Lectures de Lounima (ex-Lectures de Loumano)

Lire pour voyager, pour apprendre et pour partager.

26 novembre 2009

Tahmima Anam - Une vie de choix

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Editions : Editions des Deux Terres - Traduction : MANCEAU Simone - Titre original : A Golden Age - Nombre de pages : 420

4ème de couverture :
Ce matin de mars 1971, Rehana est heureuse : elle fêtera le soir même, comme chaque année, le retour de ses deux enfants - presque adultes maintenant - Sohail et Maya. Les roses de son jardin sont en fleurs. Mais après les dernières élections, un vent de changement souffle sur le Pakistan oriental. La région est à l’aube de sa révolution ; chacun va devoir choisir. Rehana, qui lutte seule pour protéger ses enfants, se trouve confrontée à cette vague de violence. Face au dilemme : « Quand on vous demandera ce que vous pensez de la guerre, si vous croyez au Bangladesh ou au Pakistan, que répondrez-vous ? » Rehana répondra : « Ce qu’il faudra. »

Mon avis :
J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman : une belle plongée au cœur de la vie d'une femme qui fera tout pour sauvegarder ses enfants alors que l'Histoire de son pays est en plein bouleversement et que des événements terribles se profilent...

C'est le premier roman que je lis qui traite exclusivement de cette scission entre le Pakistan Occidental (qui deviendra le Pakistan) et le Pakistan Oriental (qui deviendra le Bangladesh) en nous donnant le point de vue Bangladeshi de la naissance du Bangladesh. J'ai trouvé ce roman très intéressant : il ne relate pas tous les événements historiques de cette guerre (comme le ferait un livre d'Histoire) mais il nous permet  d'entre-apercevoir ce qu'a été la vie d'une femme seule avec ses enfants dans ce pays en guerre et c'est ce que j'ai trouvé particulièrement notable : quels choix prendra-t-elle ? Jusqu'où est-elle prête à aller pour ses enfants alors que les temps sont troubles ?

Le roman commence en 1959 : Rehana vit à Dacca au Pakistan Oriental avec ses deux enfants : Sohail et Maya. Veuve depuis peu, sans argent, elle perd la garde de ses enfants ! La décision du tribunal est sans appel : ses enfants doivent aller vivre chez le frère de son défunt mari à Lahore, au Pakistan Occidental, à quelques 1 800 km de Dacca ! C'est un déchirement pour Rehana qui se recueille sur la tombe de son mari :
"Cher époux,
Nos enfants ne sont plus nos enfants."
(Editions des deux terres - p.17)

Mars 1971 : Rehana se prépare à fêter le dixième anniversaire du retour de ses enfants ! Car, en effet, elle les a récupérés; nous ne savons pas encore comment mais on devine que cela n'a pas été sans sacrifice... Pour l'heure, l'ambiance est à la fête : Rehana a invité des voisins, ses partenaires de rami, ses locataires, tous se réunissent pour passer un bon moment autour d'un biryani, de laddoos, de jelabis...
Mais la conversation tourne très vite autour des événements politiques en cours. Sohail et Maya, militants politiques très actifs dans leur université, souhaitent que le Pakistan oriental soit reconnu car, bien que fournissant de nombreuses matières premières au Pakistan occidental, celui-ci ne semble pas vouloir investir dans cette partie du pays et tend à le laisser sans infrastructure digne de ce nom. Quelle belle opportunité que l'élection à venir : et si le nouveau premier ministre était du Pakistan oriental ? Justement, il y a un candidat ! Mais le Pakistan Occidental n'est absolument pas prêt à laisser le pouvoir aux mains d'un Bangladeshi et celui-ci est arrêté... l'indépendance du Bangladesh est déclarée... la guerre commence le 25 mars par l'invasion du pays par l'armée du Pakistan Occidental.
"On imputa la faute à une surdité soudaine et collective. Sinon, comment expliquer les avions militaires qui avaient atterri à l'aéroport, les soldats à qui on avait dit qu'ils venaient sauver le monde ? Sinon, comment expliquer de n'avoir pas su, pas entendu ? Et plus tard, ils allaient dire qu'ils auraient dû entendre les oiseaux abandonner les arbres pour s'envoler vers l'est, et les grillons fuir, et les chauves-souris replier leurs ailes et les petits lézards vert tendre se cacher dans les fissures, sous les pantouflent."(Editions des deux terres - p.91)

Avril 1971 : La guerre s’installe. Sohail et Maya s’impliquent de plus en plus dans le soutien à leur pays, Rehana, elle, soutient ses enfants : elle accepte de cacher des armes et des médicaments chez elle…
"Lentement, la ville s’adapta à l’occupation. Comme elle s’adapta à la présence des soldats en faction au coin des rues, à leurs uniformes empesés, à leurs visages pâles et grimaçants. La ville s’adapta aux tanks, lourdement installés au milieu des routes, et aux check points où des soldats inspectaient les voitures, aboyaient des ordres à des conducteurs qui hochaient la tête et agitaient les bras pour assurer de leur innocence. La ville s’adapta aussi au silence, car il n’y avait plus ni discours, ni défilés, ni manifestations ; rien qu’un calme immobile et angoissant, interrompu deux fois par jour par la sirène du couvre-feu. Hormis cela, tout était fantomatique avec, pour marquer la limite entre le jour et la nuit, le bruissement des arbres et le grésillement du mois d’avril." (Editions des deux terres - p.113)

