CherianÉditions : Folio Poche - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Josette CHICHEPORTICHE -
Titre original : A Good Indian Wife - Nombre de pages : 500

4ème de couverture :
Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans un grand hôpital de San Francisco, il n'échappera pas à un mariage arrangé - une tradition presque immuable en Inde. Au cours d'un bref voyage pour voir sa famille, le piège se referme et le voilà lié à Leila, qu'il n'a vue qu'une seule fois.
Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente, mais il n'en veut pas. Il préfère, de loin, son explosive maîtresse californienne. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Leila va attendre son heure et, sans bruit, sans drames, sans scènes, réserver à son époux bien des surprises.

Avec ce premier roman, Anne Cherian porte un regard surprenant sur les mariages arrangés et nous offre, entre Orient et Occident, une histoire d'amour comme une bouffée d'air pur.

Mon avis :
"La question le dérouta. Elle lançait la conversation comme s'il s'agissait d'une interview. Il se demanda si elle était l'une de ces femmes en apparence réservées, mais qui en réalité se contrôlaient. Les Occidentaux croyaient les Indiennes dociles, à cause de leurs sourires timides et de leur discrétion, mais il n'était pas dupe. Mummy avait probablement tout dirigé une fois mariée à Père. En présence d'autrui, elle se comportait toujours en épouse soumise. Mais Neel connaissait la vérité [...]. Les clés de la maison étaient coincées dans son sari, à la hauteur de la taille et, selon une vieille plaisanterie indienne, une autre clé était attachée au nez de Père. Où qu'elle aille, il suivait."  (Folio Poche - p.75)
Suneel, qui se fait appeler "Neel" parce que cela fait plus américain, est un brillant médecin installé aux Etats-Unis. Il fréquente sa jolie secrétaire blonde, Caroline, mais ne s'affiche pas avec elle devant tout le monde, statut oblige ! Un jour, sa mère l'appelle et lui demande de rentrer en Inde pour revoir une dernière fois son grand-père malade mais, dès son arrivée, Neel comprend qu'il a été piégé et que ses parents ne pensent qu'à une seule chose : le marier. Contre toute attente, il accepte de s'unir à Leila, une jeune fille belle et intelligente mais sans dot et "un peu âgée pour se marier" (elle a à peine 30 ans !) Il compte bien l'abandonner en Inde pendant qu'il continuera sa liaison sulfureuse avec Caroline aux Etats-Unis.

Une bonne épouse indienne aurait très certainement donné une excellente romance bollywoodienne, pratiquement tous les ingrédients du genre y sont :
* la jeune fille intelligente, belle, soumise en apparence mais qui sait tirer son épingle du jeu lorsqu'il le faut tout en respectant scrupuleusement les traditions,
* le jeune homme à qui tout réussit, qui lorgne sur le mode de vie occidental mais rentre bien entendu "dans le droit chemin" dès que les valeurs ancestrales de l'Inde sont en jeu,
* les parents très traditionnels
* et l'amour, enfin, qui triomphe comme il se doit même si pour cela il a fallu écraser le coeur des personnages secondaires au passage...
Oui, cette histoire aurait très certainement constitué un très bon script de film "made in Bollywood" avec beaucoup de couleurs, de chansons entraînantes, de danses aux chorégraphies osées et de bons sentiments. Mais cela donne un livre ennuyeux, auquel on ne croit pas une seule seconde et dont la fin se devine dès les premières pages ou presque.

Certes, il y a quelques bons éléments notamment une vision à contre courant des mariages arrangés, des personnages féminins assez développés et qui auraient pu être intéressants mais cela ne suffit pas à faire oublier le côté trop convenu de l'histoire, les nombreux clichés qui jalonnent le roman et l'agacement face au personnage de Neel qui ne rechigne aucunement à coucher avec sa jolie secrétaire blonde et écervelée mais qui disparaît lorsque les choses deviennent plus sérieuses parce qu'il a honte de s'être entiché d'une secrétaire ! C'est donc extrêmement déçue que j'ai tourné la dernière page.

Morceau choisi :
"- Ton grand-père… », reprit Tante Vimla. Elle jeta un coup d’œil à Tattappa et s’empressa d’ajouter : « Et ta mère et ton père aussi, nous aimerions tous te voir marié. Donc, avec l’aide de ta mère, j’ai pris quelques dispositions pour toi. De bonnes dispositions. Des filles exceptionnelles. Tu n’auras qu’à t’asseoir et à regarder. Si l’une d’elles te plaît, tu t’assieds à nouveau pour te marier. C’est aussi simple que cela." (Folio Poche - p.48)

Pour les amateurs de bons sentiments... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

D'autres avis : Agnès, Hélène et Sweet.