Séries policières... lectures en vrac
Toujours dans l'objectif de réduire ma pile de livres lus mais dont je ne vous ai pas encore parlés, je vous propose aujourd'hui un avis express sur deux romans policiers...
Claude Izner - Le secret des Enfants-Rouges
Éditions : 10/18
Nombre de pages : 315
Mon avis :
Quatrième volet des enquêtes de Vicor Legris, libraire de la Rue des Saints-Pères à Paris à la fin du XIXème siècle, cet opus nous entraîne cette fois-ci dans le Paris des chiffonniers en passant par Londres et même l'Ecosse ! Dans cette nouvelle enquête, Victor et son fidèle commis sont à la recherche d'une coupe volée dans les appartements de Kenji Mori, le père adoptif de Victor. Chose étrange, cette coupe n'a absolument aucune valeur pécuniaire... Mais alors, pourquoi chaque personne l'ayant eu en sa possession semble avoir eu rendez-vous avec la mort ? Serait-ce une breloque maudite ?
Comme pour les tous autres tomes de cette série, l'enquête est légère, assez bien menée et on y retrouve avec plaisir les personnages récurrents de la série : Victor, Joseph, le commis, Kenji Mori, l'associé silencieux, Iris, la fille de Kenji, Tasha, la petite amie de Victor mais également Euphrosine Pignot, la mère de Joseph... Autant de protagonistes dont on suit avec plaisir l'évolution et qui ne manquent jamais d'humour...
Cela étant, et comme pour tous les autres opus de la série, le grand intérêt du roman réside dans le lieu et l'époque où se situe l'histoire. Liliane Korb et Laurence Lefèvre, les deux soeurs qui se cachent sous le pseudonyme de Claude Izner, nous décrivent avec grand talent ce Paris de la fin du XIXème siècle : ses métiers, son vocabulaire, la vie des petites gens et la vie mondaine et surtout ses quartiers : un régal !
Une série que je vous encourage à découvrir...
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Éditions : Babel noir
Traduction : de l'anglais par Ariane BATAILLE
Titre original : The Firemaker
Nombre de pages : 500
Mon avis :
Premier volume d'une série policière se déroulant à Pékin, nous y faisons la connaissance de l'inspecteur Li Yan, tout juste promu commissaire, et de la médecin légiste américaine Margaret Campbell, spécialisée dans les morts carbonisés et venus à Pékin pour une série de conférences. Tout d'abord assez hostiles l'un envers l'autre, ce duo improbable va devoir marcher de pair pour résoudre une enquête qui les mènera sur la piste de politiciens sans scrupule n'hésitant pas à taire une menace nationale pour défendre leur intérêt !
Peter May nous entraîne dans Pékin, une ville fascinante fortement marqué par son histoire (notamment la période communiste) mais désireuse de changement... Margaret figure l'occidentale de base, n'ayant aucune notion de savoir-vivre chinois et accumulant bourde sur bourde, de quoi énerver au plus haut point l'inspecteur Li Yan qui apparaît bien souvent en guide de la Chine voire, parfois, en donneur de leçons.
Cela dit, le roman ne manque pas de surprises (l'auteur n'hésitant pas une seule seconde à supprimer les êtres chers !) et l'intrigue est très bien menée, nous amenant à des suspects pas toujours convenus. En revanche, l'amourette qui naît entre les deux enquêteurs est, elle, beaucoup plus prévisible et, ceci, malgré ses débuts houleux...
Certes, cela manque parfois de souffle et l'histoire d'amour apparaît parfois bien déplacée mais, qu'importe, je ne boude pas mon plaisir et avoue avoir passé un agréable moment à Pékin en compagnie de ces deux protagonistes !
Morceau choisi :
"[...] Vous débarquez en vous disant : je suis une citoyenne américaine. Je vis dans le pays le plus riche, le plus puissant du monde. Vous vous sentez supérieure. Mais le paysan le plus humble qui travaille quinze heures par jour dans les rizières vous regardera de haut. Pourquoi ? Parce qu'il est chinois, et vous pas. Parce qu'il est citoyen de l'Empire du Milieu. C'est ainsi qu'on appelle la Chine. Parce que, bien sûr, ce pays est au centre du monde et que tout ce qui se situe au-delà de ses frontières est inférieur, secondaire, peuplé de yangguizi - de diables d'étrangers comme vous et moi." (Babel noir - p.24-25)
A découvrir. ;-)
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Pour compléter cette lecture, je vous invite à lire cet article de Courrier International... de quoi frémir ! http://www.courrierinternational.com/article/2010/03/11/en-chine-le-riz-ogm-a-du-mal-a-passer.
Nick Hornby - Vous descendez ?
Éditions : 10/18 - Traduction : de l'anglais par Nicolas RICHARD -
Titre original : A Long Way Down - Nombre de pages : 334
4ème de couverture :
La nuit du Nouvel An, à Londres, quatre personnages atypiques, déçus par leur existence et bien décidés à faire le grand saut, se retrouvent sur le toit d'un immeuble de quatorze étages... Martin, présentateur vedette de la télévision, dont la carrière et la famille ont été brisées par un scandale retentissant; Maureen qui n'en peut plus de s'occuper, seule, d'un fils handicapé; Jess, souffrant d'une grosse peine de coeur, pleine d'amertume (et d'alcool); et J.J., jeune Américain dont les rêves de devenir rock star ont finalement disparu. Outre le désespoir, ce quatuor improvisé a en commun... une petite faim et retrouve peu à peu, autour d'une pizza, le goût de la vie.
"De loin, ça pourrait ressembler à un conte sinistre, mais Nick Hornby change tout ce qu'il touche en rire. Le résultat est aussi inattendu qu'hilarant." Glamour
Mon avis :
"Il s'est donné la mort après avoir constaté en toute objectivité que sa vie était un putain de désastre" (10/18 - p.18) Tout à fait par hasard, un soir de Nouvel An, quatre suicidaires se retrouvent sur le toit d'un immeuble afin d'en finir avec la vie. A priori, ces personnes n'ont rien en commun, hormis le fait de vouloir faire un plongeon de plusieurs mètres !! Il y a :
* Martin, l'ex-présentateur télé, qui vient de purger une peine de prison pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure,
* Maureen, une mère célibataire qui s'empêche de vivre depuis la naissance de son fils handicapé,
* Jess, une adolescente totalement déséquilibrée, inculte et extrêmement grossière qui vient de se faire plaquer par son mec,
* et JJ, une jeune Américain ex-rockeur devenu livreur de pizza qui ne sait pas trop où sa vie le mène tout en sachant qu'elle ne le mène pas là où il voudrait (sur la scène devant un public conquis !)
