Ellory_vendettaÉditions : Le Livre de Poche - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Fabrice POINTEAU -
Titre original : A Quiet Vendetta - Nombre de pages: 763

4ème de couverture :
La Nouvelle-Orléans, 2006. La fille du gouverneur de Louisiane est enlevée. Le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités mais demande à s'entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité de lutte contre le crime organisé.
A cette condition seulement, il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. Commence alors une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va, peu à peu, faire l'incroyable récit de sa vie de tueur à gages au service de la mafia.
Dans ce thriller exceptionnel, R.J. Ellory retrace cinquante ans d'histoire du crime aux Etats-Unis, mêlant avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction.

Mon avis :
mercury"Dimanche. Une journée vive, lumineuse. La chaleur avait pris de la hauteur comme pour permettre aux gens de respirer. Des enfants torse nu, rassemblés au coin de Caroll et Perdido, s'aspergeaient d'eau au moyen de tuyaux en plastique qui serpentaient paresseusement depuis les porches des maisons à toits de bardeaux bâties en retrait de la rue, derrière un barrage d'hickorys et de chênes noirs. Leurs cris perçants, peut-être plus des cris de soulagement que d'excitation, s'éparpillaient tels des serpentins dans l'atmosphère lourde, enivrante. Et ce vacarme, celui des balbutiements de la vie, fut la première chose que John Verlaine entendit lorsqu'il fut réveillé par la sonnerie stridente du téléphone; et un coup de fil à cette heure-ci signifiait, en règle générale, que quelque part, quelqu'un était mort." (Le Livre de poche - p.21) La Nouvelle-Orléans, un homme est retrouvé affreusement massacré à coup de marteaux et le coeur arraché dans le coffre d'une voiture hors d'âge : une Mercury Turnpike Cruiser de 1957. John Verlaine est chargé de l'enquête. Il piétine, aucun indice si ce n'est la constellation des Gémeaux dessinée sur le dos de la victime...
Et puis, tout s'enchaîne : un homme appelle les services de police, c'est le coupable, il s'appelle Ernesto Perez. Il a kidnappé la fille du gouverneur de Louisiane, l'homme retrouvé dans la voiture était son garde du corps. Perez propose de se rendre et de dire où est gardé Catherine mais il y met des conditions : il ne dévoilera ses informations qu'à Ray Hartmann et selon le rythme qu'il a choisi. Pourquoi Ray Hartmann ? Il n'a rien de particulier. C'est un agent spécial de New York, il fait partie de la sous-commission sur le crime organisé; originaire de La Nouvelle-Orléans, il a fui la Louisiane il y a longtemps, elle ne lui rappelle que des souvenirs douloureux... En prime, il est tombé dans l'âbime de l'alcool depuis quelques années, le métier de policier étant parfois difficile à supporter : tout ce que l'on est obligé d'accepter, de voir... au risque de perdre sa famille !
Commence alors le récit de Perez, un récit positivement incroyable ! Tueur méthodique et froid, il a travaillé de nombreuses années pour la famille, la vraie, celle qui a fait de la Cosa Nostra sa foi et il raconte son histoire qui débute à La Nouvelle-Orléans, passe par La Havane, New-York, Los Angeles, Chicago... une épopée entachée de crimes, d'assassinats, de viols, tout cela avec un détachement, un sens du devoir et une abnégation qui fait froid dans le dos !

J'ai adoré ce roman et vous devriez le lire, c'est ainsi que je débutais mon avis sur Seul le silence du même auteur et, honnêtement, si l'auteur ne s'était pas laissé aller à une certaine complaisance dans l'horreur des descriptions des scènes d'assassinats et crimes en tout genre, j'aurais sans aucun doute débuté de la même façon mon avis sur ce livre. Car j'ai aimé, vraiment, et ceci malgré le thème qui ne m'inspirait pas du tout ! En effet, je n'ai jamais été une férue d'histoires mafieuses et avoir une tartine sur le sujet ne m'enchantait pas vraiment mais, ayant été plus que charmée par le premier roman sorti en France de cet auteur et alléchée par la lecture commune organisée par Manu, je me suis laissée séduire et, ô combien, j'ai eu raison !

Dès les premières lignes, R.J. Ellory m'a happée dans son univers, j'ai été à nouveau séduite par son style, ses mots, sa richesse de vocabulaire, ses descriptions nettes qui m'ont fait voyager à travers le temps et l'espace : j'ai senti les odeurs, entendu les sons, vu les couleurs : j'y étais (alors même que je ne connais pas du tout La Nouvelle-Orléans ou tout autre lieu décrit dans ce roman) !! J'ai ressenti cette atmosphère à la fois lourde et légère lorsque Perez décrit son passé et celle pesante et oppressante lors des entractes avec Ray Hartmann car, tout comme lui, je voulais savoir, avoir le fin mot de l'histoire et j'espérais tout comme lui qu'il retrouve sa famille et que cette entrevue ne ruine pas ses chances de rédemption... C'en était presque stressant et il m'a été très difficile de me détacher de l'histoire...

Et l'intrigue ? Elle est intéressante, les flashbacks d'Ernesto Perez nous entraînent dans l'Amérique des années 50 à nos jours, de l'adolescence d'un jeune cubain pas si innocent que cela à l'adulte embarqué dans le crime organisé grâce à ses qualités de tueur sans pitié ni remords ! On y croise les grands noms de l'époque et qui saurait vraiment dire où finit le réel et où débute la fiction ?
Entrecoupant le récit mafieux, l'enquête sur la disparition de la fille du gouverneur n'avance qu'à hauteur des informations que veut bien fournir Ernesto Perez alors que les jours passent et que l'espoir de Ray s'estompe peu à peu... La fin se devine bien aisément mais qu'importe, le plaisir est là !

Morceau choisi :
"Certains d'entre nous vivent pour se souvenir; d'autres vivent pour oublier; certains d'entre nous, même aujourd'hui, nous font croire que nous travaillons dans un but qui nous dépasse. Laissez-moi vous dire, c'est un mensonge. Ce n'est pas compliqué, c'est même presque trop simple pour le croire. Comme la foi. La foi en quoi ? La foi en Dieu ? La plus grande chose qu'ait accomplie Dieu a été de nous faire croire au monde qu'il existait. Regardez un homme dans les yeux au moment de sa mort et vous verrez qu'il n'y a rien. Juste une obscurité dans laquelle se reflète votre visage. C'est aussi simple que cela." (Le Livre de Poche - p.205)

A lire...  ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30

Lecture commune avec Petite Fleur, Kikine, Belledenuit, Canel et Manu.

D'autres avis : Amanda et Ys.

"Quando fai i piani per la vendetta, scava due tombe - una per la tua vittima e una per te stesso... Si tu cherches la vengeance, creuse deux tombes... une pour ta victime et une autre pour toi." (Le Livre de poche - p.230)