Lectures de Lounima

21 juin 2016

Raphaël Le Mauve - Le Testament Secret de Pépito Mac Strumbble

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Éditions : La Découvrance - Nombre de pages : 157

4ème de couverture :
Inutile de faire une quelconque recherche sur l’histoire des Mac Strumbble : vous ne trouverez rien. Officiellement, il n’y a jamais eu de clan Mac Strumbble, nulle part, même pas en rêve. L’Histoire, dit-on, est écrite par les vainqueurs. Chez les Mac Strumbble, on décida qu’on n'écrirait rien car, même s’il y aurait beaucoup à dire, il n’y aurait rien à écrire.
Malheureusement, il fallut que Pépito Mac Strumbble ouvre sa grande bouche un soir de beuverie délirante à l’Auberge du Tout-Venant, établissement bien connu des abrutis en tous genres et autres gibiers de potence. Mais, déjà l’Histoire s’égare et devient rumeur.
Toute ressemblance avec des faits ou des personnes ayant existé n'est ni le fruit du hasard ni celui d'une quelconque coïncidence, évidemment.

Scotland_Mon avis :
Un clan écossais oublié des Hommes, une organisation matriarcale d'un autre âge, une vallée protégée par un Oracle tout puissant, une femme qui perd les pédales, un homme qui oublie de se taire... et le chaos s'installe !

Alors que je tourne tout juste la dernière page de ce roman, que puis-je en dire ?
J'ai souri, un peu.
J'ai ri, à peine.
J'ai froncé les sourcils, beaucoup.
Je me suis interrogée sur le sens de l'histoire, souvent.
Et je me suis ennuyée, sérieusement !
Alors, oui, le sentiment qui prédomine à la fin de cette lecture est malheureusement l'ennui. Les personnages sont peu fouillés, perdus dans une histoire à la construction hasardeuse qui, à mon avis, ne tient pas debout ! Les descriptions sont sommaires et n'ont pas réussi à me faire voyager au coeur de l'Ecosse. L'idéologie défendue par les personnages est si peu développée que je ne l'ai pas comprise et n'ai donc pas pu adhérer au combat des personnages ! Et, enfin, l'écriture, bien que drôle parfois, est si répétitive qu'elle en devient lourde ! C'est donc très déçue que je ressors de cette lecture : quel dommage !

Morceau choisi :
"Les Mac Strumbble firent souche dans le fin fond du nord de l'Ecosse, dans une vallée de larmes et de désolation selon la terminologie biblique. Plus retiré et déprimant, ça n'existait pas. Le climat était à l'hiver neuf mois sur douze et la terre n'était pas hostile, elle n'en avait rien à foutre qu'on la cultive ou non. Chaque récolte était un martyre et laissait , dans le meilleur des cas, juste de quoi réessayer l'année suivante. La logique aurait voulu qu'on cessa d'"agriculturer" mais c'était la tradition et fallait pas aller contre." (La Découvrance - p.7)

Grosse déception mais faites-vous votre propre avis ! ;-)

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indexJ'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio. Je remercie donc Babelio et les éditions La Découvrance pour l'envoi de ce livre.

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16 juin 2016

Bulbul Sharma - La vie troublée d'un tailleur pour dames

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Éditions : Albin Michel - Traduction : de l'anglais (Inde) par Dominique Vitalyos -
Titre original : The Tailor of Giripul - Nombre de pages: 377

4ème de couverture :
Janak le tailleur est mélancolique. Il rêve de gagner l’amour de Rama, sa si belle et maussade épouse, sans oser lui avouer sa flamme. Car à Giripul, au pied de l’Himalaya, le mariage est moins une affaire de sentiments que de raison. Dans sa boutique, par contre, les clientes adorent se confier à Janak, lui raconter leurs rêves. Ou leurs cauchemars.
Un soir, alors que la communauté est rassemblée sous le chapiteau d’un magicien ambulant, un cadavre se matérialise devant la boutique de Janak, bouleversant la vie du paisible Giripul. Tout le monde devient suspect : la coiffeuse chinoise, maîtresse du chef de village, Shankar le pêcheur qui s’est improvisé détective, Lala, le patron du salon de thé et son cuisinier ex-tueur à gages… Le petit tailleur arrivera-t-il à résoudre le mystèrBulbul Sharmae et Giripul à retrouver enfin la sérénité ?

Regorgeant des parfums, des couleurs, des sons d’un petit paradis oublié par le temps, un roman sur l’Inde comme on en lit peu, servi par la plume sensuelle, pleine de tendresse et d’humour de Bulbul Sharma.

Peintre et illustratrice, Bulbul Sharma est l'auteure de plusieurs romans et recueils de nouvelles, dont : La Colère des aubergines, Mes sacrées tantes, Mangue amère et Maintenant que j'ai cinquante ans. Professeure d'arts plastiques auprès d'enfants handicapés, elle partage son temps entre Londres, New Delhi et son village des contreforts de l'Himalaya.

Mon avis :
"Lentement, une ruelle après l'autre, Giripul s'éveillait. Les maisons tournèrent leur regard vers le ciel où jouaient quelques panaches blancs, puis vers la vallée pour découvrir les champs baignés par le jeune soleil de l'été. Tout en piquant à la machine, Janak fredonnait une vieille chanson de film. C'était une matinée paisible, aucun souci ne venait troubler ses pensées. Il était loin de se douter que se serait la dernière avant de longs mois." (Albin Michel - p.13)
Janak est tailleur pour dames dans le village de Giripul, situé près de Simla au nord de l'Inde. Homme de talent et consciencieux, les femmes défilent dans sa petite boutique (qu'il a nommé "Giripul Pink Rose Ladies Tailor - Service d'urgence à la demande", tout un programme !). En plus de leurs mensurations, elles lui confient leurs pensées, les sachant bien gardées auprès de ce tailleur silencieux qui ne rêve, lui, que de se faire aimer de sa lunatique épouse, Rama. La vie s'écoule paisiblement pour Janak qui apprécie la tranquillité et le calme jusqu'au jour où la troisième épouse du mukhiya (le chef du village) lui raconte son rêve atroce : elle tranchait la tête de son mari avec une serpette ! Dès lors, Janak devine que le calme de Giripul est menacé surtout lorsqu'il voit débarquer sa belle-mère et son perroquet !