Mois après mois, nous suivons la vie de cette femme : ses secrets, ses combats, ses limites…

Lisez-le, même si, petit bémol (et oui, y'en a un), le style n'est pas forcément remarquable... ;-)

Un autre avis, celui de Naina.

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30

Posté par Lounima à 00:50 - Littérature : Asie - Bangladesh - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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23 novembre 2009

F. Scott Fitzgerald - L'étrange histoire de Benjamin Button

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Editions : Pocket / Langues pour tous - Traduction : Dominique LESCANNE - Titre original : The Curious Case of Benjamin Button - Nombre de pages : 94

4ème de couverture :
Né vieillard, pour la honte de ses parents et au grand scandale de l'hôpital, Benjamin Button parcourt en sens inverse le cycle de la vie humaine pour s'éteindre, bébé, au terme de soixante-dix années riches en événements... au cours desquelles il aura eu brièvement le même âge que son petits-fils.

Scott Fitzgerald s'en donne à coeur joie en déroulant le fil de cette existence régressive.

Mon avis :
Quelle déception ! D'une idée à la base si originale, j'attendais, je ne sais pas... pas ça !! Que se passe-t-il dans ce roman ? Rien ! Pas le moindre incident dans cette vie régressive : juste l'histoire d'un homme qui régresse en âge et qui a une vie étrangement "normale" pour quelqu'un qui s'achemine vers l'état embryonnaire...  Jusqu'à la fin j'ai attendu "quelque chose" mais... pas une explication, pas un bout de réflexion, rien... Serais-je passée à côté du récit ? Comment cette nouvelle a-t-elle pu donner un film de plus de 2h ? Il faut absolument que je le vois !!!

A noter que le tout début m'a paru un complètement ridicule et même impossible à croire : un bébé qui naît vieillard avec sa taille adulte (c'est surtout ce dernier point que j'ai trouvé trop fort!) ! La première idée qui m'est venue (j'en suis désolée mais c'est comme ça), c'est "Comment sa pauvre mère a-t-elle supporté l'accouchement ? C'est carrément impossible !" La suite de l'histoire est plus facile à croire, même si ses parents se couvrent de ridicule en habillant leur fils en barboteuse !!! La société ainsi que l'entourage de la famille (hormis ses parents) ne semblent pas remarquer que Benjamin rajeunit si bien qu'il va même aller jusqu'à se marier, avoir un fils et finir par avoir l'âge du fils de son fils !! Là encore, personne ne semble rien remarquer : c'est comme si Benjamin n'existait pas en tant qu'être humain !

Le style ne m'a pas paru non plus remarquable : je l'ai trouvé un peu télégraphié, quelque peu moqueur parfois, voire caustique mais pas franchement drôle...

Le début :
"Il y a bien longtemps, en 1860, il était d'usage que les femmes accouchent chez elles. Aujourd'hui, à ce que l'on m'a dit, les sommités de la médecine ont décrété qu'il vaut mieux que l'enfant pousse ses premiers cris dans l'atmosphère aseptisée d'un établissement hospitalier, réputé, de préférence. M. et Mme Roger Button avaient donc à peu près cinquante ans d'avance sur leur époque lorsqu'ils prirent la décision de faire naître leur enfant dans une maternité, un beau jour de l'été 1860. On ne saura jamais si cet anachronisme eut un quelconque effet sur l'histoire extraordinaire que je vais vous conter." (Points / Langues pour tous - p.15)

A éviter !

Plaisir de lecture :  lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

Posté par Lounima à 00:20 - Littérature : Amérique du Nord - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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22 novembre 2009

G. Abolin, O. Pont, J.J. Chagnaud - Où le regard ne porte pas...

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Editions : Dupuis / Long Courrier - Scénario : Georges ABOLIN et Olivier PONT - Dessin : Olivier PONT - Couleurs : Jean-Jacques CHAGNAUD - Nombre de pages : 96 (tome 1) ; 98 (tome 2)

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4ème de couverture :
Tome 1 : 1906. William a dix ans lorsque sa famille quitte Londres pour Barellito, un petit village italien qui vit tranquillement de la pêche. Des tensions apparaissent pourtant, aiguisées par l'arrivée de ces étrangers. Pour William, le changement est radical et sa vie complètement chamboulée. de nouveaux paysages, la lumière du Sud, une liberté toute neuve et, surtout, de nouveaux amis : Paolo, Nino et la charmante Lisa, qu'une date étrange semble unir inexorablement.