Après des présentations plus ou moins houleuses des différents protagonistes, les langues se délient, chacun raconte son histoire (qui, bien entendu, est plus misérable que celle de son voisin !) autour d'une pizza arrivée bien à propos...
J'ai beaucoup aimé l'humour corrosif de ce roman, Nick Hornby réussit parfaitement à nous faire rire tout en traitant d'un sujet dramatique avec son lot de lourd vécu et de tristes histoires... Les personnages sont complexes, englués dans une vie qui ne leur correspond plus, qu'ils ne comprennent plus et, surtout, qui ne les satisfait plus ! Alors, tour à tour, ils prennent la parole et expose leur triste vie, ils en deviennent attachants, forcément (sauf Jess qui ne peut pas aligner trois mots sans dire une grossièreté, qui est têtue et se montre parfois très bête, ce qui m'a profondément agacée) !
Cependant, assez vite, les rencontres de ces quatre protagonistes ont sonné faux à mes oreilles. Jess, en chef d'orchestre du groupe, m'est apparue fatigante et totalement hors de propos parfois et cela m'a ennuyée, me désintéressant de leur histoire... C'est dommage, d'autant plus que Nick Hornby ne s'est pas trompé dans la fin qu'il nous propose : nous se sommes pas dans "le monde de Mickey" et les problèmes ne se règlent pas tous en deux coups de cuiller à pot !!
C'était ma première rencontre avec cet auteur mais certainement pas la dernière car ce livre, à défaut de me plaire totalement, a au moins eu l'avantage de me faire découvrir l'humour acide de cet auteur, humour que j'ai vraiment hâte de retrouver dans une autre histoire (sans Jess).
Morceau choisi :
"Vous avez vraiment envie de savoir pourquoi j'ai voulu sauter du haut d'un immeuble ? Je vais vous le dire. Je ne suis pas complètement idiot. Il y a une explication logique, car c'était une décision logique, le fruit d'une véritable réflexion. Même pas une réflexion très sérieuse, d'ailleurs. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il s'agissait d'un coup de tête, mais rien non plus de terriblement compliqué, ou douloureux. On peut présenter les choses de la manière suivante : vous êtes, par exemple, le sous-directeur d'une banque à Guildford, et vous avez envie d'émigrer. Justement, on vous propose de diriger une banque à Sydney. Même si la décision vous paraît évidente, avant de donner votre réponse, il faudra quand même que vous y réfléchissiez un peu, non ? Pour savoir si vous pourrez supporter de déménager, quitter vos amis et vos collègues, expatrier femme et enfants. Alors vous vous asseyez avec un bout de papier et vous dressez la liste des pour et des contre. Par exemple :
CONTRE : Parents âgés; amis; club de golf.
POUR : Salaire plus élevé; meilleure qualité de vie (maison avec piscine, barbecue, etc); mer, soleil; pas de commissions gauchistes pour censurer "J'ai du bon tabac dans ma tabatière"; pas de directives européennes pour interdire les saucisses britanniques, etc.
Le choix est vite fait, n'est-ce-pas ? Le club de golf ! Laissez-moi rire. Évidemment, vos parents âgés vous font hésiter un instant... Mais seulement un instant, et encore, très court. Allez, je ne vous donne pas dix minutes avant que vous téléphoniez aux agences de voyage.
Voilà, telle était ma situation. J'avais beaucoup, beaucoup de raisons de sauter. Le seul élément figurant dans ma colonne des contre, c'était les enfants. Mais de toute manière, Cindy ne me laisserait jamais les revoir. Je n'ai pas de parents âgés, et je ne joue pas au golf. Sans vouloir froisser le bon peuple de Sydney, on pourrait dire que le suicide était mon Sydney à moi." (10/18 - p.13-14)
A discuter... ;-)
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Un grand merci à Argentel qui m'a offert ce livre dans le cadre du swap Happy Face organisé par Stephie et Stéphanie.
Voyage livresque en Inde... lectures en vrac
Cela n'aura échappé à personne, je pense, qu'en ce moment, mes incursions sur la blogosphère se font de plus en plus rares. Mais rassurez-vous (ou pas ;-)), ce n'est que temporaire... Je vais me ressaisir !
En attendant, cela ne signifie pas que je ne lis plus; aussi, mes livres lus s'accumulent allant jusqu'à former une pile qui dégringole régulièrement... J'ai donc décidé (après une lutte acharnée avec moi-même) de publier quelques avis en vrac par pays, afin d'essayer de rattraper un petit peu mon retard (vous noterez l'utilisation du verbe "essayer" à opposer au verbe "réussir" hautement plus volontaire!)
Aujourd'hui, direction... l'Inde !
Aravind Adiga - Les ombres de Kittur
Éditions : Buchet Chastel
Traduction : de l'anglais par Gérard MEUDAL
Titre original : Between the Assassinations
Nombre de pages : 354
Mon avis :
J'avais de grandes attentes concernant ce livre car le précédent roman de cet auteur, Le Tigre Blanc, avait été un vrai coup de coeur! Aussi, c'est avec un peu d'appéhension que j'ai débuté ce roman. D'ailleurs, ce n'est pas véritablement un roman et ce n'est pas non plus un recueil de nouvelles à proprement parler... ce sont des instantanés de vie ayant comme point commun de se dérouler au même endroit.
Et, en effet, chaque histoire raconte quelques jours de la vie d'un habitant pris au hasard, riche ou pauvre, jeune ou vieux, de la ville imaginaire de Kittur, dans le sud de l'Inde (état du Karnataka) dans les années 80 (Between the Assassinations, le titre anglais, fait référence à la période entre l'assassinat d'Indira Gandhi en 1983 et celui de son fils Rajiv en 1991). Pour donner une réalité à la ville de Kittur, Aravind Adiga a entrecoupé chaque récit de quelques lignes sur l'histoire de la ville, sa culture, sa géographie... un vrai guide touristique, très intéressant au demeurant !
Et Kittur nous est ainsi présentée comme un concentré d'Inde dans toute sa complexité et sa richesse : diversité culturelle, linguistique ou religieuse, différence entre les castes et conflits que cela génère, mais également corruption, terrorisme, création de richesse ou pauvreté; Aravind Adiga évoque tous ces thèmes... et bien plus encore !
Un livre réussi à découvrir...
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Tarquin Hall - Le chasseur de gourous
Éditions : 10/18
Traduction : de l'anglais par Anne-Marie CARRIERE
Titre original : The Case of the Man Who Died Laughing
Nombre de pages : 338
Mon avis :
Deuxième opus de la série que je vous présentais avec L'homme qui exauce les voeux, ce petit roman policier est bien à la hauteur du premier !