La vie troublée d'un tailleur pour dames est un livre doudou dont on apprécie la lecture non pas pour l'intrigue en tant que telle mais pour toutes ces petites histoires dans l'histoire, tous ces petits riens, qui, mis bout à bout, définissent une vie. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les personnages de ce roman, m'interrogeant sur leurs préoccupations, le sourire aux lèvres. Janak réussira-t-il à gagner l'amour de son épouse (tout en conservant le secret absolu sur son amour, car, quelle honte ce serait pour lui si on apprenait qu'il est amoureux de sa femme !) ? Le chef du village conservera-t-il sa tête ? Shankar se révélera-t-il en détective ? La troisième épouse découvrira-t-elle le secret de son époux ? Quand la belle-mère de Janak rentrera-t-elle chez elle avec son insolent perroquet ? Pour qui est l'ensemble rose commandé par le chef du village ? ... autant de petites et grandes questions qui trouvent toutes leurs réponses la dernière page tournée.

Morceaux choisis :
"La maison ne s'était jamais remise, elle non plus, de la trahison de son propriétaire. Au fil des années, elle était devenue aussi lunatique que sa jeune épouse et que les tenues de sa défunte mère. Les jours fastes, elle respirait l'ouverture, la lumière et la joie, et quand Jarnak sortait, les fenêtres clignaient de l’œil à son adresse comme de vieux amis, les marches luisaient, les portes souriaient en lui grinçant un aimable au revoir." (Albin Michel - p.49)

"Rama observait son mari en train de manger. Il n'était pas laid, mais pas beau non plus. Ni grand. Ni très fort. En fait, il s'essoufflait rapidement lorsqu'il grimpait ou descendait la colline et c'était elle qui devait porter leur fils dans ses bras. Contrairement aux hommes virils, il parlait et plaisantait rarement à voix haute, ne riait pas à gorge déployée, bouche grande ouverte, en découvrant le bout de sa langue. Il avait des petites dents de souris et quand il souriait, ses lèvres tombaient." (Albin Michel - p.92)

Une auteur à découvrir ! ;-)

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13 juin 2016

Pierce Brown - Trilogie Red Rising (T1: Red Rising, T2: Golden Son, T3: Morning Star)

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Éditions : Hachette Editions - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par H. Lenoir -
Titre original : Red Rising (T1: Red Rising, Golden Son, T3: Morning Star) -
Nombre de pages : (T1: 480 + T2: 528 + T3: 544)

Mon résumé :
"J’aurais voulu vivre en paix. Mes ennemis m’ont jeté dans la guerre.
Je regarde mille deux cents de leurs enfants, les meilleurs et les plus forts d’entre eux. Ils écoutent le discours d’un Or sans cœur qui se dresse, tel un aigle, entre des piliers de marbre. Ils écoutent le monstre qui a fait naître cette rage qui me dévore le cœur.
— Non, les hommes ne naissent pas égaux. Les faibles cherchent à vous tromper. Ils prétendent qu’ils devraient hériter de la Terre. Ils prétendent que le devoir des forts est de les défendre. Voilà le Noble Mensonge de la Démokratie. Voilà le cancer qui ronge l’humanité.
Ses yeux transpercent ses disciples, un par un.
— Nous sommes les Ors. Nous sommes le couronnement de plusieurs siècles d’évolution. Nous sommes nés pour dominer et diriger le troupeau des Couleurs inférieures. C’est votre héritage et votre responsabilité…
Il se tait quelques instants.
— Mais ce pouvoir a un prix. Il doit être mérité. Conquis. La puissance, la suprématie, les empires se gagnent par le sang. Vous n’êtes encore rien et ne méritez rien. Vous êtes des enfants, vierges de toute cicatrice. Vous ne connaissez pas la douleur. Vous ignorez les sacrifices qu’ont endurés vos ancêtres. Mais bientôt, vous saurez. Bientôt, nous vous enseignerons pourquoi les Ors doivent régner. Et je vous promets que parmi vous, seuls ceux qui se montreront dignes de ce pouvoir survivront.
Sauf que je ne suis pas un Or.
Je suis un Rouge."
(Red Rising - Hachette - p.6)
Dans un monde où les hommes naissent sous une couleur qui détermine leur fonction et, ainsi, leur place dans la Société, comment espérer une Humanité heureuse et épanouie ? Darrow est né Rouge, la couleur la plus basse dans la pyramide, celle à laquelle incombent les tâches les plus dures et les plus ingrates. Il creuse le sol de Mars pour en extraire l'hélium 3, le minerai qui permettra la terra-formation de la planète rouge, la rendant viable pour les milliers d'hommes et de femmes entassés sur une Terre et une Lune mourantes. Darrow est heureux, autant que l'on puisse l'être à travailler comme un forçat pour une noble cause, même si cela implique de vivre sous terre et sans espoir de voir la lumière du jour. Mais un jour, son monde s'écroule : il perd sa merveilleuse épouse Eo et se rend compte que son monde n'est que mensonge et illusion.
Dès lors, il s'engage dans une vengeance sans merci !

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Mon avis :
Wouaououou ! Quelle trilogie ! Voilà  bien longtemps que je n'avais autant appréciée une aventure fantastique ! Et quelle aventure ! Quel univers ! Pierce Brown, pour son premier coup d'essai, a réussi à me tenir en haleine sur les trois tomes sans jamais faiblir tout en me plongeant dans un monde passionnant et original !

Rien n'est à jeter dans cette trilogie !

1. L'univers est riche et complexe avec un système de couleurs original et bien vu, fortement marqué par la mythologie grecque. Certes, on retrouve des systèmes de groupes ethniques avec spécialisation des fonctions dans d'autres dystopies (par exemple, Divergente de Veronica Roth) mais, jusqu'à présent, je n'avais jamais lu de roman décrivant un système qui associe spécialisation des fonctions et hiérarchisation sociale, rendant le monde construit par l'auteur structurellement injuste.
Par ailleurs, l'unique loi régissant la société est la loi du plus fort : c'est donc un univers profondément cruel, dur, violent et amoral !

