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Labayle

Denis Labayle - Noirs en blanc

Éditions : Editions Dialogue
Nombre de pages : 346

Mon avis :
Zola, jeune congolais de treize ans s'enfuit du collège situé sur l'île de la Jeunesse (une des îles de Cuba) où il a été envoyé par ses parents : sa famille et son pays lui manquent. Affamé, il débarque chez monsieur Pernec, un idéaliste qui le convainc de retourner à l'école en échange de quelques heures de liberté avec lui le week-end. Dès lors les années d'étude s'écoulent paisiblement et, rêvant de devenir médecin, Zola n'attend que son affectation à l'université de La Havane. Mais les choses ne sont pas si simples : son mentor est pourchassé et doit fuir l'île, lui-même, en représailles de son amitié avec un homme jugé réfractaire au système communiste  est affecté dans une université de Saint-Pétersbourg, en Russie ! A nouveau déraciné, Zola doit apprendre à se débrouiller seul dans ce nouvel univers où le froid et le manque d'argent ne sont pas ses moindres ennemis...

Noirs en blanc est un roman saga très intéressant mais un peu longuet sur la vie d'une jeune et brillant garçon qui, seul espoir de sa famille, a été envoyé à l'école loin de son pays pour "devenir quelqu'un" et soutenir les vieux jours de ses parents à son retour comme tout bon garçon aimant sa famille. Zola traverse ses années d'étude en se laissant porter par les événements, ne s'engageant jamais vraiment, manquant parfois profondément de caractère mais toujours entouré d'amis sincères qui le soutiennent et l'aident à s'adapter à chaque changement de cap : Cuba, La Havane, Paris, Zola en aura parcouru des kilomètres avant de devenir médecin en France : retournera-t-il au pays soutenir sa famille ou se laissera-t-il séduire par l'espoir d'une vie parisienne clinquante ?
A travers l'histoire de Zola, Denis Labayle aborde de nombreux thèmes qui donnent à réfléchir sur les problèmes de l'Afrique : dictatures, corruption des états, fuite des cerveaux, manque d'entrain des jeunes africains à revenir au pays une fois leur diplôme en poche préférant parfois galérer en France ou ailleurs malgré les injustices et le froid plutôt que dans un pays qu'ils jugent "arriéré"... Dans cette marche du monde, fabrique d'hommes et de femmes avides de modernité, de matérialisme n'en oublie-t-on pas l'essentiel ? La famille, l'amitié, l'amour se sont-ils pas une bien meilleure alternative ? Et comment, moi, bien planquée derrière mon confort français et totalement consciente de mes acquis pourrais-je en juger ? "Il faut" est un début de phrase si facile en France...

Morceaux choisis :
"Vous, les Africains, vous savez ce que signifie le discrimination stupide, bestiale. C'est absurde, mais l'absurde justifie tant de choses sur cette terre. Elle évite aux hommes de chercher ailleurs des explications à leur malheur." (Editions Dialogues - p.196)

"J'aime ce pays. Il suffit d'un feu, de quelques légumes et d'un musicien qui tape sur  un tronc d'arbre avec un bambou pour faire la fête et tout le monde se met à danser. Ici, les gens aiment rire. Ils sont dans la merde mais ne peuvent s'empêcher de rigoler. Le rire, c'est comme un drogue." (Editions Dialogues - p.342)

Un bon moment de lecture dépaysant et intéressant mais un peu long... ;-)

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Clément Bénech - L'été slovène

Éditions : Flammarion
Nombre de pages : 126

Mon avis :
Je suis toujours déstabilisée par ces romans qui ne disent rien tout en dévoilant tout. Ces petits romans qu'on lit d'une traite, dont on attend quelque chose et qui finissent comme ils ont commencé, ou presque, l'intrigue n'étant qu'accessoire, la psychologie des personnages passant au premier plan...

