Kureishi_h
Éditions : 10/18 - Traduction : de l'anglais par Michel COURTOIS-FOURCY -
Titre original: The Buddha of Suburbia - Nombre de pages : 414

4ème de couverture :
"Un "Paki", c'est-à-dire un enfant de Pakistanais émigrés, qui se raconte dans Le Bouddha de banlieue, un roman satirique, provocateur et hilarant, qui décoiffe tout son monde. Un roman avec un "carré blanc"... Mais qui n'en a pas moins été couronné par le Whitbread Prize et qui avait fait sortir de son silence Salman Rushdie : "Voilà exactement le roman que l'on pouvait espérer qu'Hanif Kureishi écrirait : sauvagement irrévérencieux et insolent, mais fondamentalement émouvant et plein de vérité. Et vraiment très drôle." Nicole Zand, Le Monde, 1991

Mon avis :
"Je m'appelle Karim Amir et je suis anglais de souche, enfin presque. On me considère souvent comme un drôle d'Anglais, un Anglais un peu bizarre, vu que je suis le fruit de deux vieilles histoires. Mais je m'en moque. Je suis anglais (pas vraiment fier de l'être) et j'habite la banlieue sud de Londres, bien décidé à faire mon chemin. [...] je courrais après les ennuis, les coups en tout genre, j'aimais les histoires, et surtout celles de sexe. Il faut préciser que les choses, je ne sais trop pourquoi, étaient dans notre famille d'un morne, d'un lourd, d'un pesant incroyables. Si vous voulez tout savoir, ça me déprimait complètement, si bien que j'étais prêt à n'importe quoi.
Puis un jour, tout a changé. Le matin, les choses étaient comme ça, et le soir, au moment d'aller au lit, elles étaient différentes. J'avais dix-sept ans."
(10/18 - p.9) Dès les premières phrases, le décor est planté : le roman raconte les premières années de Karim dans sa vie d'adulte. Comment son père se découvre tout à coup une vocation de "bouddha" et se met à enseigner le bouddhisme à des Anglais qui ne demandent qu'à être ébahis; comment son père quittera sa mère, fade vendeuse dans un magasin de chaussures pour une pétillante décoratrice d'intérieur; comment Karim se cherche sexuellement (homme ? femme ? les deux ?); comment son enfance de banlieusard londonien lui donne des complexes et le fait baver sur les belles maisons de Londres; comment il deviendra comédien; comment sa cousine, qui est également sa meilleure amie et son amante occasionnelle acceptera de se marier avec l'homme choisi par son père... En bref, comment Karim se lance dans la grande aventure de la vie !!

Honnêtement, j'attendais avec impatience de découvrir cet auteur dont j'entendais le plus grand bien mais, à chaque tentative de lecture, je refermais le livre, le moment n'était pas propice. Aussi, lorsque j'ai vu que Zarline se lançait dans l'aventure avec Saraswati, j'ai décidé de faire la route avec elles, histoire de me motiver...
Et les premiers chapitres ont été à la hauteur de mes attentes ! Rythme rapide, humour décapant, provocation et irrespect total agrémenté d'une pointe de tendresse, cela partait vraiment bien : j'étais aux anges ! Les personnages qui gravitent autour de Karim sont variés et attachants : il y a son père à la fois attendrissant et irresponsable, sa mère qu'on a envie de secouer, sa tante alcoolique, son oncle vandale à ses heures, sa belle-mère qui rêve de devenir quelqu'un, son autre oncle qui n'hésite pas à faire la grève de la faim pour obtenir ce qu'il veut, sa cousine émancipée qui ne garde pas sa langue dans sa poche, le mari de sa cousine, véritable caricature ambulante de l'immigré indien, son metteur en scène qui ne refuse aucune nouvelle expérience, surtout si elle est d'ordre sexuel... et j'en passe ! Autant de personnages servant de prétexte pour décrire avec brio une époque où la "libre utilisation" du sexe n'était pas encore synonyme de MST, les drogues n'avaient pas encore généré leurs lots de toxicomanes, l'immigration n'était pas encore devenue un argument politique... Bref, une époque où la société, bien que loin d'être idéale, apparaît bien insouciante, libertine et tout de même assez nombriliste...
Par ailleurs, les très nombreuses références littéraires et musicales ont alimenté ma soif de culture, ce qui ne gâche rien ! Certes, vous allez trouver que je suis d'une inculture édifiante mais je ne connaissais pas du tout Catherine Cookson, Edmund Gosse, les Who (ben non, je ne savais pas qui étaient les Who!), Syd Barett ou encore John Lennon (non, pour celui-là, je blague...) ;-)

Oui, la première partie du roman m'a réjouie. Malheureusement l'impression n'a pas duré et, vers la 200ème page, j'ai commencé à trouver la vie de Karim bien moins intéressante, les chapitres sur ses débuts de comédien m'ont paru longs et un tantinet ennuyeux et sa propension à se regarder vivre m'a largement lassée... Mon esprit a donc commencé à vagabonder et, quand on sait que je lis beaucoup dans les transports en commun et que la construction du roman est assez fouillis avec beaucoup de va-et-vient, on comprend pourquoi j'ai dû relire plusieurs fois certains passages ! Ce qui n'a fait qu'empirer la situation ! Certes, j'ai tout de même réussi à terminer laborieusement la lecture de ce livre mais j'en ressors extrêmement déçue ! Cela a-t-il suffit à gâcher la très bonne impression laissée par 200 premières pages ? Malheureusement oui !! ;-)

Morceau choisi (à propos des Anglais)
"- [...] pourrais-tu arrêter de te planter là avec ton air tellement anglais ?
- Qu'est-ce que tu veux dire par anglais ?
- Je veux dire coincé, prétentieux, moralisateur, sans amour, incapable de danser. Ils sont terriblement étroits, les Anglais. C'est le royaume des préjugés." (10/18 - p.372)

Allons voir les avis de Zarline et Saraswati.

Recalé malgré une première partie bien prometteuse ! ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30