Quelques mots sur l'intrigue ? Il est 5h45 du matin, devant l'India Gate à Delhi, le docteur Suresh Jha, éminent mathématicien à la retraite et ennemi juré des Gourous en tout genre, rejoint le professeur Pandey et les autres membres du Club du rire. Alors qu'ils sont tous en pleine crise d'hilarité aiguë, la déesse Kali apparaît et frappe à mort de son épée le docteur Jha. Meurtre ou sentence divine ? Voilà une affaire bien peu commune pour Vish Puri, notre détective de choc !!
Tout comme le premier tome, ce roman est très divertissant. Sous prétexte d'une intrigue policière assez bien menée d'ailleurs, Tarquin Hall nous convie à un voyage en Inde, au coeur de Delhi... ses monuments, sa nourriture (samosas, ghee, paalak paner, paranthas, chai, kheer, etc., autant de mots qui évoquent les saveurs de l'Inde et qui me donnent invariablement envie de manger indien !! ;-)), ses coutumes et ses travers : lenteur de la police locale, corruption... Et le voyage nous conduit même au coeur d'un ashram, à tenter de découvrir les astuces de ces gourous sans aucun scrupule !
A lire, pour se détendre et voyager... ;-)
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Shobhaa Dé - La nuit aux étoiles
Éditions : Actes Sud
Traduction : de l'anglais (Inde) par Sophie BASTIDE-FOLTZ
Titre original : Starry Nights
Nombre de pages : 310
Mon avis :
A travers la vie d'Aasha Rani, Shobbhaa Dé décrit les coulisses de Bollywood : un monde impitoyable fait de coucheries, tromperies en tout genre, où tout est basé sur l'image de marque des acteurs ou actrices et gare aux faux-pas : ils ne pardonnent jamais !
Honnêtement, j'ai été très déçue par ce roman : l'héroïne, Ashaa Rani, n'a pratiquement aucune valeur morale, elle est "soutenue" par une mère qui, elle-même, n'a aucun scrupule et a même vendu sa fille au plus offrant alors qu'elle n'était qu'une enfant ! De même, sa vie est assez peu crédible; au-delà du manque de vraisemblance chronologique (en tout cas, à mes yeux), son histoire est ponctuée de moments de chance et de malchance aussi irréalistes les uns que les autres... Mais, après tout, c'est un livre qui parle de Bollywood, donc quoi d'étonnant à ce qu'il soit parfois invraisemblable ?
Je me suis tout de même souvent demandée si l'auteur, qui a été pendant douze ans rédactrice en chef de "Stardust" (magazine indien consacré au cinéma), n'avait pas un compte à régler avec ce milieu tant les producteurs et réalisateurs sont décrits comme des profiteurs qui, tous, imposent à leurs actrices de passer dans leur lit avant de faire un film, et tant Ashaa Rani, du moins dans la grosse majorité du roman, semble si froide mais en même temps si naïve qu'elle en paraît parfois idiote, à défaut de nous émouvoir !
Bref, un livre qui n'a pas retenu mon attention...
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H.R.F. Keating - Le meurtre Parfait
Éditions : Fayard
Traduction : de l'anglais par Denise MEUNIER
Titre original: The Perfect Murder
Nombre de pages: 296
Mon avis :
Enoooooorme déception ! Acheté sur la bonne foi d'un article présentant les livres indispensables pour découvrir la littérature d'inspiration indienne, j'attendais plus de consistance de ce roman !!
Certes, un léger dépaysement nous prend à sa lecture mais les personnages sont survolés, les coutumes évasives, et l'oeil occidental en la personne du suédois lourdaud Axel Svensson est tellement caricatural qu'il en devient presque faux !
Et que dire de l'intrigue ? Insipide, totalement sans aucun suspens avec une fin qui se devine aisément ! Et je ne parle même pas du simulacre d'enquête sur le vol de la roupie dans le bureau du ministre des Affaires Policières et des Arts...
Cela étant, ce livre constituant le premier tome d'une série à succès qui ne compte pas moins de 26 romans, il est impossible que les suivants soient du même accabit. Je suis donc certaine de me laisser tenter à nouveau par une enquête de l'inspecteur Ghote, histoire de voir si mon jugement n'était pas trop hâtif... ;-)
Moyen, je ne le recommande donc pas...
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Donna Tartt - Le maître des illusions
Éditions : Pocket - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre ALIEN -
Titre original: The Secret History - Nombre de pages: 706
4ème de couverture :
Fuyant la station-service paternelle, bourse en poche, Richard doit son entrée à l'université de Hampden, dans le Vermont, à son opportunisme bien plus qu'à son talent. Prêt à tout pour arriver haut, et vite, le voilà introduit dans la classe du professeur Julian, voué à l'étude des Anciens, grecs et latins. Bastion de savoir et de snobisme, la petite communauté vit en vase clos, avec deux mots d'ordre : discipline et secret.
Très vite, Richard devine sous le vernis des apparences une tache indélébile, du rouge le plus sombre. Tout ici n'est que vice, secret, trahison, manipulation.
"C'est magistral et d'une effarante perversité." Françoise Giroud
Mon avis :
"La neige fondait dans la montagne et Bunny était mort depuis plusieurs semaines quand nous avons fini par comprendre la gravité de notre situation. [...] Nous n'avions pas eu l'intention de cacher le corps là où on ne l'aurait pas retrouvé. En fait, nous ne l'avions pas du tout caché mais simplement laissé là où il était tombé dans l'espoir qu'un passant infortuné tomberait dessus avant qu'on ait même remarqué son absence." (Pocket - p.13) Dès les première phrases du prologue, Donna Tartt nous scotche et nous oblige à lire ce roman en nous dévoilant d'emblée ce qui pourrait constituer une fin parfaite : Bunny est mort, ses amis l'ont tué. Dans quelles circonstances ? Pourquoi ? Richard Papin, le narrateur, nous entraîne alors dans les coulisses de cette histoire...