2. Les personnages sont nombreux, fouillés, aux caractères bien trempés ! Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en leur compagnie et, qu'on les aime ou qu'on les déteste, ils ne laissent pas indifférents... et bien malin qui arrivera à percer les mystères de tous ces personnages aux multiples facettes et ne se laissera pas surprendre par certaines de leurs actions !
Darrow, personnage central de cette trologie, est particulièrement intéressant et contrasté et son évolution entre le premier et le troisième tome est passionnante à suivre.

3. L'aventure est captivante ! Quelle imagination ! Quels retournements de situation ! Si certains passages peuvent paraître longuets (surtout dans le premier tome lorsque Darrow doit gagner ses galons à l'Institut), cela est vite oublié par les renversements de situation et les stratégies audacieuses des protagonistes...

4. Enfin, l'écriture de l'auteur est particulièrement prenante. Pierce Brown fait entrer le lecteur dans la tête de Darrow et lui confie ses pensées, ses doutes, ses découvertes, sa vision du monde et de ce qui l'entoure avec moult détails qui rendent les paysages et les personnes qu'il rencontre réels. Mais ce que je trouve particulièrement bluffant, c'est la facilité avec laquelle l'auteur m'a fait ressentir les émotions de Darrow : exaltation, joie, amour, tristesse, effondrement, dégoût, douleur, etc., l'auteur a choisi les mots justes qui ont réussi à me faire vibrer avec son héros.

En résumé, Red Rising est une série que je conseille fortement aux lecteurs de Fantasy qui aiment les univers riches et les aventures exaltantes !
A noter toutefois que cette trilogie est classée dans les rayons Jeunesse des librairies, ce que je trouve assez étonnant et même inapproprié compte-tenu de la violence de certains passages et du caractère fortement amoral de l'univers (surtout dans les deux premiers tomes).

Morceaux choisis :
"Pendant sept cents ans, les miens ont été privés de liberté et d’espoir. Aujourd’hui, je suis leur glaive. Moi non plus, je ne pardonne pas. Je n’oublie pas. Qu’il m’entraîne donc vers sa navette. Qu’il pense me posséder. Qu’il m’accueille dans sa Maison – je serai d’autant mieux placé pour la réduire en cendres.
Sa fille me prend la main et, brusquement, le poids de mes mensonges m’accable. On dit qu’il est impossible de régner sur un royaume divisé ; on ne fait jamais mention du cœur."
(Golden Son - Hachette - p.10)

"Nu, attaché, roulé en boule, je repose au cœur des ténèbres, loin du soleil et des lunes, emprisonné dans un carcan de pierre. Je ne peux ni me redresser, ni m’étirer. Je suis tel le fossile de l’homme que j’étais autrefois.
Il y a des mois, des années, des millénaires que je n’ai pas déplié mon dos ou mes genoux. Mes articulations sont comme des joints rouillés. La douleur me rend fou. Combien de temps s’est-il écoulé depuis que mes amis sont tombés, morts, sur l’herbe verte ? Depuis que Roque a tendrement baisé ma joue, après m’avoir brisé le cœur ? Depuis que je suis seul dans le noir ?
Ici, dans ce tombeau, le temps ne s’écoule pas. Il est roche, pas rivière. Figé, inaltérable. Rythmé par les deux horloges de ma vie : mon souffle et les battements de mon cœur.
Inspirer. Ba-boum. Ba-boum.
Expirer. Ba-boum. Ba-boum.
Inspirer. Ba-boum. Ba-boum.
Et ainsi de suite, jusqu’à… jusqu’à quand ?"
(Morning Star - Hachette - p.17)

Une série à découvrir !! ;-)

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01 mars 2016

Philippe Loul Amblard - Rouge printemps, petit thriller rural et sans prétention

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Éditions : EditionsCréer - Nombre de pages: 260

4ème de couverture :
Dans une ferme isolée, perdue entre bosquets et vallons, Max pleure et s’enivre. Qu’est-ce qui a motivé la déchéance de cet ex-chirurgien ? Quel secret le ronge ?
Un matin de printemps, il va découvrir une mystérieuse jeune femme inanimée en pleine forêt.
Qui est-elle ? Comment a-t-elle échoué ici ? 
La rencontre improbable entre ces deux écorchés de la vie provoque quelques étincelles, surtout quand d’inquiétants personnages surgissent dans le sillage de la belle…

Mon avis :
Max vit dans une ferme isolé avec son chien Kérouac, ses chevaux, ses bouteilles de vin râpeux, sa marijuana et son mal de vivre. Dans les vapeurs d'alcool et les nuages de fumée de ses joints, il s'englue dans une torpeur quasi-permanente habitée par Isa, sa femme morte quelques années plus tôt.
Rachel, femme objet au service du Grec, vient de faire une grosse bêtise. Pour échapper aux assassins qui la poursuivent, elle entre dans le premier train en partance pour l'inconnu.
Et l'improbable se produit : le chemin de Rachel rencontre celui de Max. Comment Rachel, à la langue bien pendue, au langage ordurier, aux manières brusques et au corps de rêve et Max, ancien chirurgien de l'esthétisme féminin, au corps avachi par les substances illicites qu'il ingurgite à longueur de journée qui, depuis des années, ne parle qu'à son chien et dont la bibliothèque regorge de livres au langage châtié arriveront-ils à communiquer ?

Rouge printemps est un roman facile à lire, prenant et assez intéressant. L'histoire est peut-être un peu trop convenue, les stratégies pour se débarrasser des méchants un peu trop simplistes (et le lien entre la mort d'Isa et l'ancienne vie de Rachel m'a un peu fait bondir (évidemment !)) mais, une fois commencé, cette histoire se lit d'une traite, quelques 250 pages avalées le sourire aux lèvres et l'eau à la bouche à l'évocation des bonnes recettes du terroir (j'ai d'ailleurs prévu de cuisiner des Paupiettes de dinde de Jaligny). A noter que les illustrations de Bruno Bo Basset qui jalonnent le roman sont vraiment très belles : dommage qu'il n'y en ait pas plus !

En revanche, le style de l'auteur ne m'a absolument pas plu : trop axé sur le langage parlé et trop de néologismes même si ces derniers ne manquent ni d'originalité ni d'humour...