Tome 2 : Vingt ans ont passé depuis que Lisa a fui Barellito. Vingt ans, et voici qu'ils se retrouvent, William, Nino et Paolo, pour voler au secours de celle qu'ils n'ont jamais oubliée. D'Istanbul au Costa Rica, ils vont renforcer leur amitié et trouver la réponse au secret qui les unit depuis l'enfance...

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Mon avis :
J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée découverte grâce à Marie L.

Les dessins sont très beaux, lumineux, nets et les paysages, très précis, sont magnifiques. Les couleurs sont en totale adéquation avec l'histoire : dans le premier tome, on est totalement transporté en Italie, on imagine sans peine le soleil et la chaleur... Dans le second volume, les couleurs retranscrivent à merveille la foisonnante verdure et l’humidité régnant au Costa Rica...

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Dans le premier tome, nous faisons la connaissance de William, fraîchement débarqué de son Londres natal, Paolo, Nino et Lisa, quatre gamins de 10 ans qui ont tous en commun d'être nés le même jour : quel mystère cela cache-t-il ? La mer est belle et chaude, qu'il est bon de sauter de la falaise ! Le soleil est omniprésent, que demander de plus quand on a dix ans ?  Lisa organise des séances nocturnes où les enfants boivent des "mélanges" préparés par elle : quels sont ces pouvoirs dont elle semble dotée ?
Le scénario oscille entre rêve et réalité, certaines planches entrecoupent en effet l'histoire et nous content un récit totalement déconnecté de la trame en cours : s'agit-il de rêves ? de souvenirs ?
Mais même dans ce cadre idyllique où les étrangers ne sont néanmoins pas les bienvenus, la violence et le drame n'épargneront pas l'insouciance de l'enfance...

Dans le second volume, que j'ai trouvé plus sombre, moins aisé à comprendre, nous retrouvons nos quatre amis. En effet, Lisa a besoin d'aide et, malgré le fait qu'ils ne se soient pas revus depuis vingts ans, ils répondront tous à l'appel. Toujours plus ou moins amoureux de Lisa, ils acceptent de l'aider à retrouver son amant disparu et s'embarquent tous pour le Costa Rica... au bout du chemin, ils vont enfin comprendre quel lien les unit...

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A découvrir... c'est une bande dessinée réellement très belle...

Allez voir l'avis de Marie L qui m'a donné envie de découvrir cette BD...

Toutes les images proviennent des sites suivants :
Site officiel de la bande dessinée : http://www.barellito.net/
Site de l'éditeur : http://www.longcourrier.net

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20 novembre 2009

Joyce Carol Oates - Vallée de la Mort

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Editions : Philippe Rey - Traduction : SEBAN Claude - Titre original : Heat - Nombre de pages : 568

4ème de couverture :
Souvent les femmes se croient indépendantes, autonomes… jusqu'à ce que frappe la violence masculine. Alors elles vacillent et, incapables de faire plus que rêver à leur évasion, acceptent leur statut de victimes. Ce sentiment d'impuissance face à la brutalité mâle imprègne ces nouvelles finement ciselées, dont les héroïnes reçoivent cette cruauté chacune à leur manière : l'une raconte à son ex-mari son étrange aventure avec un joueur de dés qui la traitait avec sadisme ou tendresse selon les fluctuations de ses gains aux tables de jeu ; une autre, prostituée, rêve de trancher la gorge de son compagnon  avec la lame de rasoir cachée dans son sac, mais se contente de le quitter en l'insultant faiblement…

Ces vingt-cinq mini-romans, malgré leur noirceur sous-jacente, ne cessent de fasciner et - on ose à peine l'avouer – de séduire.

Mon avis :
Encore une belle surprise ! 
Vingt-cinq "petites" vies, c'est ce que nous proposent Joyce Carol Oates avec ce recueil de nouvelles : touchantes, parfois cruelles, parfois étranges, parfois dérangeantes ou juste troublantes, toutes ces nouvelles nous révèlent un bout de vie, plus ou moins long, d'un homme, d'une femme, d'une famille... Les thèmes abordés sont très variés mais aussi très familiers; cela pourrait être la vie de n'importe qui : pas de spectaculaire, de fantastique, juste une rupture dans une existence bien rangée : perte d'un enfant, adultère, accident de chasse, cambriolage qui tourne mal, passion, racisme, etc., autant de sujets qui révèlent les failles de chacun vivant ces situations et qui bouleversent à vie...
En quelques pages, la plupart des récits des première et deuxième parties ont su m'accrocher et, parfois même, étrangement, me fasciner malgré leur brièveté... Néanmoins certaines nouvelles ne m'ont pas du tout plu, je les ai trouvées fades, inintéressantes, voire absurdes au regard des autres récits : ce fut le cas de toutes les nouvelles de la troisième partie (heureusement, la plus courte!!)...
J'ai beaucoup apprécié le style très fluide de l'auteure, les phrases sont très rythmées : ces nouvelles se lisent avec grande facilité !

