Vernes
Editions : Le Livre de Poche - Nombre de pages : 169

4ème de couverture :
Paris, 1960 : une métropole splendide, étincelante d’électricité, reliée à la mer par un gigantesque canal, sillonnée d’autos et de métros silencieux… Tel est le monde fascinant qu’ont forgé, conjuguant leurs efforts, la Finance et la Technique. Pourtant, cet avenir radieux a son envers. Seuls quelques marginaux, méprisés, bientôt vaincus par la misère et la faim, persistent dans le culte de l’Art et de la Poésie, tandis qu’un état omniprésent organise la distribution du savoir scientifique…
Composé avant les « Voyages extraordinaires », refusé par l’éditeur Hetzel, ce roman aura attendu cent trente ans avant de revoir le jour. Surprenant par la pertinence de son information scientifique, il vaut aussi et surtout par l’acuité de son analyse des intrications de l’économie, de la technique et de la politique. Une vision ambiguë qui fait justice de l’image d’un Jules Verne chantre béat du Progrès. Et d’abord un roman prenant, coloré, où le grandiose se teinte volontiers d’un humour des plus sombres…

Mon résumé :
paris01Paris, 13 août 1960, jour de la remise des prix à la Société Générale de Crédit instructionnel, établissement d'enseignement publique (oh combien !) réputé. Michel Dufrénoy reçoit devant une assemblée hilare le premier prix de vers latins. Pourquoi hilare ? Tout simplement parce que dans le Paris du XXe siècle imaginé par Jules Verne, le latin n'est pas au goût du jour (ni le grec d'ailleurs) et Michel, en choisissant de briller dans cette matière qu'il apprécie, passe pour un original (voire un fou), tout en faisant honte à sa famille (à défaut de les faire rire, eux !)...
Mais quel métier Michel peut-il exercer avec une telle distinction ? Dans une société dominée par les sciences et le capitalisme dans sa pire expression, aucun malheureusement ! N'ayant aucune aptitude à mettre en avant pour rechercher un emploi, il se résigne à entrer dans la maison de banque de Casmodage et Cie, sous la "haute direction" de son cousin. Mais, très vite, il démontre ses piètres qualités pour travailler sur des machines et est relégué à un emploi où il doit dicter des articles pour Le Grand Livre de la banque...
Il aurait pu y passer une vie morne et paisible mais son amour immodéré des belles lettres, de la musique "musicale" et de la nature vont le conduire à sa perte...

Mon avis :
Autant le dire tout de suite et sans détours, je n'ai pas aimé ce roman ! Je ne suis pas forcément une admiratrice de Jules Verne et je crois bien que c'est le premier livre de cet auteur que je lis en tant qu'adulte mais, dans mon souvenir, les romans que j'ai lus adolescente de ce romancier m'entraînaient dans des aventures extraordinaires situées dans des lieux mystérieux et fascinants avec des personnages forts et courageux... Paris au XXe siècle n'a rien d'une aventure fascinante !

Ce roman, assez noir d'ailleurs, dresse le portrait d'une ville laide et triste dominée par la technologie (avec des sortes de voitures fonctionnant au gaz et un métro aérien assez déstabilisant) et l'argent (les banques disposent même de gigantesques caisses !). Pire que tout cela, les hommes ont perdu l'amour de l'art : la littérature est passée de mode et les libraires n'ont même jamais entendu parler de Victor Hugo (!), la peinture a disparu et la musique n'existe plus (enfin telle que nous la connaissons)... tout objet doit avoir une fonction scientifique !! En clair, ce monde imaginé par Verne est, pour moi, loin d'être idyllique !

Et que dire de l'histoire ? L'intrigue est sans surprise, la mini-romance niaise et inintéressante. Michel figure un "héros" terne et indolent, qui, petit à petit, se retrouve broyé par cette gigantesque machine technico-financière !! Bref, nous sommes trèèès loin du roman d'aventure !! De plus, j'ai trouvé certaines descriptions parfois longues et ennuyeuses, ce qui m'a rendu cette lecture parfois assez pénible... Heureusement, ce roman est court ! ;-)

paris17Morceau choisi :
" "Que désirez-vous, monsieur, lui dit l'employé, chef de la Section des Demandes.
- Je voudrais avoir les oeuvres complètes de Victor Hugo", répondit Michel.
L'employé ouvrit des yeux démesurés.
" Victor Hugo ?, dit-il. Qu'est-ce qu'il a fait ?
- C'est un des grands poètes du XIXe siècle, le plus grand même, répondit le jeune homme en rougissant.
- Connaissez-vous cela ? demanda l'employé à un second employé, chef de la Section des Recherches.
- Je n'en ai jamais entendu parler, répondit ce dernier. Vous êtes bien sûr du nom ? demanda-t-il au jeune homme.
- Parfaitement sûr.
- C'est qu'il est rare, reprit le commis, que nous vendions ici des ouvrages littéraires. Mais enfin, puisque vous êtes certain... Rhugo, Rhugo,... dit-il en télégraphiant.
- Hugo, répéta Michel. Veuillez demander en même temps, Balzac, de Musset, Lamartine.
- Des savants ?
- Non ! Des auteurs.
- Vivants ?
- Morts depuis un siècle.
- Monsieur, nous allons faire tous nos efforts pour vous obliger; mais je crains bien que nos recherches ne soient longues, sinon vaines.
- J'attendrai", répondit Michel."
(Le Livre de Poche - p.51-52)

Je ne vous le recommande pas... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

Les images qui illustrent cet avis proviennent du site canadien suivant : http://www.julesverne.ca.