aimée vit sous la chape d’une terrible interdiction : elle n’est pas autorisée à se marier. Subjugué par sa ressemblance avec sa défunte épouse, son père exige qu’elle demeure à ses côtés. Jahanara doit rester près de lui, et dans l’ombre, à jamais…

Mon avis :
IncrustationpietraduraAprès m'être plongée avec délice dans les intrigues de la cour de l'empereur Akbar (La Vingtième Epouse), puis dans les trahisons de celle de Jahangir (Le Festin de Roses), je ne pouvais manquer le troisième volet de cette fresque au coeur de l'empire moghol avec cette fois-ci, une plongée dans les secrets de la cour de l'empereur Chah Jahan !

Inde, XVIIè siècle, le palais impérial résonne des cris de douleur de Mumtaz Mahal sur le point de donner naissance à son quatorzième enfant. Elle est assitée de Jahanara, sa fille ainée âgée de 17 ans et de Roshanara, sa deuxième fille qui n'a que 14 ans; toutes deux essaient d'apaiser les douleurs de leur mère mais cette dernière ne survivra pas à l'accouchement...
Fou de douleur, l'empereur Chah Jahan pense à laisser son trône à Dara, son fils aîné mais, devant sa visible jeunesse et son inexpérience, il trouve le courage de continuer à régner alors même qu'il édifie, pour la femme qui demeurera à jamais son grand amour, un Mausolée de Lumière : Le Taj Mahal !
Dès la mort de son épouse, Chah Jahan puise son courage dans sa fille ainée Jahanara : attentive et attentionnée, conseillère avisée et fille aimante, elle devient très vite la première femme du harem, la bégum Padchah, et la détentrice du sceau impérial ! Jahanara est ainsi la femme la plus puissante de l'Inde mais elle doit dès lors oublier ses propres désirs car il lui est interdit de se marier...

pietradura01Si j'ai retrouvé avec plaisir les descriptions très précises et le style clair d'Indu Sundaresan me permettant un voyage en Inde, le temps d'une lecture, je dois aussi avouer que mon plaisir de lecture a été très en deçà de celui des deux premiers tomes...
Peut-être est-ce dû au destin de Jahanara qui, bien qu'exceptionnel, n'est pas à la hauteur de celui de Mehrunnisa ?
Sans doute le manque d'intrigues y est-il aussi pour beaucoup...
Mais ce qui fait que, de mon point de vue, cet opus est un peu ennuyeux ce sont les trop nombreuses descriptions architecturales que ce soit dans l’édification du Taj Mahal (qui tient une place de choix dans le récit) ou dans les détails des jardins et bâtiments où se rend Jahanara. J'adore l'art moghol, je le trouve exceptionnel, mais les descriptions systématiques, longues et parfois complexes ont eu un effet un peu... soporifique sur moi... ;-)

Morceau choisi (où il est question du mausolée de Ghiyas Beg, dont se serait inspiré Chah Jahan pour le Taj Mahal) :
"Le mausolée fut dessiné d'après un coffre à bijoux que possédait Mehrunnisa. Carré, il mesurait soixante-neuf pieds de côté. A chaque angle, se dressait un minaret octogonal surmonté d'une galerie et d'une coupole arrondies. Au centre du toit en terrasse, on avait élevé un baradari aux murs marquetés de jalis de marbre, qui contenait deux cénotaphes de marbre blanc, marqués au nom de Ghias et de sa femme, Asmat. Leur dernière demeure se trouvait en dessous, également signalée par deux pierres tombales, au milieu de la salle principale, enduites d'un chunam poli, un plâtre chaux teint en jaune. pietraLà, le sol était en marbre serti de pierres semi-précieuses et les jalis semblaient aussi délicatement découpés.
Mais c'était l'extérieur qui devait éblouir le visiteur, la surface entièrement ciselée d'étoiles, d'hexagones, de carrés, de fleurs, d'arcs et de courbes donnant l'impression qu'il y avait davantage d'incrustations que de marbre.
Pour choisir les joyaux qu'il faudrait sertir dans cette pietra dura, Mehrunnisa avait étalé des gemmes sur son tapis et longuement réfléchi avant d'opter pour des couleurs douces : de la sardoine pour les bruns, mais aussi des calcaires jaunes vifs, du jaspe vert foncé et le noir de l'héliotrope. Les rouges, les bleus, les roses restèrent sur le tapis."
(Michel Lafon - p.63-64)

Cela parle de l'Inde, du faste de l'empire moghol, d'art et de destins exceptionnels... comment pourrais-je ne pas le recommander ?  ;-)

D'autres avis : Esmeraldae et Armande.

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

Itimad_Agra
Mausolée d'Itimâd-ud-Daulâ, à Agra, construit à l'initiative de Nûr Jahân, l'épouse de Jahangir pour son père Mirza Ghiyas Beg - Il est souvent considéré comme un « brouillon » du Taj Mahal (source : Wikipedia).

Illustrations : photos d'incrustations selon la technique de la « pietra dura » qui consiste en des incrustations géométriques de pierres semi précieuses dans le marbre blanc (cf. L’ART DANS L’INDE DU NORD & L’ART DES MOGHOLS)