Quelques phrases et extraits sur certains récits parmi ceux qui m'ont le plus touchée ou interpellée ou troublée :
Chercher une maison. Un couple attendait un enfant mais celui-ci n'est pas arrivé à terme : perte tragique pour ce jeune couple à qui tout réussissait... Ils décident de changer de vie et de déménager mais, le jour du départ approchant, la femme informe son mari qu'elle souhaite rester seule quelques temps et qu'il n'a qu'à aller choisir la maison sans elle, elle le rejoindra plus tard... Cet homme visite donc des maisons mais elles ne conviennent jamais...
"Petit à petit, insensiblement, le temps du deuil se changea en temps d'envie. Pour autant qu'ils le sachent, ils n'avaient jamais été des gens envieux, mais ils se surprirent soudain à dévisager des familles, de jeunes parents avec leurs enfants, une mère et son bébé - des inconnus dont le bonheur irritait comme un frottement de paille de fer sur la peau." (Philippe Rey - p.11)

Shopping. Une mère tente désespérément de se rapprocher de sa fille en organisant des samedis shopping. Mais sa fille est agacée par la dépendance de sa mère vis-à-vis d’elle et le résultat est loin d'être probant...

Passion. Un homme apprend la mort de son ex-femme qui se serait suicidée... Il n'y croit pas, il va tenter de comprendre... avait-il réellement tourné la page après son divorce ?

Chaleur. Une femme se souvient : lorsqu'elle était beaucoup plus jeune, deux camarades de classe, jumelles, ont été assassinées... Leur assassin ne s'est jamais vraiment rendu compte de ce qu'il avait fait...

Leila Lee. Une femme, Leila Lee, épouse Lamar Pike, un homme beaucoup plus âgé qu'elle et qui a déjà un enfant adolescent. Elle veut se rapprocher de l'adolescent battu par son père "parce qu'il le trouve fourbe"...
"Leila Lee savait au bout de trois semaines que son mariage avec Lamar Pike était probablement une erreur. Elle savait, elle savait. Mais ce n'était pas une erreur qu'elle avait le courage de défaire : elle avait peur de son mari." (Philippe Rey - p.285)

Les nageurs.
"Il y a des histoires qui tournent inexplicablement mal et deviennent imperméables à l'imagination. Elles se logent dans la mémoire à la façon d'une vieille blessure jamais entièrement cicatrisée. L'histoire du frère cadet de mon père, Clyde Farrell, et de Joan Lunt, la femme dont il tomba amoureux il y a bien longtemps, en 1959, est l'une de ces histoires." (Philippe Rey - p.323)

logobob01Je remercie BoB qui, suite à une rupture de stock de Contrebande, d'Enrique Serpa (Zulma) m'a proposé Fille noire, fille blanche et les Éditions Philippe Rey, pour mon plus grand plaisir, ont ajouté ce recueil à leur envoi.

Même si ce livre n'est pas un coup de coeur, je pense qu'il est à découvrir... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30

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15 novembre 2009

Sarah Waters - Du bout des doigts

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Edition : 10/18 - Traduction : ABRAMS Erika - Titre original : Fingersmith - Nombre de pages : 752

4ème de couverture :
Londres, 1862. À la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique. Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose.

Mon avis :
Bluffée ! J'ai lu ce livre après avoir vu un nombre certain d'avis positifs et enthousiastes : tous, sans exception, faisaient état de retournements de situation et de génie dans la construction du livre. Aussi, je m'attendais, je dois l'avouer, à être un peu déçue car c'est très souvent le cas, pour moi, lorsque je lis un livre reconnu par tous comme génial : j'en attends trop !...
Et bien, non, aucune déception et je confirme : c'est génial, c'est étonnant, c'est diabolique, c'est bluffant, c'est... à lire !

Le roman commence par une plongée au coeur de Londres, au XIXème siècle, dans le quartier de voleurs de Lant Street : Sue Trinder, la narratrice, nous livre son histoire... A la mort de sa mère, pendue pour meurtre, Sue est recueillie par Mme Sucksby, une placeuse d'enfants et son compagnon, Mr Ibbs, serrurier - receleur. Une enfance entourée de voleurs donc mais heureuse et préservée pour Sue qui est veillée par Mme Sucksby qui la considère comme sa fille. Un jour, Richard Rivers, dit Gentleman de part son origine, propose un marché à Sue... En effet, il travaille chez un vieux lord, à la campagne et cet homme a une jeune nièce, un peu naïve, orpheline elle aussi, qui disposera d'une belle fortune après son mariage... Gentleman veut l'épouser pour s'emparer de son argent ! Mais il a besoin de Sue : il faut en effet qu'elle devienne la femme de chambre de Maud Lilly, c'est le nom de la jeune fille; elle pourra alors l'amadouer, permettre à Richard de l'approcher et la persuader de s'enfuir avec lui : au lieu de quoi, une fois le mariage contracté, il la fera enfermer dans un asile de fous et gardera sa fortune; Sue, elle, aura trois mille livres ! Le marché est conclu !
Sue débarque ainsi à Briar pour devenir la femme de chambre de la jeune fille qui, en effet, parait bien fragile et naïve, cloîtrée dans ce vieux château trop sombre. Commence alors, pour Sue, une vie morne, sans intérêt... "Le train-train de Briar était d'ailleurs une mécanique à laquelle on ne pouvait rien changer. Le carillon de l'horloge nous réveillait le matin et lançait chacun sur une trajectoire chaque jour identique qui le ramenait le soir au lit, au signal d'une nouvelle sonnerie. Nous évoluions comme sur des rails, comme des pantins mus par une manivelle. Parfois, la nuit ou par temps de brouillard, je me mettais à la fenêtre..." (10/18 - p.151). Heureusement, elle se rapproche de Maud et le plan se déroule comme prévu...

