HornbyÉditions : 10/18 - Traduction : de l'anglais par Nicolas RICHARD -
Titre original : A Long Way Down - Nombre de pages : 334

4ème de couverture :
La nuit du Nouvel An, à Londres, quatre personnages atypiques, déçus par leur existence et bien décidés à faire le grand saut, se retrouvent sur le toit d'un immeuble de quatorze étages... Martin, présentateur vedette de la télévision, dont la carrière et la famille ont été brisées par un scandale retentissant; Maureen qui n'en peut plus de s'occuper, seule, d'un fils handicapé; Jess, souffrant d'une grosse peine de coeur, pleine d'amertume (et d'alcool); et J.J., jeune Américain dont les rêves de devenir rock star ont finalement disparu. Outre le désespoir, ce quatuor improvisé a en commun... une petite faim et retrouve peu à peu, autour d'une pizza, le goût de la vie.

"De loin, ça pourrait ressembler à un conte sinistre, mais Nick Hornby change tout ce qu'il touche en rire. Le résultat est aussi inattendu qu'hilarant." Glamour

Mon avis :
"Il s'est donné la mort après avoir constaté en toute objectivité que sa vie était un putain de désastre" (10/18 - p.18) Tout à fait par hasard, un soir de Nouvel An, quatre suicidaires se retrouvent sur le toit d'un immeuble afin d'en finir avec la vie. A priori, ces personnes n'ont rien en commun, hormis le fait de vouloir faire un plongeon de plusieurs mètres !! Il y a :
* Martin, l'ex-présentateur télé, qui vient de purger une peine de prison pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure,
* Maureen, une mère célibataire qui s'empêche de vivre depuis la naissance de son fils handicapé,
* Jess, une adolescente totalement déséquilibrée, inculte et extrêmement grossière qui vient de se faire plaquer par son mec,
* et JJ, une jeune Américain ex-rockeur devenu livreur de pizza qui ne sait pas trop où sa vie le mène tout en sachant qu'elle ne le mène pas là où il voudrait (sur la scène devant un public conquis !)
Après des présentations plus ou moins houleuses des différents protagonistes, les langues se délient, chacun raconte son histoire (qui, bien entendu, est plus misérable que celle de son voisin !) autour d'une pizza arrivée bien à propos...

J'ai beaucoup aimé l'humour corrosif de ce roman, Nick Hornby réussit parfaitement à nous faire rire tout en traitant d'un sujet dramatique avec son lot de lourd vécu et de tristes histoires... Les personnages sont complexes, englués dans une vie qui ne leur correspond plus, qu'ils ne comprennent plus et, surtout, qui ne les satisfait plus ! Alors, tour à tour, ils prennent la parole et expose leur triste vie, ils en deviennent attachants, forcément (sauf Jess qui ne peut pas aligner trois mots sans dire une grossièreté, qui est têtue et se montre parfois très bête, ce qui m'a profondément agacée) !
Cependant, assez vite, les rencontres de ces quatre protagonistes ont sonné faux à mes oreilles. Jess, en chef d'orchestre du groupe, m'est apparue fatigante et totalement hors de propos parfois et cela m'a ennuyée, me désintéressant de leur histoire... C'est dommage, d'autant plus que Nick Hornby ne s'est pas trompé dans la fin qu'il nous propose : nous se sommes pas dans "le monde de Mickey" et les problèmes ne se règlent pas tous en deux coups de cuiller à pot !!

C'était ma première rencontre avec cet auteur mais certainement pas la dernière car ce livre, à défaut de me plaire totalement, a au moins eu l'avantage de me faire découvrir l'humour acide de cet auteur, humour que j'ai vraiment hâte de retrouver dans une autre histoire (sans Jess).

Morceau choisi :
"Vous avez vraiment envie de savoir pourquoi j'ai voulu sauter du haut d'un immeuble ? Je vais vous le dire. Je ne suis pas complètement idiot. Il y a une explication logique, car c'était une décision logique, le fruit d'une véritable réflexion. Même pas une réflexion très sérieuse, d'ailleurs. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il s'agissait d'un coup de tête, mais rien non plus de terriblement compliqué, ou douloureux. On peut présenter les choses de la manière suivante : vous êtes, par exemple, le sous-directeur d'une banque à Guildford, et vous avez envie d'émigrer. Justement, on vous propose de diriger une banque à Sydney. Même si la décision vous paraît évidente, avant de donner votre réponse, il faudra quand même que vous y réfléchissiez un peu, non ? Pour savoir si vous pourrez supporter de déménager, quitter vos amis et vos collègues, expatrier femme et enfants. Alors vous vous asseyez avec un bout de papier et vous dressez la liste des pour et des contre. Par exemple :

CONTRE : Parents âgés; amis; club de golf.
POUR : Salaire plus élevé; meilleure qualité de vie (maison avec piscine, barbecue, etc); mer, soleil; pas de commissions gauchistes pour censurer "J'ai du bon tabac dans ma tabatière"; pas de directives européennes pour interdire les saucisses britanniques, etc.

Le choix est vite fait, n'est-ce-pas ? Le club de golf ! Laissez-moi rire. Évidemment, vos parents âgés vous font hésiter un instant... Mais seulement un instant, et encore, très court. Allez, je ne vous donne pas dix minutes avant que vous téléphoniez aux agences de voyage.
Voilà, telle était ma situation. J'avais beaucoup, beaucoup de raisons de sauter. Le seul élément figurant dans ma colonne des contre, c'était les enfants. Mais de toute manière, Cindy ne me laisserait jamais les revoir. Je n'ai pas de parents âgés, et je ne joue pas au golf. Sans vouloir froisser le bon peuple de Sydney, on pourrait dire que le suicide était mon Sydney à moi."
(10/18 - p.13-14)

A discuter... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

Un grand merci à Argentel qui m'a offert ce livre dans le cadre du swap Happy Face organisé par Stephie et Stéphanie.