Que dire de ce court roman ?
Que l'histoire pourrait être celle de n'importe quel couple, de n'importe quel age et de n'importe quel pays... C'est universel, ou presque.
Qu'au-delà de l'histoire de ce jeune couple, l'auteur nous confie que la vie nous réserve bien des surprises, parfois retorses et creuse une distance entre les personnes qui ne savent plus communiquer, qui ne se comprennent plus ou qui ne font plus l'effort de se comprendre.
Que pour un premier roman, Clément Bénech a réussi à retenir mon attention sur près de trois heures, trois petites heures pour une pause lecture agréable, parsemée d'humour et dépaysante avec la Slovénie en toile de fond, un pays que je ne connais pas mais que les curiosités locales évoquées dans ce roman donnent envie de le découvrir.
Que le récit est un peu court et que, la dernière page tournée, je suis restée un peu sur ma faim, me demandant ce qu'allait devenir ce couple, une fois retourné à leur routine : j'ai ma petite idée et il serait dommage que vous ne vous fassiez pas la vôtre...

Un énorme merci à Kathel qui m'a prêté ce roman et qui a eu l'extrême gentillesse de me le laisser plusieurs mois !!

Un premier roman à découvrir ;-)

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Delerm

Philippe Delerm - Dickens, barbe à papa 

Éditions :  Folio poche
Nombre de pages : 106

Mon avis :
Comme à chaque fois, Philippe Delerm m'a emportée dans son univers des petits plaisirs. Cette fois-ci, c'est la lecture et la bonne chère qui se côtoient dans ce recueil de petites merveilles à savourer sans modération...

Morceaux choisis :
"Il ne lit pas : il dévore. C'est d'un enfant qu'on dit cela. Qu'en est-il des livres, à l'âge où l'on dévore ? Qu'en est-il du boire et du manger ? Des traces en sont restées, qui donnent envie d'écrire. Mais le désir s'est prolongé. La faim, la soif, les mots. Bien sûr que l'on dévore encore, et c'est très bon." (Folio poche - p.11)

"- Où est-ce que tu vois ça ?
C’est ainsi. On ne voit jamais sur son propre menu ce qui tente les autres. On ne voit jamais sur son propre menu une chose aussi tentante que celle qui tente les autres."
(Folio poche - p.60)

A lire de toute urgence !!

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Lalande

Françoise Lalande - Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes

Éditions : Editions Luce Wilquin
Nombre de pages : 427

Mon avis :
Trois Keil, trois personnes qui ne se connaissent pas, se rencontrent lors d'un rassemblement familial gigantesque. Leurs points communs ? Partager un nom de famille, une histoire tragique et une tare, presque une malédiction : ne pas savoir aimer.
Léa Keil est née à Berlin à la fin de la guerre 39-45. Handicapée de l'amour, elle donne du bonheur aux gens à travers la magie qui émane de son violoncelle. Lorsqu'elle joue, les gens lui sourient, l'acclament mais elle, elle n'aime personne. Elle donne son corps à des amants de passage qu'elle ne revoit jamais. Seul son frère de cœur avec qui elle a grandi à l'orphelinat connaît tous ses secrets...
Lila Keil est née en Belgique à la fin de la guerre. Elle grandit dans une famille traumatisée par la guerre, incapable d'aimer et devient, elle aussi, une handicapée de l'amour et se construit une vie secrète, la nuit, sur le ring où elle se transforme en Gladiatora.
Julius Keil est né à Seattle en 1966. Étouffé par l'amour de sa mère, il se marie très jeune à la plus belle femme de Seattle mais la trompera bien vite avec la plus laide...

J'ai plongé avec plaisir dans cette histoire qui avait tout pour me plaire : un titre poétique, l'évocation d'un monde qui se délite, un espoir qui s'amenuise, une réflexion intéressante sur l'après-guerre, des personnages torturés, travaillés au corps et une écriture qui m'a beaucoup plu (des phrases rythmées malgré leur longueur de plusieurs pages parfois !). Mais, page après page, une certaine lassitude m'a gagnée : où l'auteur voulait-elle en venir ? A quoi servaient tous ses détails, ses anecdotes ? Où était la trame principale du roman ? Je me suis donc peu à peu essoufflée avec une seule idée en tête : à quand la fin ? C'est dommage parce que j'ai vraiment beaucoup aimé le début du roman, les longueurs beaucoup moins...

A discuter ! ;-)

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Je vous laisse en compagnie de Monteverdi avec Le combat de Tancrède et Clorinde que Lila Keil écoute avidemment avant d'entrer sur le ring...