Je ne peux pas en dire davantage sans trop dévoiler l'intrigue mais je précise juste que j'ai lu la première partie, l'histoire de Sue, avec, certes, intérêt, mais sans vraiment être hypnotisée par l'histoire ! A la fin de son récit, lorsque nous passons au récit de Maud, je n'ai plus pu lâcher le livre !!
Comme le dit Ys, tout repose sur le fait que le récit nous est livré par les personnes elles-mêmes avec leur connaissance et leur compréhension des choses, leurs forces, leurs faiblesses (et elles en ont!) et leurs sentiments... La construction du livre est réellement géniale et tous les personnages, parfois même à leur insu, concourent également à nous berner !!

A lire sans délai !

D'autres avis : Ys et Karine:) qui, toutes deux, sans le savoir, m'ont donné envie d'ouvrir ce livre.

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30

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14 novembre 2009

Défi - Une année en Russie

Je me suis (encore une fois) laissée tenter par un défi ! Cette fois, c'est Pimpi la tentatrice et elle nous propose Une année en Russie !

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L'objectif : Publier un ou plusieurs billets ayant un rapport, quel qu'il soit, avec la Russie.

Le principe : On ne peut plus simple :
1/ Le défi se déroule durant toute l'année 2010
2/ Il faut, durant cette période :
- Lire un auteur russe ou un livre parlant de la Russie (quel qu'il soit : roman, essai, biographie, livre touristique, etc...)
- Regarder un film se déroulant en Russie ou une adaptation d'un livre d'un auteur russe ou un documentaire parlant de la Russie
- Pratiquer une activité ayant un quelconque rapport avec la Russie et en parler...
En résumé : parler de la Russie
3/ Signaler son billet à Pimpi qui récapitule les écrits relatifs à ce défi...

Pour participer et avoir de plus amples détails, c'est ici.

Posté par Lounima à 09:50 - Ma vie de lectrice - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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11 novembre 2009

Tag - Mon automne

Hathaway voulait savoir à quoi je passais mon automne, alors, voici, les 7 activités principales qui rythment mon automne 2009 :

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Les ballades en famille :
A l'arrivée de l'automne, nous laissons les vélos dans garage à vélos et les maillots de bain dans les armoires : nous nous promenons ! De grandes ballades en forêt (avec un ballon, au cas où !) remplissent nos week-ends après-midi (après la sieste du petit !)...

Les activités d'intérieur :
Avec l'arrivée du mauvais temps, finies les grandes parties de badmington ou les grandes ballades à vélo sur plusieurs kilomètres : retour aux activités manuelles avec les enfants ! Peinture (mes enfants adorent "patouiller"), pâte à modeler, circuit de petites voitures, puzzle, jeux vidéos ou DVD... Bref, nous restons au sec !

Le gâteau aux chataignes :
L'automne, c'est la cueillette des châtaignes chez ma belle-mère et la confection de gâteaux aux châtaignes : j'a.d.o.o.o.o.r.e!!! Pour celles et ceux que cela intéresse, en voici la recette :
Ingrédients :
- 500g de châtaignes
- 100g de beurre
- 100g de sucre
- 100g de chocolat noir
Préparation :
Cuire et peler les châtaignes. Les passer au moulin à légumes (ou les écraser à la fourchette mais c'est moins facile).
Dans une casserole, faire fondre le beurre et le chocolat. Verser ce mélange sur la purée de châtaignes. Ajouter le sucre et bien mélanger pour avoir une consistance homogène.
Verser dans un moule et mettre au moins 5h au frigo.
Se régaler.
Petit conseil de dégustation : servir de fines tranches, c'est meilleur !

Les photos :
Bien entendu, je prends des photos toute l'année mais, à l'automne, à la faveur de nos grandes ballades, je prends des tas de photos : les couleurs sont si belles !!

Un changement dans mon job :
Si tout va bien, je devrais changer de service cet automne mais, bon, ne vendons pas la peau de l'ours..., rien n'est encore signé au moment où j'écris ces lignes !
Pour information : la photo représente La Défense et n'est pas de moi : je l'ai prise ici.