"Mon père était méchant, notre maison était laide, et ma mère ne faisait pas attention à moi; mes vêtements étaient nuls, mes cheveux trop courts, et à l'école personne ne m'aimait énormément; et comme tout cela se vérifiait depuis toujours, j'avais l'impression que les choses continueraient sans doute dans cette veine déprimante aussi longtemps que je pouvais l'imaginer. En bref : je sentais que mon existence était compromise d'une façon subtile mais essentielle." (Pocket - p.20-21) Richard Papin, jeune étudiant boursier de 19 ans, fuit sa famille qu'il n'aime pas (et qui le lui rend bien) et se retrouve un peu par hasard à l'université d'Hampden, dans le Vermont. Très vite, il s'intéresse à la classe de grec ancien dirigée par le professeur Julian Morrow et souhaite s'y inscrire. Mais faire partie de cette classe, c'est aussi adhérer pleinement au groupe d'étudiants qui la constitue; groupe formé de cinq étudiants uniquement. Il y a tout d'abord Henry, le leader froid et arrogant, les jumeaux Charles et Camilla dont la relation semble parfois bien ambigüe, Francis, le jeune homme toujours élégant, gentil et serviable et Bunny, le balourd du groupe, en plus d'être bavard et avide de profiter de l'argent de ses compagnons... Richard, malgré un caractère assez effacé va, petit à petit, être accepté par ce cercle très fermé... mais les apparences sont bien trompeuses et Richard se doute qu'il n'est pas dans toutes les confidences et qu'un lourd secret unit ses compagnons... D'ailleurs, n'aurait-il pas mieux valu qu'il reste en dehors de toute cette histoire ?
Aucun doute : j'ai beaucoup aimé la première partie de ce roman. J'ai été littéralement scotchée au livre jusqu'à l'assassinat de Bunny ! Tout concourrait à me plaire :
* des personnages riches, fouillés, atypiques et plein de mystère;
* une ambiance équivoque, lourde et chargée émotionnellement;
* une intrigue qui ferait presque perdre la notion du bien et du mal avec un assassiné bien plus désagréable que ses assassins;
* et une écriture maîtrisée et habile...
Oui, c'est, sans aucun doute, un roman qui gagne à être lu et je comprends parfaitement qu'il constitue le coup de coeur de beaucoup de lecteurs et lectrices (j'ai d'ailleurs lu tellement d'éloges sur ce roman que je me demande s'il n'est pas "LE" livre le plus apprécié de la blogosphère...).
Mais j'ai trouvé la deuxième moitié du roman longue, moins intéressante et l'ennui a parfois pointé son perfide nez ... J'ai par ailleurs longtemps attendu un retournement de situation, une révélation, que sais-je, un truc qui n'est jamais venu... C'est dommage, cela a quelque peu gâché mon plaisir de lecture !
C'est pourquoi, bien que je garderai certainement un bon souvenir de ce livre, ce roman n'est pas un coup de coeur : trop d'attentes et pas assez d'imprévu (et, au risque d'en froisser plus d'un, pas assez de machiavélisme) ! A mes yeux, ce pavé aurait largement supporté 200 pages de moins... ;-)
Morceau choisi :
"Nous n'aimons pas le reconnaître, mais l'idée de perdre contrôle est quelque chose qui fascine plus que tout, ou presque, les gens aussi contrôlés que nous le sommes. Tous les peuples vraiment civilisés - les anciens non moins que nous - se sont civilisés par la répression volontaire du soi archaïque, animal." (Pocket - p.61)
A découvrir ? ;-)
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D'autres avis : Allie, Calypso, Kalistina, Karine:), Leiloona et Zarline.
Eliot Pattison - Le tueur du lac de pierre
Éditions : 10/18 - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Freddy MICHALSKI -
Titre original: Water Touching Stone - Nombre de pages: 681
4ème de couverture :
Après trois ans passés dans un camp de travaux forcés au Tibet, l’ancien inspecteur chinois, Shan Tao Yun, a trouvé refuge dans un monastère secret. À la demande de ses amis moines tibétains, il est contraint de quitter sa retraite afin d’élucider un double mystère : le meurtre d’une institutrice et la disparition d’un lama. Aidé du sage Gendun et de son vieil ami Lokesh, Shan devra faire vite car « la mort est en route » et ses nouvelles victimes sont des enfants… À la poursuite du tueur, leur enquête sera semée de dangers : le gouvernement les recherche et l’armée chinoise est partout, prête à les renvoyer dans l’enfer des camps.
"Eliot Pattison entraîne le lecteur dans un tourbillon de poésie, de philosophie et de valeurs spirituelles tout en menant son intrigue de main de maître. Original et envoûtant." Notre temps
Mon avis :
"Au Tibet, tout commence par le vent. C'est le vent qui fait aux cieux l'offrande des drapeaux de prières, le vent qui apporte à la terre le froid, la chaleur et l'eau source de vie, le vent qui fait se mouvoir les montagnes lorsqu'il envoie les nuages dévaler les pics et les crêtes. [...] c'est au Tibet que l'âme humaine avait, pour la toute première fois, pris conscience d'elle-même, parce que dans ce pays le vent ne cesse jamais de pousser contre ses habitants et qu'une âme ne se définit bien qu'en bataillant pour pousser le monde en retour." (10/18 - p.11) Dans ce deuxième tome des aventures de Shan Tao Yun, nous retrouvons l'ex-inspecteur chinois dans un monastère. Sans papier, sa "libération" du camp de travail n'étant pas du tout officielle, c'est en se cachant des représentants de la loi chinois qu'il doit maintenant vivre... Mais, lorsque ses amis tibétains lui demandent d'enquêter sur la disparition mystérieuse d'une enseignante et la mort atroce d'enfants Kazakhs, il n'hésite pas une seule seconde : il élucidera ces mystères pour ses amis et mènera l'enquête même si cela doit compromettre son arrangement avec des Occidentaux qui lui ont promis de l'aider à gagner l'Inde pour devenir réfugié politique...
Voilà un second tome à la hauteur du premier : un roman dense, très bien écrit avec une intrigue quelque peu alambiquée et difficile à suivre mais, qu'importe, le dépaysement et le plaisir sont là ! Eliot Pattison nous entraîne en effet à travers les paysages grandioses du Xinjiang et nous voilà tour à tour plongés dans la Cordillère des Kunlun, les montagnes du Karakorum quand nous ne sommes pas assaillis par une tempête de sable en plein désert du Taklamakan. Le dépaysement est garanti !
Mais si l'auteur nous fait voyager en Chine occidentale, c'est aussi (et surtout) pour dénoncer avec force et persuasion les ravages de la politique chinoise dans cette région qui, sous prétexte d'éducation, force les peuples nomades depuis des siècles à se sédentariser, à abandonner leur troupeaux, leur mode de vie, leurs coutumes, leurs familles parfois, leurs croyances, leur identité... A lecture de ce roman, nous ne pouvons pas ne pas être touchés, émus et révoltés par le sort de ces ethnies forcées de rentrer dans le moule Han : Kazakhes, Ouïghours, Tibétains, tous, obligés de rentrer dans le rang et gare aux réfractaires, c'est en prison ou dans un camp de travail qu'ils apprennent à obéir ! Certes, l'auteur a un parti pris à peine voilé mais la réalité est là : quelle détresse, quelle injustice et surtout, quelle intolérance...