Morceau choisi :
"Moi qui osais tout, qui réussissais tout quand ELLE était à mes côtés, livré à moi-même, j'ai pu mesurer l'importance qu'ELLE avait prise dans ma vie. A l'intérieur de mon corps devenu une enveloppe vide, l'énergie avait fait place à la douleur. J'ai bien essayé au début, mais à l'instar des sables mouvants, plus je me débattais, plus je m'enfonçais. J'ai même tenté de revenir à mon ancienne vie, de renouer des relations, j'ai vite compris que je n'appartenais plus à leur monde, que je leur faisais honte. Comme je me fais honte à moi-même, quand, certains matins, dans la glace piquetée de l'armoire, je contemple ce que je suis devenu." (Editions Créer - p.40)

Une belle découverte et un auteur que je relirai sans doute... ;-)

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indexCréerJ'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio. Je remercie donc Babelio et les Editions Créer pour l'envoi de ce livre.

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07 février 2016

Lectures de janvier... Avis express

De la jeunesse et de la Young Adult, mes lectures de janvier m'ont emmenée bien loin de mes rivages habituels. Je n'ai pas apprécié toutes mes lectures mais je ne boude pas mon plaisir, j'ai passé quelques bons moments tout de même...

Litterature-jeunesse

les-etoiles-de-noss-head-t1-vertige-sophie-jomainSophie Jomain - Les étoiles de Noss Head (Tome 1 - Vertige)

Éditions : Rebelle
Nombre de pages : 382

Mon avis :
"Tomber amoureux me semblait si irrationnel et si dénué de sens, dans bien des cas. Au lycée, j’avais vu des couples se faire et se défaire, des amours éphémères qui mettaient les filles dans tous leurs états. Des pleurs, des portes qui claquent, des « Je ne pourrais jamais m’en remettre ! ». Ces situations me paraissaient tellement tortueuses. Au début on jure de s’aimer toujours, ça se termine, on pleure un bon coup et la semaine suivante on oublie « l’amour de sa vie » en craquant pour les yeux d’un ou d’une autre. Pff… Pathétique. Heureusement, je n’étais encore jamais tombée dans ce piège."
Hannah, dix-huit ans, le bac en poche, part, comme chaque été, en vacances avec ses parents en Ecosse où habite sa grand-mère. Alors qu'elle se prépare à passer des semaines mornes et sans intérêt, elle fait la connaissance du mec le plus canon qu'elle ait rencontré ! Elle qui n'est jamais tombée amoureuse, la voilà totalement sous le charme de Leith qui, de son côté, ne semble pas indifférent non plus au charme d'Hannah. Mais tout n'est pas si simple et Leith n'est pas l'homme qu'il semble être...

Tentée par de nombreux avis positifs concernant cette série, j'ai voulu me lancer dans l'aventure, direction l'Ecosse, auprès de cette jeune héroïne ! Malheureusement, si j'ai beaucoup aimé la mythologie inventée par Sophie Jomain dans ce roman, notamment autour du personnage de Leith, l'histoire ne m'a absolument pas convaincue.Tout d'abord parce que l'histoire ressemble énormément à Twilight, roman qui m'avait agacé et que je n'avais pas du tout aimé (cf. mon avis sur New Moon). Ensuite parce que l'héroïne m'a semblé cruche, naïve et énervante au possible. Et enfin parce que Leith, trop parfait, manque cruellement de relief !

Bref, c'est donc une grosse déception (en même temps, c'est de ma faute, mes vingt ans sont tout de même loin derrière moi...) et je ne poursuivrai pas cette série malgré tous les avis élogieux que j'ai pu lire sur les tomes suivants...

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PHOBOS_Victor_DixenVictor Dixen - Phobos

Éditions : Robert Laffont - Collection R
Nombre de pages : 433

Mon avis :
"Elle ne se doute de rien, répond sèchement Serena McBee en dégageant sa manche. Ils n'ont aucune idée de ce qui les attend, aucun d'entre eux, pas plus que les dizaines de journalistes qui les assaillent, les centaines d'ingénieurs qui les entourent ou les millions de spectateurs qui les regardent." (Robert Laffont - p.38) Atlas Capital, un fond d'investissement multinational, a racheté la Nasa et tous ses équipements au gouvernement des Etats-Unis. Pour rentabiliser son investissement, il lance la télé-réalité la plus incroyable jamais imaginée : le programme Genesis. Le principe ? 6 filles et 6 garçons, dans deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial en route vers Mars ont 6 minutes chaque jour, à tour de rôle, pour se plaire et former les 6 couples qui coloniseront la planète rouge ! Ils n'ont pas le droit à l'erreur, car ils n'ont pas de billet retour !

Phobos est un roman que j'ai lu d'une traite. L'histoire est originale, l'intrigue prenante, le rythme rapide, l'écriture fluide, les personnages attachants et contrastés. Oui, ce roman est un excellent page-turner. Mais... parce qu'il y a un "mais" malheureusement, je n'ai pas réussi à apprécier pleinement cette lecture. Les personnages manquent de profondeur, certains passages pêchent par leur manque de vraisemblance, et j'ai tourné la dernière page avec le sentiment étrange que cette histoire n'avait pas tenu toutes ses promesses... Est-ce que la lecture du deuxième tome me réconcilierait avec cette série ? Je n'en suis pas certaine, et je suis pour le moment indécise quant à l'intérêt que j'aurai à acheter le second volet...

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ecoleSoman Chainani - L'Ecole du Bien et du Mal

Éditions : Pocket Jeunesse
Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Leslie BOITELLE-TESSIER
Titre original : The School for Good and Evil
Nombre de pages : 478