L'attente de Noël :
Ben oui, l'automne, c'est le moment de penser à Noël ! Aider les enfants à faire leur liste au père Noël, admirer les décorations dans les magasins, repérer des cadeaux qui pourraient plaire à la famille et aux amis (mais pas les acheter, pas encore, j'attends décembre pour cela...) et attendre Noël...

La lecture :
Comment ça je triche ? Ben, non, je lis toutes les saisons donc l'automne aussi !!!

Qui veut répondre à son tour ?

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08 novembre 2009

Tag en gris

Kathel a décidé de me taguer en gris ! Je m'y colle donc, je suis une personne obéissante et de bonne volonté ;-).

Les règles de ce tag en couleur sont simples :
1/ Chaque participant doit rester dans la couleur qui lui a été attribuée.
2/ Mettre un lien sur son blog vers celui du(de la) gentil(l)e tagueu(r)se.
3/ Chercher, trouver, photographier sept des choses que l'on possède chez soi, sur son blog ou des photos de vacances et qui ont cette couleur ...
4/ Publier ces photos (montage ou pas) sur son blog.
5/ Choisir sept des victimes et les taguer.

Pour répondre à ce tag, j'ai décidé de rechercher chez moi des choses grises ! Ce ne fut pas chose aisée, le gris n'étant pas la couleur dominante de mon intérieur !!! Mais j'ai réussi à dénicher quelques petites choses que j'ai photographiées; les voici :   

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J'en profite pour taguer :
- Hathaway en chocolat : non, non, non, ce n'est pas une vengeance... ;-)
- Lilibook en réglisse ;-)
- Sybilline en bleu de mister freeze (qui, en fait, serait de la framboise...) ;-)
- Touteseule en couleur des bonbons à la violette ;-)

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Tarquin Hall - L'homme qui exauce les voeux

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4ème de couverture :
Le business et la corruption règnent en maîtres à Delhi, centre nerveux de l’Inde moderne et mégapole survoltée, où prolifère le crime. Dans cette ville étouffante où luxe tapageur et pauvreté extrême se côtoient partout, Vish Puri, le meilleur privé autoproclamé de la ville et imposant patron de Most Private Investigators Ltd., pourchasse escrocs et criminels de tous poils avec des techniques très personnelles. Aussi est-il prêt à relever le défi lorsqu’un avocat anti-corruption victime d’une cabale lui demande son aide. On cherche à compromettre ce célèbre défenseur des causes perdues en l’accusant du meurtre d’une jeune domestique. Pour découvrir la vérité, Puri devra traverser cette Inde changeante et insaisissable qu’il a bien du mal à reconnaître.

Mon avis :
Avec ce livre, nous faisons la connaissance du détective indien Vish Puri, nom qui signifie en sabir anglo-hindi, "l'homme qui exauce les voeux". Installé à Delhi, il se qualifie lui-même de "meilleur détective de tout le pays" et n'hésite pas à travailler sur plusieurs affaires en même temps grâce à une équipe exceptionnelle dont chacun des membres a été sélectionné pour ses qualités particulières !

Commençons par une petite carte d'identité car, avec un premier roman de la sorte, gageons que nous serons amenés à retrouver ce détective et les membres de son équipe !
* Sa devise ? La confidentialité !

* Ses maîtres ?
- Chanakya, "penseur et stratège, précurseur, trois cents ans avant l'ère chrétienne, des techniques d'espionnage et d'investigation" (10/18 - p.22). D'ailleurs Sir Conan Doyle (himself) n'a fait que s'inspirer de ses techniques déjà bien connues et maîtrisées depuis des siècles en Inde...
- Son père, le détective Om Chander Puri auprès duquel il a appris son métier.

* Les principaux membres de son équipe ?
- Tubelight, gros dormeur mais aucune serrure, aucun coffre-fort et aucune porte de voiture ne lui résiste.
- Flush, ancien agent des services secrets indiens et roi de l'informatique et de l'électronique.
- Facecream, reine du travestissement au physique irrésistible.
- Handbrake, le chauffeur au sens de l'observation hors du commun !
- Elizabeth Rani, la secrétaire à l'oreille attentive.
- Mme Chada, la "standardiste" un peu particulière...

* Sa famille ?
- Rumpi (Belle croupe), sa femme : elle prend soin de son mari et lui prépare ses repas.
- Mummy-ji, sa mère : estimant que son fils, débordé, néglige sa sécurité, elle enquête également pour le bien de Vish... et sa perspicacité vaut celle de son fils !

* Son point faible ? Son amour pour la nourriture riche, frite de préférence, alors que son âge (51 ans), son médecin et sa femme lui interdisent tout excès...