Avec un fond si riche, il est étonnant que l'auteur réussisse tout de même à placer une intrigue policière ! Et, de fait, il y parvient assez bien avec une histoire assez originale et bien menée. Cependant, tout comme pour le premier tome, je me suis parfois perdue au cours du récit, ne sachant plus qui était qui et où j'en étais, pensant même avoir loupé des pages : c'est un livre qui demande concentration et je dirais même rigueur, au risque de ne pas en comprendre la chute. A proscrire des transports en commun !!
Morceau choisi :
"Plus personne ne rend de comptes. Les gens s'assoient dans leur fauteuil et ils laissent les atrocités se commettre. On rase des forêts entières. On détruit des cultures, on jette au panier des traditions simplement parce qu'elles ne sont pas compatibles avec Internet. On élève les enfants en leur laissant croire que regarder la télévision est nécessaire à leur survie, et la seule culture qu'ils possèdent leur vient de la publicité." (10/18 - p.574)
Une lecture intéressante et captivante : à découvrir. ;-)
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Un autre avis : Agnès.
Bonne année... beaucoup de bonheur et de lectures inoubliables !
2011 est enfin terminé ! Je dis "enfin" car je l'ai littéralement terminé sur les genoux !! Et 2012 commence également dans un rythme infernal, d'ailleurs ma présence sur la toile s'en ressent : je n'y suis pas !! ;-) Mais j'ai bon espoir que tout se calme d'ici quelques semaines...
Bref, tout ceci ne m'empêche pas de vous souhaiter une :
Et comme fin d'année rime avec bilan de fin d'année, voici mes statistiques : 60 livres lus (dont 1 abandon) et 23 BD.
Le classement par pays (le grand gagnant étant les Etats-Unis !) :
Littérature - France : 8
Littérature - Afrique : 2 (Algérie)
Littérature - Amérique Centrale : 1 (Salvador)
Littérature - Amérique du Nord :
* Canada : 1
* Etats-Unis : 16
Littérature - Asie :
* Bangladesh : 1
* Chine : 1
* Inde : 11
* Japon : 1
* Sri Lanka : 1
* Vietnam : 1
Littérature - Europe :
* Autriche : 1
* Belgique : 1
* Danemark : 1
* Irlande : 1
* Italie : 1
* Royaume-Uni : 6
* Russie : 3
* Suède : 1
Littérature - Océanie : 1 (Australie)
Pour finir, mon top 10 2011 (dans l'ordre de lecture) :
Salman Rushdie - L'enchanteresse de Florence
Éditions : Folio Poche - Traduction : de l'anglais par Gérard MEUDAL -
Titre original: The Enchantress of Florence - Nombre de pages: 458
4ème de couverture :
Un jeune homme blond dressé sur un char à bœufs entre à la cour du Grand Moghol, au cœur des Indes. S'il recherche l'empereur, c'est pour lui raconter sa vie. Il est le fils de l'Enchanteresse de Florence, une princesse moghole oubliée, maîtresse sulfureuse d'un soldat florentin, à la beauté envoûtante et aux pouvoirs mystérieux. Leurs destins fabuleux embrassent l'Orient conquérant et contemplatif comme l'Occident sensuel de la Renaissance florentine. D'une cour à l'autre, au rythme des complots et des intrigues, se croisent sorcières et fêlons, courtisans, voyageurs et prostituées...
Moderne Shéhérazade, Salman Rushdie allie à l'histoire du XVIe siècle la magie des contes et prouve de nouveau, dans ce roman foisonnant, qu'il a le don de charmer ses lecteurs.
Mon avis :

Comment vous parler d'un tel livre ? Comment vous donner envie de courir l'acheter en librairie ou l'emprunter à la bibliothèque dès lecture de cet avis ? Comment vous décrire la finesse, l'humour, le merveilleux et, n'ayons pas peur des mots, le génie qui transpirent des pages de ce roman ? Car, oui, ce récit est tout simplement... enchanteur !
Salman Rushdie fait partie de mes auteurs favoris, aussi peut-être ne suis-je pas totalement objective dans cet avis. Mais, après avoir dévoré les fabuleux Les enfants de Minuit (coup de coeur en 2009) et Les Versets sataniques (coup de coeur en 2008), la barre était pourtant assez haute et j'avais donc de grandes attentes sur ce roman (et, d'ailleurs, beaucoup d'appréhension aussi) ! Et je n'ai été aucunement déçue !
Un mot sur l'histoire ? Difficile de résumer un tel roman tant les histoires se mêlent, s'emmêlent et s'entremêlent. Sommes-nous au côté d'Akbar le Grand, dans la fabuleuse cité de Fathepur Sikri en Inde, construite spécialement par le Roi des Rois ? Sommes-nous sur les bords de l'Arno, dans l'enchanteresse Florence ? Sommes-nous au côté des pleureuses portant le deuil de Shaibani Khan en Perse ? Et bien, ce roman nous conduit dans tous ces endroits et bien plus encore au côté de Mogor dell’Amore, alias Ucello di Firenze, alias Niccolo Vespucci, qui raconte à Abdul-Fath Jalâluddin Muhammad, alias Akbar le Grand, alias Roi des Rois, l'histoire d'une princesse Moghole disparue, Qara Köz, alias Yeux Noirs, alias Angelica... Qui est réellement cette princesse ? Qu'a-t-elle à voir avec le grand empereur Moghol ? Et qui est ce Mogor dell'Amore, obscur florentin qui prétend détenir un secret pouvant intéresser l'empereur ? Pour avoir la réponse à toutes ces questions... il faudra lire le livre, je n'en dévoilerai pas davantage !
"Les conteurs hindoustani savent toujours quand leur public leur échappe, dit-il, parce que les gens se lèvent tout simplement et s'en vont, ou alors ils se mettent à lui lancer des légumes, ou bien, si c'est le roi qui constitue le public, il peut arriver qu'il jette le conteur, la tête la première, du haut des remparts de la ville. Et dans le cas présent, cher oncle Mogor, c'est précisément le roi qui t'écoute." (Folio poche - p.154)
Mais, je me dois de vous prévenir, les réponses ne seront pas si simples à obtenir car, non seulement le récit n'est pas linéaire, mais quantité de personnages, lieux et aventures vont venir se greffer à la trame principale : de quoi se perdre aisément ! ;-)
Alors, qu'est-ce qui m'a tant plu dans ce roman ?