Mon avis :
"- Admettons que je m'abaisse à ton niveau intellectuel et que je prétende gober tes inepties. Pourquoi serait-ce à moi d'entrer à l'Ecole des Méchants ? Pourquoi tout le monde m'a-t-il proclamée la Maîtresse du Mal ?
- Personne ne prétend que tu es mauvaise. Simplement, tu es différente. Tu t'habilles toujours en noir.
- Parce que ce n'est pas salissant.
- Tu ne sors jamais de chez toi.
- Là-bas, les gens ne me regardent pas de travers.
- Au concours d'écriture, ta Blanche-Neige se fait dévorer par des vautours et Cendrillon se noie dans sa baignoire.
- Je trouvais que c'était une meilleure fin.
- Tu m'as offert une grenouille crevée à mon anniv'!
- Pour te rappeler que nous sommes tous mortels, destinés à nourrir les asticots, et qu'il faut donc apprécier les anniversaires. Je pensais que c'était une attention délicate.
(PKJ - p.22)
Sophie et Agatha sont deux jeunes filles habitant Gavaldon, un village où, régulièrement, des adolescents disparaissent pour apparaître quelques temps plus tard dans les contes vendus par le libraire, M. Deauville. Sophie rêve d'être kidnappée pour intégrer un conte en tant que princesse. Agatha, bien plus terre à terre, ne souhaite pas quitter son cimetière ! Une nuit d'orage, les deux adolescentes sont enlevées par le Grand Maître et larguées dans l'Ecole du Bien pour Agatha et l'Ecole du Mal pour Sophie ! Horreur ! Le Grand Maître s'est trompé : Sophie est la princesse et Agatha la sorcière, il faut vite réparer cette erreur de casting !!

A bien des égards, L'école du Bien et du Mal m'a rappelé la saga Harry Potter : une école particulière, l'apprentissage de la magie (blanche ou noire selon son camp), des épreuves, des amitiés, des inimitiés, etc. et, d'une certaine manière, c'est ce qui m'a permis de rentrer dans l'histoire et d'apprécier cette lecture qui reste une lecture jeunesse de très bonne facture ! J'ai trouvé l'idée originale, l'histoire prenante, les personnages attachants. Certes, les réactions de certains personnages manquent de maturité, les caractères sont souvent caricaturaux (et Sophie est souvent énervante!), mais je me suis surprise à tourner les pages avec plaisir et à retenir ma respiration vers la fin, me demandant comment cette histoire allait finir !

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21 janvier 2016

Christelle Dabos - La passe-miroir (T1: Les fiancés de l'hiver, T2: Les disparus du Clairdelune)

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Éditions : Gallimard Jeunesse - Nombre de pages : T1: 528 + T2: 560

Mon résumé :
Ophélie, jeune femme myope, gauche et timide vit sur l’Arche d’Anima, une arche où tous les habitants ont la capacité d’interagir avec les objets. Elle-même a deux dons particuliers : elle peut « lire » les objets, c’est-à-dire qu’elle est capable de raconter l’histoire d’un objet tout en décrivant l’état d’esprit de ses propriétaires successifs et, don assez rare, elle peut se déplacer d’un endroit à l’autre à l’aide des miroirs.

Un jour, alors qu’elle a déjà refusé deux demandes en mariage, sa famille la fiance à Thorn, un homme d’une autre arche : l’Arche du Pôle. Or, Ophélie n'a malheureusement pas la possibilité de refuser (ce mariage diplomatique étant imposé par les Doyennes de l’Arche) et Thorn s’avère être un complet malotru : asocial et rustre ! Elle doit quitter sa famille et aller vivre à la Citacielle, la capitale flottante du Pôle.
Très vite, elle s’aperçoit qu’elle aura bien d’autres choses à craindre que le froid du Pôle. En premier lieu, les pouvoirs de sa nouvelle belle-famille qui ne semble pas l’apprécier ! En second lieu, tous les nobles de la Citacielle, tous ouvertement hostiles envers son fiancé qui semble être l’homme le plus détesté de la capitale !! En dernier lieu, Thorn lui-même qui se montre aussi froid que la glace et incapable de communiquer avec Ophélie.

Mon avis :
Fantasy, jeunesse,… ouh, là, là, mes lectures du moment m’entraînent bien loin de mes rivages habituels !! Mais cela n’est pas pour me déplaire… et, oui, contre toute attente, j’ai énormément apprécié la lecture des deux tomes de cette série de Christelle Dabos ! Et j’en suis la première étonnée, mes dernières lectures jeunesse m’ayant laissée totalement sur ma faim !!

Alors, qu’est-ce qui m’a tant plu dans ces deux romans ? Tout (ou presque) !

  • L’histoire : Bien loin d’être convenue, l’intrigue est haletante, les rebondissements inattendus et les éclaircissements distillés au compte-goutte. C’est addictif et je n’ai pu lâcher chaque livre tant je souhaitais connaître la suite !!
  • Les personnages : Ophélie, Thorn, Berenilde, Rosalie, Gaëlle, Renard, Archibald,… sans oublier l’écharpe, tous les personnages sont contrastés et difficiles à cerner ! Ophélie, qui au début du premier tome se montre résignée et timide se révèle bien moins obéissante en fin de roman malgré sa maladresse « Non, madame, je suis réellement très gauche. Un accident de miroir quand j’avais treize ans. ». Thorn, malotru et glacial de prime abord, se révèle attentionné envers les personnes qu’il estime. Archibald, libertin et gouailleur saura se montrer digne de confiance dans les moments difficiles« Ici-haut, il n’y a pas d’heure pour danser, médire et comploter. » Mais, je n’en dirais pas plus pour ne pas trop en dévoiler !
  • Le monde imaginé par Christelle Dabos : Les Arches sont des îlots isolés, survivants d’une grande "Déchirure". Chaque Arche dispose d’un "esprit de famille", être immortel et plus ou moins ancêtre de tous les habitants d’une Arche. Il est à l’origine de tous les pouvoirs dont disposent les familles. Ces pouvoirs sont d’ailleurs assez variés et les dons de "liseuse" ou de "passe-miroir" d’Ophélie sont loin d’être les plus étonnants !
  • L’énigmatique Dieu : dès le début du premier tome, on apprend qu’il existe un Dieu tout puissant et régissant le monde et qu’il a fait une bêtise… mais laquelle ?

Alors, oui, cela reste de la jeunesse  mais quel plaisir de lecture, quel suspense, quel talent !!! Vivement le prochain tome !!!