Passons maintenant à l'histoire.
Vish Puri est engagé par Ajay Kasliwal, un avocat intègre (oui, oui, vous avez bien lu, i.n.t.è.g.r.e) pour retrouver une ancienne employée de maison : Mary. Celle-ci a disparu et une plainte a été portée contre Kasliwal qui est accusé de s'être débarrassé d'elle après l'avoir mise enceinte ! Vish Puri prend l'affaire en main !
Le lendemain matin, alors qu'il s'occupe tranquillement de ses plants de piment, on tire sur Vish Puri ! Assurément, un ancien ennemi de ce grand détective est sorti de prison et cherche à se venger !
En parallèle, Puri est engagé par le général Kapoor pour effectuer une enquête prénuptiale : en effet, sa petite-fille doit se marier avec Mahinder Gupta mais celui-ci "ne convient pas du tout" au général. Puri doit fouiller dans sa vie privée afin d'empêcher ce mariage !

Trois investigations donc pour ce grand enquêteur et un bon moment de lecture, qui nous emmène en Inde de Delhi au Rajasthan en passant par le Jarkhand et les mines d'uranium de Jadugoda, avec ce détective sympathique, qui n'est pas sans rappeler Hercule Poirot par son côté suffisant et sûr de lui ! Une histoire facile, courte, qui, sans être exceptionnelle nous fait passer agréablement le temps.

Je ne résiste pas à vous citer quelques extraits qui parlent de l'Inde :

De Delhi... : "Dans son enfance, la capitale vivait à un rythme lent et provincial. Mais au cours de ces dix dernières années, il avait vu la métropole s'étendre comme les tentacules d'une pieuvre, vers l'est et le sud, avec toujours plus de routes, de centres commerciaux, d'immeubles sortant de terre en quelques jours, tels des champignons après la pluie. Cette prospérité vertigineuse attirait des millions de miséreux analphabètes et non qualifiés, venus des Etats pauvres du nord de l'Inde. L'explosion démographique - la capitale comptait désormais plus de seize millions d'habitants - s'accompagnait d'une augmentation considérable de la criminalité. La conurbation d'Old Delhi, de New Delhi et de ses nombreuses banlieues s'appelait Territoires de la capitale nationale, ou, comme les journaux l'avaient facétieusement rebaptisée, Territoires du crime national." (10/18 - p.17)

...à Jaipur, au Rajasthan... : "Il était presque midi quand ils entrèrent dans la vieille ville. Les bazars installés au pied des remparts commençaient à s'éveiller. Abrités sous des bannes poussiéreuses, les savetiers accroupis brodaient des fils d'or et des paillettes sur des babouches en cuir; les marchands d'épices trônaient au milieu de pyramides de poivre rouge moulu, de curcuma et de cumin broyés, évoquant les couleurs chaudes et vives de la palette d'un peintre. Les vendeurs de beignets allumaient leurs réchauds à gaz pour préparer leurs jalebis sucrés et collants dans des woks au cul noirci. Les vendeurs de lassi brisaient des pains de glace livrés dans des tombereaux tirés par des chameaux." (10/18 - p.65)

...en passant par les mines de Jadugoda : "Avant, il était employé à la mine avec son fils, mais, depuis quelques mois, trop fatigué, il n'allait plus travailler; le revenu de la famille avait donc diminué de moitié. Comme les sept cents autres millions d'Indiens qui continuaient d'attendre les retombées de la croissance économique, la famille survivait avec moins de deux dollars par jour. Et pour ne rien arranger, l'eau de leur puits était empoisonnée par les infiltrations toxiques de l'usine de traitement." (10/18 - p.245)

D'autres avis chez BOB et chez Naina.

Plaisir de lecture :  lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation05_30lecture_notation0_30

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04 novembre 2009

Joyce Carol Oates - Fille noire, fille blanche

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4ème de couverture :
Elles se rencontrent au cœur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très « radical chic », riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington.
Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l’oppression. Et ce, malgré l’attitude singulièrement déplaisante d’une Minette impérieuse, sarcastique et animée d’un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c’est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l’époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu’à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s’expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l’Amérique.

Mon avis :
"Fille noire/fille blanche

Minette Swift, née le 11 avril 1956/
Generva Meade, née le 13 avril 1956

Minette Swift, née à Washington, DC/
Generva Meade, née à Chadds Ford, PA

Minette Swift: un mètre soixante-cinq/
Generva Meade: un mètre soixante-neuf

Minette Swift: (environ) 63 kilos/
Generva Meade: (environ) 48 kilos

Parents de Minette Swift: Virgil Duncan Swift et Lorett Sweet Swift/
Parents de Generva Meade: Maximilian Elliott Meade et Veronica Hewett-Meade

Minette Swift: une soeur, Jewel, née en 1961/
Generva Meade: un frère, Richard ("Rickie"), né en 1951

Religion de Minette Swift: chrétienne/
Religion de Generva Meade: -

Eglise de Minette Swift: Temple Vale du Tabernacle mondial de Jésus-Christ, Washington, DC/
Eglise de Generva Meade: - "
(Philippe Rey - p.120-121)
Cet extrait, dont le titre du chapitre donne son titre au roman pourrait être un résumé du livre mais cela serait vraiment trop réducteur !

