willis
Editions : J'ai Lu - Traduction : de l'américain par Jean-Pierre PUGI -
Titre original : To say Nothing of the dog - Nombre de pages : 574

4ème de couverture :
Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dirige une équipe d'historiens qui voyagent dans le temps. Parmi eux, Ned Henry effectue ainsi d'incessants bonds vers le passé pour récolter un maximum d'informations sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid aérien nazi. C'est à lui que Dunworthy confie la tâche de corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues, qui a sauvé un chat de la noyade en 1888 et l'a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Or l'incongruité de la rencontre de ce matou voyageur avec un chien victorien pourrait bien remettre en cause... la survie de l'humanité !

Mon avis :
Qui n'a jamais rêvé de voyager dans le temps ? Visiter ces monuments qui ont fait la fierté et la gloire d'une nation mais qui ont aujourd'hui disparu ? Se mêler à la population d'une époque aujourd'hui révolue mais dont la douceur de vivre paraît bien tentante ? Eh bien, rassurez-vous, en 2050 (soit dans exactement 40 ans, ce n'est pas si loin que cela ;-) ), les voyages dans le temps seront monnaie courante ! Mais, pour avoir l'immense privilège de faire partie de ces voyageurs temporels, il faudra vous reconvertir en historien avisé car, ces voyages n'ayant malheureusement rien de lucratifs, ils seront réservés à la recherche historique ou... aux très riches mécènes ! Ainsi, vous aurez peut-être la chance de faire partie des historiens préférés de Lady Schrapnell qui souhaite faire reconstruire la cathédrale de Coventry détruite lors d'un raid allemand à l’identique et qui envoie à tout va des historiens dans le passé afin de retrouver (entre autres choses fort futiles ) ... la potiche de l’évêque !

Cependant, il est nécessaire de bien prendre garde à deux petites recommandations avant d'entreprendre ces voyages (oh combien !) intéressants :
1. Tout d'abord, il convient de ne jamais (mais vraiment jamais) influer sur les événements ! L'historien se doit d'être un observateur avant tout et toute action qu'il aurait l'audace d'entreprendre pourrait avoir de graves conséquences sur l'Histoire voire sur l'avenir de l'humanité toute entière ! Heureusement, des sécurités fiables existent et préservent le système des gaffeurs... enfin, en théorie...
2. Ensuite, il convient de ne pas faire trop de sauts dans le temps sous peine de souffrir de déphasages dont les symptômes ne sont pas bien méchants mais pourraient occasionner quelques petits désagréments : surdité, sentimentalisme écoeurant, fixation sur des détails...
Et gare aux voyageurs qui enfreindraient ces règles... ils pourraient leur arriver quelque mésaventure !

Alors, rien d'étonnant à ce que la panique s'empare de tous lorsque Verity Kindle sauve un chat victorien de la noyade et le ramène en 2050 !! Que faire ? Heureusement, Ned Henri, historien averti et hautement qualifié, est disponible et peut ramener ce chat à son époque... Certes, il souffre actuellement de déphasages aigus suite aux nombreux sauts dans le temps effectués pour le compte de Lady Schrapnell mais rien qui ne puisse être surmonté aisément... Et c'est là que les choses commencent à se gâter...

Plongée dans l'époque victorienne, dans une histoire totalement rocambolesque où les situations sont absurdes, les jeunes filles totalement niaises et dénuées de bon sens, les hommes soit éperdument amoureux, soit obsédés par une passion quelconque (les poissons par exemple !), j'ai beaucoup apprécié cette lecture loufoque et légère. L'histoire est originale et les situations sont même parfois très drôles : c'est un vrai plaisir de lecture. Mais je trouve que l'intrigue est beaucoup trop longue à se mettre en place et certains passages sont assez lents à mon sens et nuisent un peu au plaisir de lecture,  notamment les nombreuses cogitations de Ned et Verity sur l'identité du mystérieux futur mari de Tossie : cela me paraissait tellement évident que j'ai eu du mal à comprendre qu'ils ne devinent pas plus tôt !!

A noter un petit côté très sympathique à ce livre : les très nombreuses références aux auteurs de romans policiers de la première moitié du XXe siècle, Agatha Christie en tête : dommage que Ned et Verity ne mettent pas plus en pratique les enseignements de leurs détectives...

Morceau choisi (j'ai parlé de niaiserie ?) :
"- Princesse Arjumand ! Ma Juju ! Tu es revenue vers maman !
La chatte était si impatiente de retrouver sa maîtresse qu'il fallut la retirer de ma chemise une griffe après l'autre, mais je pus finalement la remettre à Tossie qui la comprima contre sa poitrine en libérant des chapelets de petits cris de joie.
- O monsieur St. Trewes ! roucoula-t-elle à Terence. Vous m'avez rapporté ma chère, ma très chère Juju !
Elle frotta son nez contre le museau de cette chère, très chère Juju.
- A s'était perdue dans le noir, ma Juju ? A n'avait eu très peur ? Mais le gentil monsieur a l'avait retrouvée. Dis merci au gentil monsieur, ma Juju.
Cyril renifla de mépris et même la "très chère Juju" parut saisie de dégoût. Eh bien, voilà qui règle la question, me dis-je. Terence va se ressaisir et nous pourrons regagner Oxford et laisser cette écervelée épouse monsieur C., ce qui permettra au continnum de se racommoder."
(J'ai Lu - p.213)

Une lecture agréable et quelque peu loufoque à savourer en totale décontraction... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

Un grand merci à Argentel qui m'a offert ce livre dans le cadre du swap Happy Face organisé par Stephie et Stéphanie.

Cette lecture est une lecture  en commun avec Manu et Karine:) : allons voir ce qu'elles en ont pensé...