JonassonEditions : Presses de la cité - Traduction : du suédois par Caroline BERG -
Titre original: Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann -
Nombre de pages : 455

4ème de couverture :
"Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s'autoriser quelques caprices"

Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au coeur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec quelques coups de pouce du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao…

Mon avis :
S_dermanland_landscape"On se dit qu’il aurait pu se décider avant et qu’il aurait dû au moins avoir le courage de prévenir son entourage de sa décision. Mais Allan Karlsson n’avait jamais été du genre à réfléchir longtemps avant d’agir." (Presses de la cité – p.9) Le jour de ses cent ans, alors qu’une fête est organisée par la maison de retraite de Malmköping où il séjourne - fête à laquelle, soit dit en passant, tous les notables de la ville ainsi que la presse locale sont invités - Allan Karlsson décide de se faire la malle! N’ayant pas eu le temps de se chausser correctement, c’est en pantoufles qu’il se rend à la gare. Là, à la recherche d’une paire de chaussures convenables, sans vraiment y penser, et sans doute pris d'une soudaine envie de faire enrager "un jeune homme dégingandé aux cheveux blonds longs et gras, à la barbe clairsemée et portant une veste de jean avec dans le dos l'inscription Never Again" (Presses de la cité – p.14), il décide de prendre le premier car en partance, embarquant avec lui la valise que le jeune homme lui avait confié afin d’aller se soulager dans des toilettes trop petites pour le contenir lui et son encombrante valise. Malheureusement pour Allan, la valise ne contenait aucune paire de chaussures mais était pleine à craquer de billets de cinq cents couronnes! Bien entendu, le "jeune homme dégingandé aux cheveux blonds longs et gras, à la barbe clairsemée et portant une veste de jean avec dans le dos l'inscription Never Again" et sa bande de dealers n'ont pas du tout l'intention de laisser filer cette valise sans rire dire...
Poursuivi par les policiers alertés par la maison de retraite, les journalistes en manque de nouvelles locales (et s'il s'agissait d'un kidnapping?) et une bande de malfaiteurs pas très bien attentionnés à son égard, notre joyeux et naïf (enfin pas tant que cela) centenaire, se retrouve embarqué dans une série d’événements totalement invraisemblables! Evénements au cours lesquels les membres de la bande de malfrats sont victimes d’"accidents" fatals assez drôles tombant à pic pour notre vieux monsieur!!

Au cours de sa cavale, Allan rencontre des personnages pour le moins tolérants voire totalement dérangés ou inconscients (telle Mabelle dont l’animal de compagnie n’est rien moins qu’une éléphante!!) qui vont l’accompagner dans son périple et alimenter sa folie douce… ;-) Mais tout ceci n'est rien en comparaison des aventures vécues par Allan pendant sa longue vie! En effet, artificier amateur de son état, Allan a su développer son adresse dans la manipulation des explosifs sans se douter un seul instant que ses talents allaient lui permettre de côtoyer tous les grands de son époque: Franco, Staline, Truman, Winston Churchill, Mao Tsé Toung, le demi-frère idiot de Einstein et j'en passe… Il a ainsi visité tous les continents et appris plusieurs langues. Une vie bien remplie, quoi!!

La construction du roman est assez intéressante et consiste en une alternance de chapitres sur les (més)aventures de notre vieux monsieur et sur le récit chronologique de sa longue vie truffée de rencontres plus ahurissantes les unes que les autres. Cette construction donne un rythme soutenu au récit et a fortement contribué à ce que je m’accroche à l’histoire car si j’étais assez intéressée par les aventures présentes de monsieur Karlsson, le récit de sa vie, bien que fort loufoque et souvent hilarant, est assez vite passé du statut de drôle et intéressant à celui de lourd et répétitif et m’a quelque peu ennuyée! Car, en effet, l’accumulation de rencontres plus invraisemblables les unes que les autres (toujours accompagnées d’alcools forts car, cela va sans dire, l’alcool favorise l’entente cordiale entre deux êtres) et de situations rocambolesques m’a beaucoup fait rire dans le premier tiers du livre, m’a lassée dans le deuxième tiers pour finir par m’agacer dans le dernier tiers : trop, c’est trop!!

Et au final, c’est cette impression qu’il me reste: un roman drôle, certes, mais trop absurde et incohérent par certains côtés pour que je puisse y croire et surtout y adhérer pleinement (même si, bien sûr, l’objectif de ce roman n’était certainement pas de nous faire croire à quoi que ce soit). Aaaahhh, je vous entends déjà me qualifier de femme sans aucun sens de l'humour... peut-être... mais j'ai la faiblesse de croire que cela n'est pas le cas et que ce livre n'était pas fait pour moi!

Morceau choisi :
"Allan trouvait incompréhensible que les gens aient eu envie de s'entretuer au XVIIe siècle. S'ils avaient patienté un peu, ils seraient morts de toute manière." (Presses de la cité - p.67)

Livre drôle, certes, mais qui n’a pas su me séduire jusqu’à la fin ! ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

D'autres avis bien plus enthousiastes que le mien : Amanda, Hélène et BoB.