Karine-Giebel-Meurtres-pour-redemption
Éditions : Pocket - Nombre de pages: 992

4ème de couverture :
Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au coeur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption...

PRISONHANDs

Mon avis :
"Tous les soirs se ressemblent, les nuits aussi. Et les jours, c’est pareil.
À quoi se raccrocher, alors ?
Aux repères, ceux qui rythment le temps, évitant qu’il ne devienne une hideuse masse informe.
S’y cramponner, comme à des arbres au milieu d’une plaine infinie, à des voix au cœur du silence.
À chaque heure, quelque chose de précis. Gestes, odeurs ou sons.
Et, au-delà des murs, le train." (Pocket - p.11)

Hum ! Par quoi commencer ?
Je découvrais cette auteur avec ce roman et avais beaucoup d'attentes au début de ma lecture, de nombreux amis m'ayant décrit Karine Giebel comme incontournable pour qui aime le genre. Alors, oui, je me suis plongée dans ce livre pleine d'espoir, ravie de découvrir (enfin !) cette "reine" du thriller.
Et, de fait, les premières pages m'ont beaucoup plu : l'écriture était fluide, les flash-backs donnaient du rythme au récit et je n'avais aucun mal à imaginer cet univers carcéral rude, violent et sans pitié. Mais, petit à petit, l'ennui a commencé à pointer le bout de son nez, j'avais l'impression de relire encore et encore les mêmes passages remplis de violence, de colère, de haine, de barbarie parfois, de douleur et je ne voyais pas le récit avancer. Et, lorsque, oh joie !, après 500 pages avalées laborieusement, un événement survient, j'ai espéré la rédemption promise par le titre mais ce n'était malheureusement qu'un leurre et le récit retombe dans ses répétitions sans fin...
Par ailleurs, je n'ai pas cru au personnage de Marianne et l'ai trouvée antipathique. C'est une écorchée vive n'ayant jamais connu l'amour de ses parents, élevée par des grands-parents visiblement déficients en matière de sentiment et qui, toute sa courte vie, s'est laissée dominer par ses colères (colères qui l'ont directement dirigée vers cette prison où elle purge une peine à perpétuité d'ailleurs) ! Ses pensées et actions ne m'ont pas paru cohérentes, elle passe de l'apathie à la colère presque sans transition et s'entête à l'extrème au détriment de sa survie. Et que dire de son soi-disant amour pour son geôlier ? Non, vraiment, je ne peux pas croire qu'elle puisse tomber amoureuse d'un homme qui l'a battue presque à mort et qui lui fait payer les cigarettes et la drogue dont elle a besoin avec du sexe ! Cela ressemble plus à un syndrome de Stockholm qu'à de l'amour tant c'est irrationnel !  Certes, elle est très jeune et s'est retrouvée enfermée dès ses 16 ans, sans avoir eu le temps de connaître le sentiment amoureux, mais cela ne me convainc tout de même pas...

Bref, c'est donc un rendez-vous raté pour moi. Mais je ne renonce pas et lirai très certainement un autre titre de Karine Giebel, histoire de vérifier cet avis plus que mitigé !

Morceau choisi :
"Il imposait sa loi dans le moindre recoin de ses chairs. Avait anéanti jusqu’à sa volonté, rendu illusoire tout espoir de fuite.
Lui. Le manque.
Plus de cigarettes, pas de drogue.
Oui, elle aurait marché sur les mains pour en avoir. Oui, Daniel avait gagné, il lui suffisait de revenir demander n’importe quoi. Sauf qu’il n’était pas revenu.
Marianne se haïssait. Tu dépends de lui, tu n’es pas libre. Drôle de se reprocher ça derrière des barreaux ! Mais justement, cette liberté, l’ultime, celle que personne n’aurait dû pouvoir lui voler, elle l’avait perdue en essayant de s’évader. Elle payait le prix fort pour d’éphémères voyages. Elle dépendait d’un homme parce qu’elle était faible.
"
(Pocket - p.84)

A discuter ! ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30