Morceau choisi :
« Il lui tendit sa vieille médaille en or, assortie à ses galons et à ses dents. Ophélie l’examina d’abord avec ses lunettes. Une chose était certaine, cette breloque ne datait pas de l’ancien monde. Pressée d’en finir, elle déboutonna ses gants. Dès qu’elle referma ses doigts autour de la médaille, des fulgurances filèrent dans l’entrebâillement de ses paupières. Ophélie se laissa inonder, sans interpréter encore le flot de sensations qui se déversaient en elle, des plus récentes aux plus anciennes. Une lecture se déroulait toujours dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. »

A découvrir ! ;-)

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18 janvier 2016

Harry Kemelman - Vendredi, on soupçonne le rabbin

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Éditions : 10/18 - Traduction : anglais (États-Unis) par Raymond Albeck -
Titre original : Friday, the Rabbi Slept Late - Nombre de pages: 249

4ème de couverture :
Publié en 1965, On soupçonne le rabbin valut à son auteur le Prix Edgar Poe du meilleur premier roman. Le héros de ce livre (et de ceux qui l’ont suivi) est le rabbin David Small. Accusé de meurtre, ce chef religieux d’une petite communauté juive des environs de Boston se trouve contraint de mettre son bon sens, le pilpoul et la sagesse des Écritures saintes au service de la Justice.

Mon avis :
David Small est le rabbin d’une communauté juive près de Boston. Peu soucieux de se faire apprécier des personnes qu’il côtoie, il préfère la compagnie des livres et n’hésite pas à dire la vérité quelle qu’elle puisse être !
Lorsque la cadavre d’une jeune femme est découvert tout près de l’enceinte qui clôt la synagogue, les soupçons se portent assez vite sur ce rabbin peu apprécié de sa communauté et dont le renouvellement de contrat dépend d’un conseil d’administration peu disposé à poursuivre sa collaboration avec un chef spirituel si peu populaire !! Heureusement, David Small, épris de justice, ne manque pas de ressource et ses déductions pleines de finesse aident même la police à y voir plus clair dans cette affaire !!

Vendredi, on soupçonne le rabbin est le premier volet très prometteur d’une série qui ne manque pas d’intérêt ! J’ai pris grand plaisir à suivre les raisonnements de ce rabbin peu causant mais terriblement juste.
L’enquête policière, assez banale en soi (j’avais deviné assez vite le nom du meurtrier), sert de prétexte à l’auteur pour dresser le portrait d’une communauté juive américaine et nous laisse entrevoir le quotidien de ses membres fortement influencés par les préceptes du Talmud…

Une très belle découverte avec des personnages attachants : on en redemande !

Morceau choisi :
"Naturellement, nos croyances ont subi l’influence des peuples parmi lesquels nous vivons. Au cours de notre histoire, le concept d’une survie possible a fait son apparition, mais de façon très particulière : c’est une survie dans nos enfants, dans l’influence qui demeure après notre mort, dans le souvenir que les gens gardent de nous." (10/18 - p.137)

Une série à découvrir ! ;-)

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17 janvier 2016

Fiona McIntosh - Trilogie : Le Dernier Souffle (T1: Le Don, T2: Le Sang, T3: L'Ame)

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Éditions : Milady Editions - Traduction : de l'anglais par Fred Le Berre -
Titre original : The Quickening (T1: Myrren's Gift, T2: Blood & Memory, T3: Bridge of Souls) -
Nombre de pages : (T1: 672 + T2: 672 + T3: 720)

Mon résumé :
Depuis des décennies, les légions de Morgravia combattent les soldats de Briavel. Depuis des décennies, les habitants de ces deux états ne connaissent que la guerre.
Lorsque le général Thirsk, commandant en chef de la légion de Morgravia, meurt au combat après avoir infligé une défaite sanglante à Briavel, le roi Magnus de Morgravia décide d'une trêve : quelques années de paix en attendant que Briavel reconstitue son armée mais surtout que Wyl Thirsk, le fils du général, soit en mesure de reprendre le commandement de la légion de Morgravia.
Wyl n'est encore qu'un enfant lorsqu'il se rend à Pearlis, la capitale de Morgravia, pour parfaire son éducation auprès de Guéryn Le Gant mais il est courageux et le roi Magnus, qui l'aime comme un fils, le voit déjà à la tête de la légion, conseillant son fils, Célimus, lorsqu'il deviendra roi. Mais les choses ne se déroulent pas comme le roi l'espère : Célimus développe une haine féroce envers Wyl qui, de son côté, n'éprouve que mépris et dégoût pour son futur souverain...
Un jour, Célimus force Wyl à assister à la séance de torture d'une sorcière. Wyl, incapable de supporter la barbarie de ces actes, tente d'apporter un peu de réconfort à la pauvre malheureuse. Pour le remercier, avant de mourir, elle lui fait un don...

myrren_s_giftMon avis :
Grosse lectrice de Fantasy lorsque j'étais (beaucoup) plus jeune, j'avais presque totalement abandonné le genre depuis plus de 10 ans. Subissant une énorme panne de lecture depuis plusieurs mois, j'ai décidé de renouer avec mes premières amours afin de tenter de briser le cercle infernal des abandons de lecture.
Et, bien que cette trilogie ne figurera certainement pas dans mes lectures Fantasy indispensables, elle a eu l'immense mérite de me réconcilier avec les livres en me rappelant combien la littérature de l'imaginaire permet l'évasion de son quotidien avec ses aventures qui nous tiennent en haleine !

Alors, oui, cette trilogie est loin d'être parfaite :
- l'univers imaginé par Fiona McIntosh est assez classique (monde moyennageux, magie blanche et magie noire, états en guerre, "barbares" qu'il faut éviter, etc.).
- les personnages sont trop lisses : les méchants sont très méchants et les gentils très gentils ! Seul, Cailech, roi des Razors, présente quelques contrastes plus qu'appréciables.
- certaines situations sont forcées et répétitives (pas moins de 6 personnages tombent amoureux au premier regard !!).
- l'auteur s'atarde un peu trop sur des sujets totalement inintéressants (des tartines de pages sur l'indisposition féminine par exemple !!).
- la magie n'intervient pas toujours de façon cohérente et la fin est pour le moins étrange, même si la magie n'est jamais rationnelle....
- etc.
Mais tous ces défauts ne m'ont pas empêchée d'avaler les quelques 2000 pages qui composent cette trilogie en moins de deux semaines tant je souhaitais savoir où le don conduirait Wyl et comment les personnages allaient surmonter les obstacles. Et même si le "happy end" se devine dès les premières pages, cette série ne manque pas de belles surprises.