Nous sommes en avril 1990, Generva Meade (Genna) se souvient... 11 avril 1975, la mort de Minette Swift... Avec des phrases courtes, dénuées de toute émotion, Genna nous livre "un texte sans titre" relatant sa vision des faits, de façon un peu chaotique, décousue, à mesure que les souvenirs lui reviennent, pour exorciser un souvenir qui la hante... "Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j'ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j'étais celle qui aurait pu la sauver, et je ne l'ai pas fait." (Philippe Rey - p.9)

Et nous voici plongés dans l'Amérique des années soixante-dix : été 1974, la démission de Nixon fêtée comme il se doit par un militant libéral en la personne de Maximilian Meade ("Mad Max"), père de Genna, tellement adoré par sa fille mais tellement absent qu'elle ferait n'importe quoi pour attirer son attention, même se lier d'amitié avec une noire pour montrer qu'elle aussi, elle est tolérante et qu'elle adhère aux idées de son père ! Mais, pas de résumé hâtif,  il ne serait pas juste de réduire son amitié avec Minette à une volonté de plaire à son père même si la question se pose forcément !

Septembre 1974, Maximilian Meade  n'accompagne pas sa fille le premier jour du collège mais en est-elle vraiment étonnée ? "J'avais été blessée et déçue que mon père ne nous ait pas accompagnées, c'est vrai, mais cela ne m'avait pas beaucoup étonnée, car être la fille de Max Meade, c'était perdre sa capacité d'étonnement sans toutefois perdre celle d'être déçue." (Philippe Rey - p.55).
Premier jour, première rencontre avec Minette : alors qu'elle l'aperçoit avec ses parents à la visite de l'école, alors qu'elle ne sait pas encore qu'elles vont partager leur chambre, Genna se sent attirée par Minette, elle veut devenir son amie ! Mais comment devenir l'amie d'une fille qui ne se rappelle même pas (ou ne veut pas faire l'effort de s'en rappeler) le nom de sa camarade de chambre et l'appelle "Par-don ?" pour ne pas avoir à le prononcer ?

A force de gentillesse, de soutien, Genna conquiert l'amitié de Minette qui, tout en restant secrète va peu à peu partager des moments avec sa camarade mais pas trop, en tout cas pas autant que Genna le souhaiterait... "Je crois qu’à ses yeux je ne suis qu’une fille blanche, je ne serais jamais une sœur." (Philippe Rey - p.234).
Minette, fière, hautaine, si sûre d'elle en apparence, ne se fait pas beaucoup d'amies, son attitude dérange : quoi, une noire si fière, cela s'est-il déjà vu ? Elle est alors victime d'actes racistes, dans un collège où les gens de couleur sont peu représentés : Genna prend sa défense, la protège, lui cache certains faits, même si cela n'est pas toujours facile... "Il fallait que je m'en aille, j'étais bouleversée. Des larmes enfantines me montaient aux yeux. Il y avait en moi un désir si puissant de me ranger de leur côté, contre Minette ! On comprend le désir terrible des foules lyncheuses dans un moment comme celui-là. On comprend sa terrible faiblesse. La facilité avec laquelle on peut trahir la confiance d'un autre." (Philippe Rey - p.100).

Jusqu'au jour où Genna comprend...  qui trompe qui" [...] tout ce que vous croyez avoir imaginé est réel. Il faut seulement y survivre." (Philippe Rey - p.176)
et la chute sera cruelle ...
"Ce n'était pas vrai, ce que j'avais dit à mon frère : je n'avais pas perdu la capacité d'être étonnée. J'étais comme quelqu'un qui a été anesthésié, qui ne sait pas de quelle façon elle a été "blessée" ni même, avec certitude, si elle a été "blessée".
Plus facile de rire avec mépris.
Par-don ! "
(Philippe Rey - p.308)

Au delà d'une histoire d'amitié entre une blanche et une noire, au delà d'une dénonciation du racisme, c'est l'histoire d'une fille coupable qui se penche sur son passé. Coupable de ne pas avoir empêché la mort de Minette, mais également coupable d'avoir tant cherché à attirer l'attention de son père qu'elle l'a trahi, comme une vengeance... Elle cherche alors le pardon...

Je découvre totalement Joyce Carol Oates avec ce roman et nul doute que je vais poursuivre ma découverte... Sans être un véritable coup de coeur, ce livre fut une agréable surprise... ;-)

logobob01J'en profite pour remercier BoB qui, suite à une rupture de stock de Contrebande, d’Enrique Serpa (Zulma) m'a proposé ce roman en échange.

Merci également aux Éditions Philippe Rey qui, à mon grand étonnement (et pour mon plus grand plaisir), ont ajouté Vallée de la mort à leur envoi.

D'autres avis : Amanda et Midola.

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Posté par Lounima à 01:40 - Littérature : Amérique du Nord - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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