Simonson
Éditions : 10/18 - Traduction : de l'anglais par Johan-Frédérik HEL-GUEDJ -
Titre original : Major Pettigrew's last stand - Nombre de pages : 539

4ème de couverture :
À Edgecombe Saint Mary, en plein coeur de la campagne anglaise, amour courtois et tasse de thé sont de rigueur ! Mais quand un flegmatique major s'amourache d'une modeste Pakistanaise, les langues se délient et les collets montés frémissent... Confrontés aux préjugés des villageois, ou le racisme ordinaire sévit tout autant dans les soirées privées que sur les bancs de messe, les obstacles pour leur amour seront nombreux... Un roman à déguster avec scones et marmelade.

Mon avis :
"L'espèce humaine est partout la même, dès qu'il s'agit de relations de coeur [...]. Une absence saisissante de maîtrise des pulsions associée à une totale myopie." (10/18 - p.277). Ernest Pettigrew... oups, le major Ernest Pettigrew, soixante-huit ans, veuf depuis quatre ans, vit une retraite paisible à Edgecombe St Mary, un petit village anglais. A la mort de son frère, il ne rêve plus que d'une seule chose : réunir les deux Churchill (fusils de chasse) dont chaque frère avait hérité à la mort de leur père. Mais les aspirations de son fils Roger et surtout quelques rencontres avec Mme Jasmina Ali, une voisine d'origine pakistanaise veuve tout comme lui, vont lui faire revoir ses priorités : peu à peu, le major va se rappeler que l'amitié, l'amour, la compassion et le don de soi sont des valeurs beaucoup plus sures que deux fusils !

Bibury_Cottages_in_the_CotswoldsLa dernière conquête du major Pettigrew est un roman très agréable à lire, léger, dont le ton moqueur et l'ambiance rappelle l'univers des romans de Jane Austen (désolée pour les puristes, je n'ai encore que très peu de références en la matière mais c'est vraiment l'impression que cela m'a donné ;-) ). Dès les premières pages, on se doute de la chute mais ce n'est pas ce qui nous empêche de tourner les pages et d'apprécier cette lecture 'so britsh' jusqu'aux points des phrases ;-).
Et nous voilà surpris à rêver d'une bonne tasse de thé bien chaude qui résout tous les maux dans un de ces cottages typiquement anglais, à sourire lors des interventions des femmes de la paroisse qui régissent toute la vie de cette petite commune, à se rappeler qu'il faut montrer patte blanche et avoir de solides références pour avoir l'insigne honneur de faire partie du club de golf très select du coin, à s'étonner (et bouillir intérieurement) du snobisme des gentlemen anglais qui ne se sentent plus d'avoir le privilège de participer au massacre d'animaux qui ne leur ont rien demandé lors de parties de chasse branchées, à s'énerver contre ces gens bien pensant qui clament haut et fort qu'ils accueillent toujours à bras ouverts les étrangers dès lors qu'ils restent dans leur pays, à s'amuser des clichés sur les américains tapageurs, à sortir nos crocs lorsque les requins de la finance de Londres lorgnent sur les belles campagnes anglaises... bref, à vivre pleinement le récit en s'amusant ! Et ce ne sont pas les quelques longueurs que l'on ressent parfois qui nous gâchent le plaisir de lecture !

Morceau choisi :
"A l'inverse de toi, qui doit procéder à une analyse coût-bénéfice de toutes les relations humaines, dit-il, je n'ai aucune idée de ce que j'espère obtenir. Je sais seulement que je dois essayer de la voir. L'amour, c'est cela, Roger. C'est quand une femme chasse toute pensée lucide de ton esprit, quand tu es incapable d'échafauder des stratagèmes de séduction et quand les manipulations habituelles t'échappent, quand tous tes plans soigneusement élaborés n'ont plus aucun sens et tout ce que tu peux faire, c'est rester muet en sa présence." (10/18 - p.451).

A découvrir. ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30

D'autres avis : Keisha, Dominique, Papillon, Lili Galipette et Cryssilda qui n'a pas aimé.