Bon, avouons-le sans détour, c'est tout d'abord la période historique choisie par Salman Rushdie qui m'a, d'emblée, fait adhérer à l'histoire. M'étant beaucoup penchée sur l'Histoire de l'Inde, je confesse avoir une tendresse particulière pour la période Moghole. Ces grands empereurs ont fortement contribué, de manière plus ou moins heureuse d'ailleurs, à façonner l'Inde d'aujourd'hui. De plus, l'empereur Akbar est intéressant à plus d'un titre mais, pas d'inquiétude, malgré ma grande envie, je vais m'abstenir de vous donner une leçon d'histoire... J'ai, en revanche, été beaucoup moins à l'aise avec les passages florentins ou ottomans mais cela n'a, en rien, gâché mon plaisir de lecture. On sent que l'auteur s'est beaucoup documenté pour écrire un tel livre (il y a d'ailleurs une bibliographie assez conséquente à la fin du roman) et j'ai beaucoup apprécié le mélange de personnages réels et fictifs...
Deuxièmement, j'ai retrouvé avec grand plaisir l'humour de l'auteur que j'avais tant apprécié dans mes précédentes lectures ! Ainsi, comment ne pas sourire devant un empereur qui se veut pluriel en public, la création de la femme d'Akbar, Jodha, les sorcières aux pommes de terre, l'amour d'un éléphant enragé pour le parfum de son empereur... et tant d'autre clins d'oeil humoristiques qui se savourent sans modération... ;-)
Troisièmement, j'ai été charmée par l'absence de frontière entre le réel et l'imaginaire. Ainsi, Jodha, épouse parfaite du roi Akbar et préférée entre toutes est le fruit de l'imagination de l'empereur : elle n'existe pas mais tout le monde fait comme si c'était un personnage réel, certains peuvent même la voir, lui parler et raisonner avec elle ! De même, personne ne s'étonne qu'une femme soit devenue le "palais des souvenirs" d'un homme en exil qui souhaitait transmettre son histoire à ses amis restés au pays ! Et que dire du pouvoir des mandragores, des sorcières, et de la courbure du temps ? Salman Rushdie m'a entrainée sans aucun problème dans son univers magique où bien malin est celui qui, sans peine, démêle le réel de l'irréel !!
Enfin, j'ai été, une fois de plus, bluffée par la construction du roman et l'écriture de l'auteur. C'est un peu comme des cercles qui s'enchaînent en tourbillon et qui, parfois se rejoignent, parfois s'évadent pour mieux nous perdre... Rien n'est linéaire dans ce récit et il faut parfois s'accrocher pour suivre la trame de l'histoire... mais quelle victoire !
Morceaux choisis :
"[...] la sorcellerie n'a pas besoin de recourir aux potions, aux esprits frappeurs ou aux baguettes magiques. Les mots prononcés par une langue d'argent peuvent eux aussi ensorceler." (Folio poche - p.106)
""Birbal, demanda Akbar par jeu, combien de corbeaux y a-t-il à ton avis dans notre royaume ?
- Jahanpanah, il y en a exactement neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf.
Akbar resta interloqué.
- Imagine qu'on les fasse compter et qu'on en trouve davantage?
- Cela voudrait dire que leurs amis des royaumes voisins sont venus leur rendre visite.
- Et si on en trouve moins ?
- Alors c'est que quelques-uns d'entre eux sont partis à l'étranger découvrir le vaste monde."" (Folio poche - p.66-67)
A lire ! ;-)
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D'autres avis : Agnès, Didouchka (qui n'a pas du tout accroché) et Grominou.
Petite parenthèse : Je ne pouvais, bien évidemment, pas vous parler d'Akbar le Grand sans aborder le film bollywoodien Jodhaa Akbar (dont je vous avais d'ailleurs déjà parlé, en coup de vent, ici et ici) !
Titre : Jodhaa Akbar
Année : 2008
Durée : 3h33
Genre : Bollywood - Fresque historique
Réalisateur : Ashutosh Gowariker
Acteurs : Hrithik Roshan (Akbar), Aishwarya Rai (Jodhaa), Ila Arun (Maham Anga), Kulbhushan Kharbanda (Raja Bharmal), Suhasini Mulay (Padmavati) , Digvijay Purohit (Bhagwan Das), Mrs. Punam S. Sinha (Hamida Banu)
Résumé : Au 16e siècle, les empereurs musulmans moghols souhaitent dominer tous les peuples de l'Hindoustan. Jalaluddin Muhammad Akbar, fils d'Humanyun, multiplie ainsi les batailles pour repousser les frontières de l’empire. Afin d’unifier le territoire qui deviendra l’Inde, il consent à épouser la fille du raja d'Amber : Jodhaa... C'est leur histoire d'amour supposée, totalement oubliée des livres d'Histoire, qu'Ashutosh Gowariker nous livre à travers ce film...
Mon avis : Bien évidemment, il s'agit d'un film bollywoodien avec tout ce que cela suppose : long (3h35), avec de la musique (mais peu de danses), une histoire d'amour, des décors majestueux, etc... Il convient donc de bien avoir cela en tête avant de lire la suite parce que, bien sûr, si on est allergique au genre, pas la peine d'aller plus loin !! De plus, Ashutosh Gowariker est un de mes réalisateurs favoris (d'ailleurs, je vous recommande Lagaan et Swades qui sont à voir, que l'on aime ou pas le cinéma indien), je ne suis donc pas des plus objectives avec ce film...
Du mariage d'Akbar le Grand avec une princesse hindoue pour des raisons politiques, Ashutosh Gowariker fait une grande histoire d'amour avec profusion de décors somptueux, de couleurs éblouissantes, de paysages splendides et de batailles fulgurantes... et on en ressort ébloui, forcément ! Alors, même si le scénario est un peu faiblard, même si on a du mal à croire au "combat" entre Akbar et un éléphant, même si cette histoire d'amour ne repose sur quasiment aucune réalité historique, comment ne pas se laisser séduire ? De plus, les acteurs ne sont pas dénués de charme : Hrithik Roshan fait un Akbar plus que présentable et la splendide Aishwarya Rai (miss monde en 1994 et ambassadrice de L'Oréal depuis 2003) figure une princesse plus qu'acceptable ! Laissez-vous séduire...
Site du film : http://www.jodhaaakbar.com/
Pour celles et ceux que cela intéresse, et parce que je crois réellement que ce livre et ce film sont à découvrir, je lance avec L'Enchanteresse de Florence, mon premier livre voyageur qui, bien entendu, voyagera avec le DVD de Jodhaa Akbar... A bon entendeur... ;-)
Léon Tolstoï - La mort d'Ivan Illitch suivi de Maître et serviteur et de Trois Morts
Éditions : Le Livre de Poche -
Traductions : du russe par Michel-R. de HOFMANN (pour La Mort d'Ivan Illitch),
Boris de SHOELZER (pour Maître et Serviteur)
et BIENSTOCK (pour Trois Morts) -
Nombre de pages: 197
4ème de couverture :
Trois nouvelles, six morts exemplaires, dont celle d'Ivan Illitch - l'agonie la plus célèbre de la littérature.
