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Editions : Philippe Rey - Traduction : SEBAN Claude - Titre original : Heat - Nombre de pages : 568

4ème de couverture :
Souvent les femmes se croient indépendantes, autonomes… jusqu'à ce que frappe la violence masculine. Alors elles vacillent et, incapables de faire plus que rêver à leur évasion, acceptent leur statut de victimes. Ce sentiment d'impuissance face à la brutalité mâle imprègne ces nouvelles finement ciselées, dont les héroïnes reçoivent cette cruauté chacune à leur manière : l'une raconte à son ex-mari son étrange aventure avec un joueur de dés qui la traitait avec sadisme ou tendresse selon les fluctuations de ses gains aux tables de jeu ; une autre, prostituée, rêve de trancher la gorge de son compagnon  avec la lame de rasoir cachée dans son sac, mais se contente de le quitter en l'insultant faiblement…

Ces vingt-cinq mini-romans, malgré leur noirceur sous-jacente, ne cessent de fasciner et - on ose à peine l'avouer – de séduire.

Mon avis :
Encore une belle surprise ! 
Vingt-cinq "petites" vies, c'est ce que nous proposent Joyce Carol Oates avec ce recueil de nouvelles : touchantes, parfois cruelles, parfois étranges, parfois dérangeantes ou juste troublantes, toutes ces nouvelles nous révèlent un bout de vie, plus ou moins long, d'un homme, d'une femme, d'une famille... Les thèmes abordés sont très variés mais aussi très familiers; cela pourrait être la vie de n'importe qui : pas de spectaculaire, de fantastique, juste une rupture dans une existence bien rangée : perte d'un enfant, adultère, accident de chasse, cambriolage qui tourne mal, passion, racisme, etc., autant de sujets qui révèlent les failles de chacun vivant ces situations et qui bouleversent à vie...
En quelques pages, la plupart des récits des première et deuxième parties ont su m'accrocher et, parfois même, étrangement, me fasciner malgré leur brièveté... Néanmoins certaines nouvelles ne m'ont pas du tout plu, je les ai trouvées fades, inintéressantes, voire absurdes au regard des autres récits : ce fut le cas de toutes les nouvelles de la troisième partie (heureusement, la plus courte!!)...
J'ai beaucoup apprécié le style très fluide de l'auteure, les phrases sont très rythmées : ces nouvelles se lisent avec grande facilité !

Quelques phrases et extraits sur certains récits parmi ceux qui m'ont le plus touchée ou interpellée ou troublée :
Chercher une maison. Un couple attendait un enfant mais celui-ci n'est pas arrivé à terme : perte tragique pour ce jeune couple à qui tout réussissait... Ils décident de changer de vie et de déménager mais, le jour du départ approchant, la femme informe son mari qu'elle souhaite rester seule quelques temps et qu'il n'a qu'à aller choisir la maison sans elle, elle le rejoindra plus tard... Cet homme visite donc des maisons mais elles ne conviennent jamais...
"Petit à petit, insensiblement, le temps du deuil se changea en temps d'envie. Pour autant qu'ils le sachent, ils n'avaient jamais été des gens envieux, mais ils se surprirent soudain à dévisager des familles, de jeunes parents avec leurs enfants, une mère et son bébé - des inconnus dont le bonheur irritait comme un frottement de paille de fer sur la peau." (Philippe Rey - p.11)

Shopping. Une mère tente désespérément de se rapprocher de sa fille en organisant des samedis shopping. Mais sa fille est agacée par la dépendance de sa mère vis-à-vis d’elle et le résultat est loin d'être probant...

Passion. Un homme apprend la mort de son ex-femme qui se serait suicidée... Il n'y croit pas, il va tenter de comprendre... avait-il réellement tourné la page après son divorce ?

Chaleur. Une femme se souvient : lorsqu'elle était beaucoup plus jeune, deux camarades de classe, jumelles, ont été assassinées... Leur assassin ne s'est jamais vraiment rendu compte de ce qu'il avait fait...

Leila Lee. Une femme, Leila Lee, épouse Lamar Pike, un homme beaucoup plus âgé qu'elle et qui a déjà un enfant adolescent. Elle veut se rapprocher de l'adolescent battu par son père "parce qu'il le trouve fourbe"...
"Leila Lee savait au bout de trois semaines que son mariage avec Lamar Pike était probablement une erreur. Elle savait, elle savait. Mais ce n'était pas une erreur qu'elle avait le courage de défaire : elle avait peur de son mari." (Philippe Rey - p.285)

Les nageurs.
"Il y a des histoires qui tournent inexplicablement mal et deviennent imperméables à l'imagination. Elles se logent dans la mémoire à la façon d'une vieille blessure jamais entièrement cicatrisée. L'histoire du frère cadet de mon père, Clyde Farrell, et de Joan Lunt, la femme dont il tomba amoureux il y a bien longtemps, en 1959, est l'une de ces histoires." (Philippe Rey - p.323)

logobob01Je remercie BoB qui, suite à une rupture de stock de Contrebande, d'Enrique Serpa (Zulma) m'a proposé Fille noire, fille blanche et les Éditions Philippe Rey, pour mon plus grand plaisir, ont ajouté ce recueil à leur envoi.

Même si ce livre n'est pas un coup de coeur, je pense qu'il est à découvrir... ;-)

Plaisir de lecture : lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation1_30lecture_notation0_30lecture_notation0_30