Ellory_seul
Editions : Le Livre de Poche - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Fabrice POINTEAU -
Titre original : A quiet belief in angels - Nombre de pages : 600

4ème de couverture :
Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

Mon avis :

Coup_coeur

J'ai adoré ce roman et vous devriez le lire... Je pourrais m'arrêter à cette simple affirmation mais je sens que cela ne vous convint guère... Je pourrais également vous dire : "Ouvrez ce livre, lisez les premières lignes et vous serez ferrés" mais je sens que, là encore, cela ne vous convint pas tout à fait... Alors, comment vous convaincre sans trop en dire ? Comment vous parler de ce livre sans en dénaturer l'ambiance et l'atmosphère ?

Je pourrais vous parler de l'intrigue : elle est intéressante et, à mon avis, très bien menée tenant son lecteur en haleine jusqu'au bout. On suit les différentes pistes, on s'attarde sur la cruauté des faits, on s'insurge, on s'interroge, on enquête et... on se fait (presque) avoir... Cependant, cantonner ce roman à son intrigue policière ne serait pas lui rendre justice car, à mon avis, ce livre n'est pas réellement un thriller, certains passages tenant plus du "simple" récit...
Alors, je pourrais vous parler du style de l'auteur : une écriture remarquable, très poétique, dotée d'une grande richesse de vocabulaire. Ajoutez à cela une construction originale avec un récit sous forme de rétrospective : récits entrecroisés d'un narrateur d'aujourd'hui et d'un narrateur du passé. 
Enfin, je pourrais tenter de vous parler de l'ambiance, de l'atmosphère lourde et légère à la fois qui se dégage de ce roman et qui nous empêche de respirer, de peur qu'un simple souffle fasse basculer le récit... Je pourrais vous dire qu'une fois plongée dans l'histoire, il est impossible d'en sortir. Vous aurais-je convaincu pour autant ? Je l'espère...

Dès le prologue (ou presque), Joseph Vaughan nous dit qu'il a retrouvé l'assassin et on sait même qu'il l'a tué mais ce n'est pas là l'essentiel : pourquoi l'a-t-il fait ? Pourquoi s'est-il senti suffisamment impliqué pour faire justice lui-même ?
Pour nous expliquer, Joseph Vaughan nous emmène avec lui dans son enfance, il nous fait cheminer à ses côtés tout au long de sa vie pour que nous comprenions bien pourquoi il en est arrivé là, quels ont été ses épreuves et ses choix ! Ainsi, tout comme Joseph enfant, on a aucun mal à voir la grande faucheuse au bout du chemin qui mène à sa maison lorsqu'elle vient chercher son père puis les premières victimes. De même, on ressent le malaise et comprend les interrogations de Joseph adolescent lorsqu'il surprend sa mère dans les bras d'un autre homme. Nous sommes également avec lui, volontaires pour faire partie des Anges gardiens et bien déterminés à protéger ces petites filles... Et nous espérons, avec lui, qu'une fois adulte et amoureux, les démons arrêtent de nous poursuivre...

Je vous laisse avec les premières phrases du roman, en espérant que ce prologue vous donnera envie de tourner la page...
"Coups de feu, comme des os se cassant.
New York : sa clameur infinie, ses rythmes métalliques âpres et le martèlement des pas, staccato incessant ; ses métros et cireurs de chaussures, carrefours embouteillés et taxis jaunes ; ses querelles d’amoureux ; son histoire, sa passion, sa promesse et ses prières.
New York avala le bruit des coups de feu sans effort, comme s’il n’avait pas plus d’importance qu’un simple battement de cœur solitaire.
Personne ne l’entendit parmi une telle abondance de vie.
Peut-être à cause de tous les autres bruits.
Peut-être parce que personne n’écoutait.
Même la poussière, prise dans le clair de lune filtrant par la fenêtre du deuxième étage de l’hôtel, soudain déplacée sous l’effet des coups de feu, reprit son chemin errant mais régulier.
Rien ne s’était produit, car c’était New York, et de telles morts solitaires et insoupçonnées étaient légion, presque indigènes, brièvement remémorées, oubliées sans effort.
La ville continuait de vaquer à ses occupations. Un nouveau jour commencerait bientôt, et rien d’aussi insignifiant que la mort ne possédait le pouvoir de les différer.
C’était juste une vie, après tout, ni plus ni moins."
(Le Livre de Poche - p.13)

A ne rater sous aucun prétexte...  ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30

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