La mort, la vie et son mensonge - soit qu'au dernier moment on s'accroche encore à ce mensonge, comme la vieille dame (Trois morts), soit qu'on s'en dépouille enfin, comme Ivan Illitch, soit qu'on meure, comme l'arbre, "paisiblement, honnêtement, en beauté".
"A la grâce de Dieu. Nous y passerons tous un jour !"
Mon avis :
J'ai découvert Léon Tolstoï avec Anna Karénine dont je garde un excellent souvenir de lecture... Aussi, rien d'étonnant à ce que j'ai eu envie de découvrir un peu plus cet auteur. Je me suis donc décidée pour des nouvelles cette fois-ci, genre que j'apprécie tout particulièrement...
Et le charme a à nouveau opéré, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ces trois récits... Ce n'est pas tant les histoires qui m'ont impressionnée que la façon dont la mort est mise face à nous : Léon Tolstoï nous invite à la regarder en face, sans faux-semblant. Et la confrontation avec cette faucheuse qui ne fait aucune distinction entre les classes sociales, ne s’embarrasse d’aucune règle et frappe sans prévenir est brutale !
Dans La Mort d'Ivan Illitch, Ivan Illitch est conseiller à la cour d'appel. Il mène une vie d'honnête somme toute homme assez banale et recherche la tranquillité. Fort égoïste, soucieux de son propre plaisir, il n'a même pas conscience d'avoir grandement contribué, de part son comportement, à la transformation de sa femme en mégère acariâtre ! D'ailleurs, sa famille l'ennuie et, pour lui échapper, il se réfugie dans le travail et les parties de cartes entre amis. Un jour, il ressent un malaise qui l'inquiète : il souffre, mais de quoi ? Les médecins sont étrangement silencieux sur le mal qui le ronge et Ivan Illitch a peur. La maladie progresse lentement et le mourant s'interroge sur sa vie, sa famille mais surtout sur sa fin prochaine qu'il sait inéluctable... et son agonie n'en finit pas ! Aussi, lorsque la mort le délivrera enfin, comment ne pas en être soulagé ?
Des amis proches ? "Sans compter toutes les possibilités d'avancement, de mutation, de changement, etc., résultant du décès d'Ivan Illitch, chacun des ses amis se réjouissaient, comme il se doit, de cette mort, en songeant : "Quelle chance que ce soit lui et pas moi !"
"Il a soufflé sa chandelle, hein ! Et moi, je vis toujours !" constatait-on avec satisfaction.
Les proches connaissances, c'est-à-dire les prétendus amis du défunt, pensaient en outre - et sans aucune joie - à toutes les assommantes formalités mondaines dont ils allaient être obligés de s'acquitter, depuis la messe pour le repos de l'âme d'Ivan Illitch jusqu'à la visite de condoléances chez la veuve." (Le Livre de Poche - p.5)
Dans Maître et serviteur, règnent le blanc aveuglant de la neige et le froid implacable de l'hiver russe !
Vassili Andréitch est un riche marchand qui souhaite se rendre à Goriatchkino pour négocier l’achat d’une forêt qu’il convoite. Sur l'insistance de sa femme, il emmène avec lui son serviteur, Nikita... Les deux hommes, partis le coeur léger dans le froid matin d'hiver, doivent affronter un paysage immaculé et une neige de plus en plus dense où il est aisé de se perdre... et c'est d'ailleurs ce qui leur arrive! Heureusement, ils trouvent sur leur chemin un village très hospitalier où l'accueil chaleureux des habitants les réconforte... Mais Vassili, obstiné, aveuglé par l'appât du gain et ne pensant qu'à son futur achat, veut absolument reprendre la route malgré la neige et la nuit qui approche. Et, cette fois-ci, ils n'auront pas autant de chance !
Tout d'abord égoïste et sans coeur vis-à-vis de son serviteur Nikita (il l'abandonne tout de même sans aucune pitié dans le froid et la neige), Vassili, au soir de sa vie, se montrera d'une étonnante humanité...
Attention à bien vous couvrir... au risque de prendre froid... ;-) "Ils suivirent la même route que tantôt; ils repassèrent devant la cour où claquait au vent le linge gelé qu'on ne distinguait plus, devant la grange presque complètement ensevelie maintenant sous la neige, devant les mêmes virgulaires qui, se courbant sous les rafales, gémissaient et sifflaient lugubrement; et ils plongèrent de nouveau dans une mer en furie dont les vagues neigeuses les assaillirent de partout." (Le Livre de Poche - p.129)
Dans Trois morts, Léon Tolstoï nous raconte trois morts bien différentes qui s'entrecroisent sans que les différents protagonistes en aient même conscience...
" "Sérioja, prends les bottes", dit-il en suffoquant; puis se reposant un peu : "Seulement, écoute, achète une pierre tombale, quand je mourrai, ajouta-t-il en grommelant.
- Merci, l’oncle; alors, je les prends, et la pierre, je te jure que je l’achèterai." (Le Livre de Poche - p.177-178)
A découvrir... ;-)
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Reif Larsen - L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet
Éditions : Le Livre de Poche - Traduction : de l'anglais (Etats-Unis) par Hannah PASCAL -
Titre original: The selected works of T.S. Spivet - Nombre de pages: 409
4ème de couverture :
T. S. Spivet est un jeune prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, le musée Smithsonian l’appelle : le très prestigieux prix Baird lui a été décerné et il est invité à venir faire un discours. À l'insu de tous, il décide alors de traverser les États-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T. S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.
J’ai été ébloui par le talent de Reif Larsen… entre Mark Twain, Thomas Pynchon, et Little Miss Sunshine… ce livre est un trésor… Stephen King.
Mon avis :
Abandon ! Voilà une éternité que je n'avais pas abandonné la lecture d'un livre : le dernier en date était Les Mille et une Nuits en 2009 que je croyais même avoir lu en 2010; c'est dire si je m'acharne à terminer mes lectures !!
Je ne m'explique pas vraiment mon désamour : le thème me plaisait, l'idée des notes m'avait séduite et le voyage à travers les États-Unis me faisait baver d'envie !!
Mais, rien n'y a fait : j'ai difficilement réussi à atteindre la centaine de pages avant d'abandonner cette histoire dont je n'ai pas vu l'intérêt avec un héros qui, d'emblée, ne m'a pas plu... Les notes m'ont largement agacée et, même si certaines ne sont pas dénuées d'humour, je les ai trouvées sans aucun intérêt pour l'histoire... J'ai donc laissé tomber ce livre avant même que le voyage ne commence...
