THAILAND-Bangkok-night-life

john-burdett-bangkok-8Éditions : 10/18
Traduction : de l'anglais par Thierry PIELAT
Titre original : Bangkok 8
Nombre de pages : 420

"[...] nous entrons dans la vieillesse, nos péchés se sont peu à peu accumulés. Nous ne voyons pas comment nous aurions pu nous comporter autrement compte tenu des mauvaises cartes que nous avait distribuées le destin à notre naissance et voilà maintenant que nous pensons à l'inévitable note karmique qu'il nous faudra payer. Cette vie a été dure ? Et ce cul-de-jatte sur son affreux plateau à roulettes qui mendie sur le trottoir ? Dans sa vie antérieure, il n'a pas pu être aussi mauvais que nous, c'était un saint en comparaison de nous." (10/18 - p.126-127)

Bangkok - "Krung Thep veut dire Cité des Anges, mais nous nous faisons un plaisir de l'appeler Bangkok, dans la mesure où ça aide à soulager les farangs de leur argent" (10/18 - p.14) - , 8ème District. L'inspecteur Sonchaï Jitpleetcheep enquête sur la mort d'un GI américain attaqué par des dizaines de serpent dont un Naja siamensis. Sonchaï est d'autant plus concerné par la résolution de cette enquête que les serpents ont également tué son coéquipier et frère de coeur Pichaï. Et parce que la victime était américaine, Sonchaï doit faire équipe avec Kimberley Jones, une enquêtrice du FBI qui ne connaît pratiquement rien à la Thaïlande...

Véritable plongée au coeur de Bangkok, ce roman se lit d'une traite. Au-delà de l'enquête policière, John Burdett nous invite à découvrir intimement cette ville tentaculaire, ses bas-fonds, sa corruption, son tourisme sexuel... tout un univers que le personnage principal, le flic métis Sonchaï, bouddhiste convaincu et sans doute seul policier de la ville à ne pas être corrompu, connaît par coeur, ne serait-ce que parce que sa mère exerçait avec talent et conviction le métier de prostituée. Et les joutes oratoires entre Jones et Sonchaï apportent un humour piquant plus que savoureux lorsque la logique occidentale se heurte à la philosophie bouddhiste...

Bangkok 8 est un polar très bien ficelé, passionnant et qui ne tombe pas dans la facilité : à découvrir !

"Dans la première étape de l'industrialisation, le mariage est encore fait pour durer toute la vie, comme dans les économies agricoles non développées. A l'étape suivante, les gens se marient en sachant qu'ils divorceront. Au stade d'après, on trouve des gens qui se marient pour pouvoir divorcer. Et puis, au XXIè siècle, l'amour n'est plus qu'une petite anomalie passagère sur votre chemin de carrière, quelque chose qui peut vous faire arriver en retard à votre travail pendant une semaine avant que vous en guérissiez. La triste vérité est qu'il est incompatible avec la liberté, l'argent et l'égalité. Qui peut encore rester à la colle avec son alter ego pour la vie ? Les êtres humains sont des prédateurs, qui aiment chasser et manger le faible pour se sentir fort un moment. Et vous ?" (10/18 - p.201)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30

bangkok-tatoo_burdettÉditions : 10/18
Traduction : de l'anglais par Thierry PIELAT
Titre original : Bangkok Tattoo
Nombre de pages : 381

"La renaissance, voilà comment cela se passe, farang (au cas où tu te poserais la question) : tu te prélasses sur un magnifique balcon ouvert sur le ciel étoilé, on entend une musique divine, si parfaitement jouée que c'en est presque insoutenable, quand il se produit tout à coup quelque chose de terrible : l'harmonie magique se rompt en une innommable cacophonie. Que se passe-t-il ? Es-tu en train de mourir ? Tu peux le dire de cette façon. Ce bruit affreux est le premier cri du bébé : toi. Tu es né dans un corps humain où toutes les fautes commises dans ta vie antérieure ont laissé leur empreinte, et il te faut maintenant passer les soixante-dix ans qui suivent à tenter péniblement d'entendre à nouveau la musique. Pas étonnant que nous pleurions." (10/18 - p.116)
Dans ce deuxième opus, Sonchaï doit mener l'enquête sur la mort d'un américain retrouvé dans une chambre d'hôtel émasculé et écorché. Tout désigne Chanya, la meilleure de ses prostituées qui travaille dans le club qu'il dirige avec sa mère, d'ailleurs elle a elle-même avoué avoir commis le meurtre. Mais l'affaire n'est pas très claire : Chanya connaissait-elle la victime ? L'avait-elle rencontré lors de son séjour aux Etats-Unis ? Pourquoi Vikorn, le supérieur hiérarchique de Sonchaï - hautement corruptible en plus d'être trafiquant de drogue - souhaite-t-il que Sonchaï mène une pseudo-enquête sur les milieux islamistes ? Voilà qui est loin d'être limpide pour Sonchaï qui, en bon exécutant, obéira aux ordres de son chef !

Avec Bangkok Tattoo, John Burdett nous offre un deuxième voyage éblouissant dans l'intimité de Bangkok aux côtés de Sonchaï Jitpleetcheep, ce flic incorruptible du 8è District. Tous les ingrédients du premier tome se retrouvent ici avec plaisir : la philosophie bouddhiste de Sonchaï qui évolue dans un monde où le sexe, la drogue, le meurtre et la corruption sont monnaie courante, les interpellations au lecteur farang - étranger occidental - ignorant et englué dans sa logique cartésienne à mille lieues de la sagesse orientale et qu'il convient d'éduquer - "[...] la société occidentale pose de multiples problèmes, mais il y en a sans doute un qui détruira la civilisation. Je veux parler de votre incapacité à concevoir que vous pouvez vous tromper." (10/18 - p.332) - , une enquête étrange et loin d'être convenue et un humour décapant. On en redemande forcément !

Une série à découvrir... ;-)

"Ah, l'immédiateté des communications modernes ! Je crois que j'aurais préféré vivre à l'époque de la marine à voile, lorsque les lettres mettaient des mois pour voyager d'un continent à l'autre et qu'on pouvait facilement mourir du choléra ou d'un coup de chaleur avant de savoir quel traitement notre correspondant à l'autre bout du monde avait réservé à nos sentiments." (10/18 - p.82)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30