Tagore_vagabondÉditions : Gallimard / Collection L'imaginaire -
Traduction : du bengali (Inde) par Christine BOSSENNEC et Kamaleswar BHATTACHARYA -
Nombre de pages : 225

4ème de couverture :
Les nouvelles de Rabîndranâth Tagore le placent parmi les grands maîtres de cet art dans le monde. Elles illustrent les qualités de son génie, sa vive imagination alliée à une vue pénétrante de la réalité, son sens large de l'humain, son intolérance pour l'injustice et l'erreur. Tagore a observé le drame des humbles vies des villageois avec une sympathie et une compréhension infinies; en les décrivant, il réussit à leur donner le pouvoir de nous intéresser et de nous émouvoir profondément.

Mon avis :
Au risque de vous lasser, c'est encore un recueil de nouvelles de Rabîndranâth Tagore, lu avec grand plaisir, que je vous présente aujourd'hui... Et, comme toujours avec cet auteur, j'ai passé un excellent moment, savourant la plume de l'auteur, les histoires variées, l'humour et la dénonciation de l'intolérance, des injustices et des traditions barbares (comme le sati)... Un vrai régal à déguster sans modération ! Certes, certains pourraient me faire remarquer que ces histoires semblent bien démodées, voire dépassées de nos jours; à ceux-ci, je dirai que l'amour et l'amitié sont des sentiments intemporels et que la nature, bien que malmenée par les hommes, reste la même et Tagore la décrit à la perfection !

Dans Le Vagabond, un couple et leur petite fille de neuf ans rentrent chez eux en bateau. En chemin, ils rencontrent un très jeune brahmane, Tara. Très vite, la famille s'attache au jeune homme et, bientôt, une union est envisagée mais est-ce si simple d'emprisonner une âme libre et un coeur épris de Mère Nature ?

Dans Le Trésor caché, un homme cherche un vain le trésor promis par un sannyasi mais où cette quête le mènera-t-il ? Et à quel prix ?

Darjeeling2Dans Nuage et Soleil, Tagore nous raconte avec beaucoup de poésie et d'humour le destin d'un jeune homme épris de justice et d'une petite fille amoureuse de cet homme trop myope pour la remarquer... Cette nouvelle est vraiment très belle et nous montre comment nous sommes nous-mêmes acteurs de notre bonheur... ou de notre malheur !
"Il avait plu la veille mais ce jour-là il n'y avait aucun signe de pluie et un pâle soleil et des nuages dispersés s'amusaient à colorer des longues traînées de leurs pinceaux des champs où la moisson d'automne était déjà mûre. Le vaste paysage vert était touché un moment par la lumière qui lui donnait une blancheur éclatante, et l'instant suivant il était barbouillé par des ombres profondes et fraîches.
Tandis que les deux acteurs, le soleil et le nuage, jouaient leur partie dans le ciel tout entier qui était leur scène, d'autres pièces innombrables se jouaient au-dessous dans des endroits divers du théâtre du monde.
En ce lieu particulier où nous allons lever le rideau sur l'un de ces petits drames, nous voyons une maison au bord d'un sentier de village."
(Gallimard - p.79).

Dans Les illusions perdues, un jeune homme, fraîchement arrivé à Darjeeling, reçoit les confidences d'une femme sannyasi... Elle lui apprend que tout sacrifier par amour n'est pas forcément la meilleure des choses à faire !

Dans Le juge, Tagore nous montre que juger autrui est aisé mais jamais sans risque... 
"Comme l'automne, la fin de la jeunesse vient sur nous comme une période paisible et pleine de charme, où le fruit de la vie comme le blé mûr est préparé dans une atmosphère de belle sérénité. Les agitations de la jeunesse n'y sont plus à leur place. Les bases de nos vies ont été plus ou moins sûrement établies, notre personnalité s'est développée à travers les peines et les joies, dans un monde où le mal, comme le bien, e formé notre caractère. Nous avons alors retiré nos désirs de ce royaume enchanté qui est au-delà de notre atteinte, et nous les avons placés dans les limites des choses possibles. Nous ne pouvons plus attirer les yeux éblouis d'un jeune amour, mais nous devenons plus chers à ceux qui nous ont connus. Tandis que l'éclat de la jeunesse lentement se fane, la nature intérieure qui ne connaît pas de vieillesse s'imprime sur le visage et dans les yeux à force d'y avoir longtemps habité." (Gallimard - p.145-146)

Dans Le Bûcher funèbre, une jeune fille mariée à un mourant est forcée par son frère de monter sur le bûcher funéraire de son époux !

Dans La petite mariée, un jeune homme doit faire preuve de beaucoup de patience pour dompter sa jeune épouse sauvageonne et rebelle.

Dans L'Horoscope, Tagore nous démontre, là encore, que nous sommes acteurs de notre destin, quoi qu'en disent les astres... ;-)

A découvrir ! ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30