Ceci dit, étant une des rares à ne pas avoir été enthousiasmée par cette lecture, je vous invite à aller consulter les nombreux avis bien plus élogieux sur ce récit avant d'abandonner l'idée de cette lecture...Allez donc voir les avis du blogoclub de décembre 2011 depuis chez Sylire ou Lisa...
Roma Tearne - Retour à Brixton Beach
Éditions : Albin Michel - Traduction : de l'anglais (Sri Lanka) par Dominique VITALYOS -
Titre original: Brixton Beach - Nombre de pages: 506
4ème de couverture :
Alice n’a jamais oublié le sable blanc de Brixton Beach, à Ceylan, où elle a passé son enfance dans l’ombre de Bee, son grand-père adoré, peintre talentueux et taciturne. C’était avant que la guerre civile éclate et ravage le futur Sri Lanka. Depuis, Alice, de mère cinghalaise et de père tamoul, a quitté son «paradis marin» pour fuir en Grande-Bretagne avec ses parents. Dans un paysage froid et hostile, la jeune fille sensible et rêveuse tente de se reconstruire et fait de l’art le support de ses passions et l’horizon de son bonheur. Un bonheur que la rencontre avec Simon comble de manière inespérée. Jusqu’à ce matin de juillet 2005, où la violence croise à nouveau son chemin…
Peuplé d’images saisissantes, porté par une langue poétique, le roman de l’écrivain d’origine sri-lankaise Roma Tearne, best-seller en Grande-Bretagne, est une très belle réflexion sur l’exil, mais aussi sur l’amour et sur la créativité, refuge contre la brutalité du monde.
Mon résumé :
7 juillet 2005, Londres. Quatre explosions d'origine terroriste ravagent les transports londoniens faisant 56 morts et des centaines de blessés. Simon est inquiet : où est Alice ?
"Seuls les enfants en sont capables. Dans leur ignorance du temps qui passe, ils sont les seuls à pouvoir faire preuve d'une telle confiance. C'est leur chance à eux, de vivre sans se poser de questions, en accumulant des souvenirs pour le jour lointain où l'âge mûr leur permettra de revenir sur le passé. Le temps, bien sûr, fera oeuvre de changement. Il les façonnera, il les déformera; il leur mentira et les embrouillera à force d'incohérences. Durant ce bref interlude, avant que la porte basse de l'enfance se referme en claquant derrière eux pour toujours, les enfants suspendus entre rêve et veille peuvent néanmoins, avec un peu de chance, faire l'expérience du bonheur intégral." (Albin Michel - p.23)
Sri Lanka, 1973. Alice Fonseka a neuf ans, elle est insouciante, comme tous les enfants de son âge et n'imagine pas une autre vie que la sienne. Entre son père Stanley d'origine Tamoul, sa mère Sita d'origine Cinghalaise et son grand-père maternel Bee, la vie s'écoule paisiblement... Mais la révolte gronde. En effet, depuis la fin de la seconde guerre mondiale le nationalisme cinghalais gagne du terrain et, en 1972, le gouvernement cinghalais réglemente l'admission des Tamouls à l'université et aux postes à responsabilité : la vie des Tamouls devient de plus en plus difficile. Que faut-il faire ? Choisir la voie de la révolte ? Fuir son pays ? Stanley choisit d'aller tenter sa chance à Londres, espérant une vie meilleure pour sa famille et lui-même. Mais quel déchirement pour Alice ! Outre le fait de devoir laisser son grand-père qu'elle adore et qui lui a appris à "voir" la vie, ses amis, elle doit aussi et surtout abandonner un pays qu'elle aime et qui est gravé dans son coeur. Dès lors, rien d'étonnant à ce que Londres lui paraisse froid, laid et insipide !
Mon avis :
Mon avis sur ce livre est en réalité assez mitigé.
J'ai en effet beaucoup apprécié l'écriture de Roma Tearne, à la fois poétique, très imagée et en même temps très détaillée sans jamais être indigeste.
De même, les thèmes traités ne manquent pas d'intérêt et sont abordés avec beaucoup de finesse, sans aucun jugement ni caricature : la guerre civile au Sri Lanka ayant opposé Tamouls et Cinghalais, les difficultés liées à l'immigration, la nécessité de se construire une nouvelle identité dans un pays inconnu et dont non seulement les coutumes mais également les valeurs ne sont pas les siennes... En cela, le roman est assez captivant.
En revanche, la trame du récit et la construction du roman m'ont complètement déçue et parfois même ennuyée. En effet, le premier chapitre commence très fort émotionnellement avec les attentats terroristes de Londres en 2005, nous sommes plongés en plein drame avec une question terrible : où est Alice et que lui est-il arrivé ? Puis, sans aucune transition, nous basculons dès le deuxième chapitre en 1973, dans la vie tranquille d'une petite fille. Tout est calme, nous suivons la vie d'Alice aux côtés de son grand-père dans un village en bord de mer au Sri Lanka...
Puis, les difficultés ethniques du pays s'intensifient, la guerre civile est proche, un drame terrible touche la famille et la décision est prise d'émigrer : l'émotion est bien là, mais je ne l'ai pas ressentie avec la même intensité et le contraste avec les premières pages m'a paru assez frappant. Ceci dit, la partie au Sri Lanka est tout de même assez plaisante et intéressante à lire.
Mais, dès que l'intrigue a basculé à Londres, il m'a été impossible de m'intéresser vraiment aux personnages ! Aurais-je trop lu de livres sur les difficultés liées à l'immigration ? La question se pose car ces chapitres ne m'ont pas vraiment transportée !! Ce n'est qu'en arrivant aux derniers chapitres que mon intérêt est remonté : j'allais enfin savoir ce qui était arrivé à Alice ! ;-)
Morceau choisi :
"Quitter son pays, c'est terrible, Alice. Ton pays, c'est une partie de toi-même. Il vit sous ta peau, dans tes yeux, tes cheveux, partout. Tu es Ceylan, tu comprends. Et chaque fois que quelqu'un s'en va d'ici, c'est un peu de Ceylan qui s'en va avec lui et qui est perdu à jamais. Si un trop grand nombre de gens partent, Ceylan deviendra un endroit complètement différent." (Albin Michel - p.169-170)
Pourquoi ne pas tenter l'aventure de cette lecture ? ;-)
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D'autres avis (beaucoup plus enthousiastes que le mien) : Anna et Tamara.
D'autres romans sur le même thème :
Drôle de garçon de Shyam Selvadurai.
Le sari rouge de Vasugi V. Ganeshananthan.














