Tartt_maitreÉditions : Pocket - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre ALIEN -
Titre original: The Secret History - Nombre de pages: 706

4ème de couverture :
Fuyant la station-service paternelle, bourse en poche, Richard doit son entrée à l'université de Hampden, dans le Vermont, à son opportunisme bien plus qu'à son talent. Prêt à tout pour arriver haut, et vite, le voilà introduit dans la classe du professeur Julian, voué à l'étude des Anciens, grecs et latins. Bastion de savoir et de snobisme, la petite communauté vit en vase clos, avec deux mots d'ordre : discipline et secret.
Très vite, Richard devine sous le vernis des apparences une tache indélébile, du rouge le plus sombre. Tout ici n'est que vice, secret, trahison, manipulation.

"C'est magistral et d'une effarante perversité." Françoise Giroud

Vermont3Mon avis :
"La neige fondait dans la montagne et Bunny était mort depuis plusieurs semaines quand nous avons fini par comprendre la gravité de notre situation. [...] Nous n'avions pas eu l'intention de cacher le corps là où on ne l'aurait pas retrouvé. En fait, nous ne l'avions pas du tout caché mais simplement laissé là où il était tombé dans l'espoir qu'un passant infortuné tomberait dessus avant qu'on ait même remarqué son absence." (Pocket - p.13) Dès les première phrases du prologue, Donna Tartt nous scotche et nous oblige à lire ce roman en nous dévoilant d'emblée ce qui pourrait constituer une fin parfaite : Bunny est mort, ses amis l'ont tué. Dans quelles circonstances ? Pourquoi ? Richard Papin, le narrateur, nous entraîne alors dans les coulisses de cette histoire...

"Mon père était méchant, notre maison était laide, et ma mère ne faisait pas attention à moi; mes vêtements étaient nuls, mes cheveux trop courts, et à l'école personne ne m'aimait énormément; et comme tout cela se vérifiait depuis toujours, j'avais l'impression que les choses continueraient sans doute dans cette veine déprimante aussi longtemps que je pouvais l'imaginer. En bref : je sentais que mon existence était compromise d'une façon subtile mais essentielle." (Pocket - p.20-21) Richard Papin, jeune étudiant boursier de 19 ans, fuit sa famille qu'il n'aime pas (et qui le lui rend bien) et se retrouve un peu par hasard à l'université d'Hampden, dans le Vermont. Très vite, il s'intéresse à la classe de grec ancien dirigée par le professeur Julian Morrow et souhaite s'y inscrire. Mais faire partie de cette classe, c'est aussi adhérer pleinement au groupe d'étudiants qui la constitue; groupe formé de cinq étudiants uniquement. Il y a tout d'abord Henry, le leader froid et arrogant, les jumeaux Charles et Camilla dont la relation semble parfois bien ambigüe, Francis, le jeune homme toujours élégant, gentil et serviable et Bunny, le balourd du groupe, en plus d'être bavard et avide de profiter de l'argent de ses compagnons... Richard, malgré un caractère assez effacé va, petit à petit, être accepté par ce cercle très fermé... mais les apparences sont bien trompeuses et Richard se doute qu'il n'est pas dans toutes les confidences et qu'un lourd secret unit ses compagnons... D'ailleurs, n'aurait-il pas mieux valu qu'il reste en dehors de toute cette histoire ?

Aucun doute : j'ai beaucoup aimé la première partie de ce roman. J'ai été littéralement scotchée au livre jusqu'à l'assassinat de Bunny !  Tout concourrait à me plaire :
* des personnages riches, fouillés, atypiques et plein de mystère;
* une ambiance équivoque, lourde et chargée émotionnellement;
* une intrigue qui ferait presque perdre la notion du bien et du mal avec un assassiné bien plus désagréable que ses assassins;
* et une écriture maîtrisée et habile...
Oui, c'est, sans aucun doute, un roman qui gagne à être lu et je comprends parfaitement qu'il constitue le coup de coeur de beaucoup de lecteurs et lectrices (j'ai d'ailleurs lu tellement d'éloges sur ce roman que je me demande s'il n'est pas "LE" livre le plus apprécié de la blogosphère...).

Mais j'ai trouvé la deuxième moitié du roman longue, moins intéressante et l'ennui  a parfois pointé son perfide nez ... J'ai par ailleurs longtemps attendu un retournement de situation, une révélation, que sais-je, un truc qui n'est jamais venu... C'est dommage, cela a quelque peu gâché mon plaisir de lecture !

C'est pourquoi, bien que je garderai certainement un bon souvenir de ce livre, ce roman n'est pas un coup de coeur : trop d'attentes et pas assez d'imprévu (et, au risque d'en froisser plus d'un, pas assez de machiavélisme) ! A mes yeux, ce pavé aurait largement supporté 200 pages de moins... ;-)

Morceau choisi :
"Nous n'aimons pas le reconnaître, mais l'idée de perdre contrôle est quelque chose qui fascine plus que tout, ou presque, les gens aussi contrôlés que nous le sommes. Tous les peuples vraiment civilisés - les anciens non moins que nous - se sont civilisés par la répression volontaire du soi archaïque, animal." (Pocket - p.61)

A découvrir ? ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30

D'autres avis : Allie, Calypso, Kalistina, Karine:), Leiloona et Zarline.