Morceau choisi :
"En Parrgamyn, nous vénérons le dieu Mor. En Morgravia et Briavel, Shar est la divinité. Dans le royaume des Montagnes, Haldor est le dieu vers lequel les hommes se tournent. Et moi, je crois que nous prions tous le même dieu – la nature. Celle qui est capable de nous offrir ça, dit-il en embrassant la vue d’un ample geste du bras. » Celle qui est capable aussi de donner naissance à des créatures aussi sophistiquées que toi ou moi, aussi gracieuses qu’un cerf, aussi majestueuse qu’un aigle. Voilà une puissance digne d’être adorée." (Le sang - Milady - p.546)

Une série pour tous ceux qui aiment la Fantasy simple et facile !! ;-)

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11 janvier 2016

Très belle année 2016

Je vous souhaite à tous et à toutes une très belle année 2016 ! Beaucoup de bonheur, de belles découvertes livresques et, surtout, une santé de fer !!

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2015 aura été une année extrêmement difficile pour moi « livresquement » parlant avec une panne de lecture de plus de 6 mois !! Il en résulte un bilan plus que mitigé : aucun coup de cœur et seulement une quarantaine de livres lus…

Notons toutefois quelques bons moments de lecture avec :

Une série policière épatante se déroulant à Naples, au début des années 30. Je me suis attachée à ce commissaire asocial ayant la particularité de voir l’âme des morts s’attarder sur le lieu où ils ont perdu la vie. Les personnages récurrents qui gravitent autour de ce commissaire énigmatique sont attachants, le contexte historique est extrêmement intéressant et les enquêtes sont prenantes. Une série à découvrir !

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Des valeurs sures qui ne me déçoivent jamais :

BrouilleIvan convent Prièredutueur r-j-ellory-les-assassins

Et de belles découvertes...

 carole-martinez-du-domaine-des-murmures Colline_du_tigre Dahlianoir Lecteurcadavre
   le-secret-de-tristan-sadler-john-boyne Fillehiver Pillarsoftheearth

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29 novembre 2015

Voyage livresque en Inde... lectures en vrac (4)

Nouvelle plongée dans la littérature indienne, ma sélection de ces quelques mois...

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Swarup_roupieVikas Swarup - Pour quelques milliards et une roupie

Éditions : Belfond
Traduction :
de l'anglais (Inde) par Roxane Azimi
Titre original : The accidental apprentice
Nombre de pages : 404

Quelques mots sur l'auteur :
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Vikas Swarup, né le 23 juin 1961 à Allahabad, est un écrivain et un diplomate indien, qui a été affecté par son gouvernement en Turquie, aux États-Unis, en Éthiopie, et en Grande-Bretagne. Il est actuellement en poste à Pretoria comme Haut commissaire indien à l'Afrique du Sud.
Il est l'auteur du roman Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, adapté au cinéma en 2008 par le réalisateur britannique Danny Boyle sous le titre Slumdog Millionaire.
Le second roman de Vikas Swarup, Six suspects (Meurtre dans un jardin indien), a été publié par Transworld le 28 juillet 2008. Ce roman devrait également être adapté au cinéma.
(source : Wikipedia)

Mon avis :
"Nous vivons au Kali Yuga, l'age des ténèbres, l'époque du péché et de la corruption. La religion n'est plus à la mode. Les jeunes qui travaillent pour moi ne vivent que pour consommer. Ca doit faire des années qu'ils ne sont pas allés prier au temple. Je ne dis pas qu'ils sont tous athées, mais leur Dieu, c'est l'argent avant tout." (Belfond - p.19)
La vie de Sapna Sinha, une jeune vendeuse d'électroménager sans perspective, change brusquement lorsque le richissime industriel Acharya décide de lui faire passer des épreuves pour tester sa capacité à devenir le PDG de son entreprise. Chacune des 7 épreuves passées oblige la jeune femme à s'interroger sur ses valeurs mais surtout à ne compter que sur elle-même...

Après avoir adoré Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire et dévoré Six suspects (Meurtre dans un jardin indien) quelques années plus tard, j'ai sauté sur l'occasion lorsque Babelio m'a offert de recevoir ce livre en échange d'une critique (que je publie bien tardivement !). J'étais en effet plus qu'impatiente ce renouveler l'expérience avec cet auteur qui m'avait enchantée deux fois déjà !

Et j'ai retrouvé avec un immense plaisir l'Inde de Vikas Swarup : ses nombreuses anecdotes/histoires dans l'histoire qui couvrent presque chaque aspect de l'Inde, ses évocations des odeurs, des couleurs, des saveurs, des diversités, des contrastes, etc. tout ce qui fait la multiplicité de l'Inde et invite au voyage.
Mais, cette fois-ci, tous ces ingrédients n'ont pas suffit pour que la magie opère et que je classe ce roman dans mes lectures remarquables. Si je reconnais que ce livre constitue un très bon page-turner, qu'en reste-t-il quelques mois après sa lecture ? Assez peu de choses en réalité hormis ses défauts : l'intrigue cousue de fil blanc et les situations assez peu vraisemblables. Certes, comme pour les deux autres romans de Vikas Swarup, la fin est étonnante mais je m'y attendais un peu à vrai dire... C'est donc assez déçue que j'ai tourné la dernière page de ce roman malgré le délicieux voyage en Inde.

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ob_6dd22e_buchetTishani Doshi - Le plaisir ne saurait attendre

Éditions : Buchet Chastel
Traduction : de l'anglais (Inde) par Karine LALECHERE
Titre original : The pleasure seekers
Nombre de pages : 344

Quelques mots sur l'auteur :
12author-tishani-doshiTishani Doshi, née le 9 décembre 1975 à Madras (Sud-est de l'Inde) d'un père Indien et d'une mère Galloise, est une écrivaine, poétesse, journaliste et danseuse indienne. Elle vit toujours dans sa ville natale (devenue Chennai) après une parenthèse américaine, en tant qu'étudiante, et britannique.
Le plaisir ne saurait attendre est son premier roman, inspiré de l'histoire de ses parents.
(source : Wikipedia)

Mon avis :
Madras, août 1968. Babo, fils bien aimé d'une famille jaïne s'envole pour Londres. Il doit y compléter sa formation tout en respectant les préceptes de sa religion : ni femme, ni alcool, ni viande. Mais sa rencontre avec Sian Jones va chambouler sa vie et c'est avec cette Galloise pleine de vie qu'il rentre en Inde, au grand désappointement de ses parents !

