Siddhartha_Hermann_HesseÉditions : Le Livre de Poche - Traduction : de l'allemand par Joseph DELAGE -
Titre original : Siddhartha - Nombre de pages : 158

4ème de couverture :
Un jour vient où l'enseignement traditionnel donné aux brahmanes ne suffit plus au jeune Siddhartha.
Quand des ascètes samanas passent dans la ville, il les suit, se familiarise avec toutes leurs pratiques mais n'arrive pas à trouver la paix de l'âme recherchée. Puis c'est la rencontre avec Gotama, le Bouddha. Tout en reconnaissant sa doctrine sublime, il ne peut l'accepter et commence une autre vie auprès de la belle Kamala et du marchand Kamaswani. Les richesses qu'il acquiert en font un homme neuf, matérialiste, dont le personnage finit par lui déplaire.
Il s'en va à travers la forêt, au bord du fleuve. C'est là que s'accomplit l'ultime phase du cycle de son évolution. Dans le cadre d'une Inde recréée à merveille, écrit dans un style d'une rare maîtrise, Siddhartha, roman d'une initiation, est un des plus grands de Hermann Hesse, Prix Nobel de littérature.

BouddhaMon avis :
Siddhartha (signifiant en sanscrit "celui dont le but est accompli") est un jeune brahmane admiré par tous dans son village et particulièrement par son ami Govinda. Un jour, il en a assez de l'enseignement brahmanique et décide de suivre des samanas, ascètes prônant le détachement. Son ami Govinda l'accompagne. Vivant dans le plus grand dénuement et ne survivant que grâce à la charité des personnes vénérant les sages, ils passent de nombreuses années à méditer avec les samanas avant de rencontrer Gotama, le futur Bouddha. Mais, bien que subjugué par sa sagesse, et contrairement à son ami Govinda, il refuse de suivre la doctrine d'un autre et continue seul son chemin vers la vérité.
Il se perdra dans les bras d'une femme fatale, se laissera tenter par la richesse et la vie de débauche avant de retrouver la nature et de se poser auprès du fleuve de vie où, guidé par le passeur, il apprendra à l'écouter.

Siddhartha est une sorte de conte initiatique et, avant d'entamer cette lecture, j'avais lu et entendu profusion d'avis le qualifiant de roman indispensable ayant changé leur vie; c'est d'ailleurs sur les conseils d'une collègue totalement envoûtée par ce livre que j'ai acquis ce roman.
Honnêtement, je trouve ces avis très exagérés. Pour ma part, j'ai trouvé ce roman très intéressant et aucun doute que je le recommanderai à certains de mes proches : il est empreint de sérénité et certainement indispensable à tous ceux qui se cherchent ou souhaitent se "re"poser les questions essentielles sur leur vie. Mais ce n'est pas mon cas; c'est pourquoi je ne classe pas ce roman dans mes lectures inoubliables. Et même si je reconnais les qualités indéniables de ce récit à commencer par la plume particulièrement inspirée d'Hermann Hesse, je n'ai pas été plus emballée que cela par l'histoire de Siddhartha, qui s'inspire d'ailleurs fortement de celle de Bouddha, ni par la philosophie professée. Je ne suis absolument pas prête à me détacher des plaisirs terrestres et à regarder le fleuve couler en méditant sur ma vérité intérieure ou sur celle du monde. Trop jeune ? Sans doute mais certainement trop "bonne vivante" pour suivre sans contrainte cette philosophie qui ne manque pourtant pas de bon sens !!

Morceau choisi :
"Dis-moi, mon ami : est-ce que tu élèves ton fils? L’obliges-tu à faire ce qu'il doit? Le corriges-tu? Le punis-tu?
- Non, Vasudeva, je ne fais rien de tout cela.
- J’en étais sûr. Tu ne le contrains à rien, tu ne le bats pas, tu ne le commandes pas, parce que tu sais que la tendresse est plus forte que la dureté, que l’eau est plus forte que le rocher, que l’amour est plus fort que la violence. C’est très bien et je t’approuve. Mais ne te trompes-tu pas en t’imaginant que tu n’exerces sur lui aucune contrainte, que tu ne lui infliges aucune punition? Est-ce que ton amour même n’est pas un lien avec lequel tu le ligotes? Est-ce que tu n’aggraves pas toi-même son état, ne lui rends-tu pas la soumission plus difficile en le forçant à rougir de soi-même, par ta bonté et ta patience? Ne contrains-tu pas ce garçon, orgueilleux et gâté, à vivre dans une cabane en compagnie de deux vieux mangeurs de bananes pour qui un plat de riz est encore une friandise, dont les pensées ne peuvent être les siennes, dont le coeur s’est calmé avec les années et cherche d’autres satisfactions que le sien? Est-ce que tout cela n’est pas une contrainte, une punition?" (Le Livre de Poche - p.131)

Intéressant, à lire pour belle découverte ! ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30