Le plaisir ne saurait attendre est un roman que l'on dévore : très belle écriture, très belle histoire et très belles évocations de l'Inde et de son histoire. Que demander de plus ? Tout au long des quelques 350 pages qui composent ce roman, nous suivons avec plaisir la vie de Babo Patel et de sa famille de 1968 à 2001, de Londres à son retour dans la maison familiale du Tamil Nadu, de sa jeunesse insouciante à sa vie de père faisant face aux événements parfois sanglants qui ont secoué l'Inde... Un roman très agréable à lire que je ne peux que vous conseiller.

Morceau choisi :
"Ainsi le temps passa. Six mois d'attente. [...] Six mois de temps : des centaines de millions de secondes pour s'éveiller, des centaines de millions de minutes pour s'endormir. Six mois de souffrance qui s'étendent à perte de vue comme le Sahara. Six mois pour s'étioler et s'épanouir, pour s'arrêter et démarrer. Six mois d'amour : une respiration,un déluge, une éternité; un simple flocon de neige."
(Buchet-Chastel - p.87)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30

 

A11981Sankar - Chowringhee

Éditions : Gallimard
Traduction : du Bengali par Philippe BENOIT
Titre original : Chowringhee
Nombre de pages : 561

Quelques mots sur l'auteur :
Bengali_author_SankarShankar, de son vrai nom Mani Shankar Mukherjee, est un évrivain indien de langue bengalie née en 1933 et vivant à Calcutta. Son père meurt alors qu'il n'est encore qu'un adolescent, l'obligeant à travailler en tant que commis d'avocat pour Noel Frederick Barwell, ce qui lui donnera la matière de son premier roman sorti en 1955, The Great Unknown.
Deux de ses romans, Seemabaddha (Company Limited) et Jana Aranya (The Middleman) ont été portés à l'écran par son concitoyen Satyajit Ray.
Prolifique et immensément populaire, Sankar est l'auteur de plus de soixante-dix livres qui comprennent trente-sept romans, cinq livres de voyage, des livres pour enfants, des essais et des ouvrages de dévotion. Chowringhee, sans doute son livre le plus populaire, a été publié en bengali, en 1962, et en anglais, seulement en 2007.
(source : Wikipedia)

Mon avis :
Dans ce roman, Sankar nous entraîne dans le Calcutta des années 50 au lendemain de l'indépendance indienne. Alors qu'il cherche un emploi depuis plusieurs mois, le jeune Sankar tombe sur un ami qui lui permet de rentrer comme homme à tout faire à l'hôtel Shahjahan. Chance inespérée pour notre jeune héros qui n'aura alors de cesse de nous faire découvrir la vie trépidante de cet hôtel de luxe. Entre les touristes de passage, les habitués qu'il faut bichonner, les notables de Calcutta qui ne rateraient pour rien au monde les soirées organisées par cet hôtel de renom, Sankar ne sait parfois plus où donner de la tête mais une chose est certaine, cet hôtel, c'est sa vie !
A travers une multitude de personnages haut en couleurs et une très belle écriture, Sankar nous fait vivre mille et une intrigues parfois cocasses et, la dernière page tournée, je n'ai regretté qu'une seule chose : que ce roman soit si court ! Un roman que je recommande à tous (amoureux ou pas de l'Inde) et qui ne regretteront certainement pas cette plongée dans l'univers foisonnant du Calcutta des années 50.

Morceau choisi :
"Sans problèmes, c'est sans doute une bonne moitié du plaisir de vivre qui serait gâchée. Ce sont la douleur, l'angoisse, la pauvreté qui donnent consistance à la vie et la mettent à l'abri de l'ennui."
(Gallimard - p.91)

"[...] dans le whisky les lâches cherchent le courage, les faibles cherchent la force,les malheureux cherchent le bonheur, mais personne n'y trouvent autre chose que la ruine." (Gallimard - p.459)

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cvr9781416586104_9781416586104_hrIndu Sundaresan - In the Convent of Little Flowers (Au couvent des Petites Fleurs)

Éditions : Washington Square Press
Titre original : In the Convent of Little Flowers
Nombre de pages : 318

Mon avis :
Indu Sundaresan est une auteure que j'apprécie énormément. Elle m'avait totalement conquise avec sa trilogie moghole (La vingtième épouse, Le Festin de roses et Princesse de l'ombre) puis avec La splendeur du silence même si ce dernier roman m'avait un peu déçue. Aussi, c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai débuté ce recueil de nouvelles tout en sachant que celles-ci ne pourraient en aucun cas m'apporter la profondeur narrative et le développement des personnages qui m'avaient tant plu dans les romans. Mais la magie a opéré une fois de plus et c'est avec beaucoup de regret que j'ai tourné la dernière page de ce livre.

"At first there is no sensation, no feeling at all, not even fear. Just an intense, heart-filled longing for freedom. Then strangely it is peaceful, no remorse at leaving behind the old life and stepping into the new. Meha laughs out loud, listening to the sound of her voice echo down the well of balconies. But no one wakes in the flats. No lights come on, no heads stick out of windows, no fists are shaken in disgust. They all still sleep. Tomorrow they will know, Meha thinks. Tomorrow they will see what Chandar and she have done. Time enough for that." (Washington Square Press - p. 37) La majorité des nouvelles de ce recueil sont à l'image de ce passage : tristes, nostalgiques et sublimes à la fois. A travers les 9 récits de ce recueil, Indu Sunderasan dresse le portrait d'une Inde multiple et variée qui peine à évoluer dans un monde en mouvement permanent où les standards d'hier ne sont déjà plus ceux d'aujourd'hui. Sati, naissance hors mariage, parents maltraités, libertinage, homosexualité,..., l'auteure ne s'autorise aucun tabou et pourtant, combien de personnages trouvent le bonheur dans ce recueil ? Je ne peux que vous conseiller de vous laisser emporter par ces histoires et si les nouvelles ne sont vraiment pas votre tasse de thé, plongez dans les romans de cette auteure, vous ne devriez pas être déçus du voyage !

Indu Sundaresan est une auteure à découvrir !

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